« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge

Ce livre est disponible à la bibliothèque Marguerite Durand

Catalogue de l’exposition du 19 mars 2016

Archives

8 mars 2020 – Caroline Fourest – Tribunal populaire

Tribunal populaire

8 mars 2020 – Caroline Fourest
En ce 8 mars, Laurent Delahousse recevra trois femmes dans « 20h30 le dimanche », une journaliste, une romancière et une essayiste :
– Anne Sinclair à l’occasion de la sortie de son dernier livre qui relate l’histoire de son grand-père, « La rafle des notables » (Grasset)
– Leïla Slimani, qui publie cette semaine son troisième roman, « Le pays des autres » (Gallimard)
– Caroline Fourest, auteure de « Génération offensée » (Grasset)
00.25.43 minutes

Laurent Delahousse :

Woody Allen finalement interdit de publication, de diffusion, qu’est-ce que vous en pensez au fond de vous ? C’est une censure de plus ?

Caroline Fourest :

Là on tombe dans la police de la culture, parce que contrairement  à d’autres affaires, il ne s’agit pas de le récompenser. Il ne s’agit pas de l’applaudir, là il s’agit de le laisser donner sa parole, sa version. Sur sa vie d’abord et il en a le droit, sur une affaire qui a été jugée. En tout les cas qui n’a pas été au bout parce qu’il n’y avait pas de preuves contre lui. Et donc vouloir l’empêcher parler au lieu de lui répondre, Ça c’est le problème de la dérive d’un tribunal populaire qui s’érige à la place de la justice.


Les Mémoires de Woody Allen ne seront pas publiées

tribunal populaire
Ronan Farrow a déclaré que la décision initiale d’Hachette de publier Woody Allen témoignait d’un manque « de compassion pour les victimes d’agressions sexuelles ». Mais l’indispensable compassion pour les victimes ne saurait justifier que l’on piétine et la liberté d’expression et la justice. On le fait en ignorant le droit des accusés à faire entendre leur point de vue. Ceci se fait plus encore lorsqu’ils ont été blanchis des accusations portées contre eux.
Si l’on ne résiste pas à cette pente, en arrivera-t-on bientôt, dans les procès, à interdire aux accusés de se défendre. Le prétexte sera que leur parole offenserait les victimes ?
Après cela, c’est bel et bien à ce déni de l’État de droit que la censure ouvre la porte. Cette censure dont est victime Woody Allen.