Art-thérapie à Montréal

Logo France InfoPar Emmanuel Langlois
Dimanche 9 novembre 2014

Partie à 20 ans au Québec sur un coup de tête, la Française Annabelle Petit y monte aujourd’hui des projets artistiques avec des handicapés mentaux.

Rien qu’un petit grain de sable. La jeune femme n’oubliera pas ce soir de février 2004 où elle venait de manquer son bus à l’Université de Bordeaux 3. “En attendant le suivant, je suis tombée, par hasard, sur une annonce pour aller étudier au Québec, se souvient-elle. A part Céline Dion, les caribous et le sirop d’érable, je n’avais aucune idée de ce qui pouvait m’attendre là-bas !”

“Mon expressivité a explosé”

Plutôt que Montréal, Annabelle Petit, brunette pétillante, s’envole quelques mois plus tard pour Trois-Rivières, certes la troisième ville du Québec, mais rien d’autre qu’une grosse bourgade sur les rives du Saint-Laurent. “J’avais envie d’espace, mais cet endroit m’a d’abord fait peur par sa petitesse et son manque de diversité” confesse la jeune femme, qui y termine pourtant brillamment sa 3e année de licence en arts visuels. “En France, j’en avais assez de la théorie. Ici, mon expressivité a explosé : j’ai soufflé du verre, réalisé des sculptures en latex, tronçonné le bois ou testé la résine et la soudure. J’ai donné des choses de moi.”

Chaque année, un média différent

Son exposition de fin d’études décroche même le prix “Silex”, qui l’autorise à rester vivre sur le sol québécois. Des projets artistiques adaptés mais Annabelle commence à étouffer à Trois-Rivières. Deux ans plus tard, elle débarque à Montréal. La Française est aujourd’hui employée par l’association les “Compagnons de Montréal” pour monter avec des handicapés mentaux des projets artistiques. “Chaque année, on choisit un média différent, comme la photo numérique ou la mosaïque. On invite un artiste extérieur à venir travailler avec la communauté. Ensuite, l’expo se balade dans toute la ville.”

“Toujours être là pour les aider”

Annabelle reconnaît qu’elle a toujours été attirée par l’art-thérapie. Et qu’importe si ce public particulier réclame à l’équipe une énergie de tous les instants. “Ce ne sont pas des gens qui se lèvent le matin en se disant : “Génial, je vais monter un projet artistique !” D’eux-mêmes, ils n’auraient pas les capacités intellectuelles pour ça. Il faut toujours être là pour les aider à avancer, les motiver et monter les vernissages.”  Annabelle vit à Rosemont, l’un des quartiers les plus vivants de Montréal, à un quart d’heure à pied de son travail. Quant au virus de l’expatriation, elle l’a transmis jusqu’à sa famille : peu après son départ pour le Québec, son frère cadet est parti lui s’installer à Barcelone, où il a monté un atelier de microsoudure.

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Le son et la médecine – L’atelier du son – France culture

images31 octobre 2014 – 23 heures
Musique et soin, son et thérapie, médecine et son… voilà une thématique qu’il fallait qu’on aborde un jour (une nuit) dans L’Atelier du son. Quiconque a passé un examen médical sait que le son est fondamental. Que ce soit le silence encombrant d’un cabinet médical (surtout quand c’est vu du côté du patient), ou le bip-bip d’une machine qui mesure ceci ou surveille cela, ou une alarme d’une chambre voisine, ou la voix du thérapeute, le son est partout autour du soin, autour de patient, autour du médecin… Il y a cent ou mille émissions à faire en ce sens. Ce soir, on en fait une qui rassemble le Dr. Jean-Michel Issartel, qui a développé la méthode et le logiciel Hiperion, en collaboration avec un ingénieur du son, Emmanuel Favreau qui est présent aussi ce soir, ainsi qu’Isabelle Julian, secrétaire générale de l’Association française de musicothérapie, et Gaëlle Perrot-Brenzinger, infirmière qui a rédigé un mémoire sur le son dans le bloc opératoire.

Le son indique, le son inquiète, le son rassure, le son opère, le son crée le lien : l’usage et le sens du son, dans un cadre de thérapie, varient. On en tente un premier tour avec nos invités ce soir.

On a l’occasion ce soir de diffuser des extraits de l’album de Matmos “A chance to cut is a chance to cure”, composé à partir de son d’opérations médicales. Les deux membres de ce groupe électro américain, Drew Daniel et Martin Schmidt, sont enfants de médecins…

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