BMP – Grr grr – Un corps  dessiné à la façon cubiste – Crayons graphiques


C’est peut-être une autre manière de percevoir la partie émotionnelle Grr grr.
Dessiner un corps qui prend mouvement avec les cubes, un corps vu de profil.
Le décalage des morceaux (les cubes) rendent compte de la dissociation : ne pas pouvoir emboîter les formes les unes dans les autres.
Cette technique fait que le regard a du mal à comprendre et cela fait apparaître aussi les dissociations retranscrites dans une création artistique.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre dessin ?

Pour ce dessin, je voulais dessiner un corps dont une partie se dédoublerait au niveau du dos.
Dans ma tête il y avait cette envie de traduire la dissociation en utilisant la forme cubiste dans le dessin du corps. Le tout ensemble, cela fait un seul morceau, mais avec des parties mal emboîtées.
Une autre idée était d’apercevoir malgré tout une forme compréhensible qui serait incorporée dans cette forme cubiste et donc un corps mon idée de départ. Mais tout cela ne serait peut-être pas visible au premier regard.
J’ai donc fait apparaître l’arrondi d’une tête, deux bras avec des mains, une paire de fesses et des jambes.
Puis, le visage, avec une grande bouche ouverte mais plus dans le décalage dans sa position, c’est-à-dire pas vraiment à la bonne place. Une bouche qui serait difficile à reconnaître, comme pour garder le silence, car Grr Grr aura « pris la main » sur Béatrice l’adulte.
Ce qui me parlait dans ma tête, pendant que je dessinais, c’était cette situation de mélange, mais un mélange quand même bien ordonné, pour retranscrire le côté minutieux. Minutieux pour faire fuir les angoisses et les tocs..Une situation de mélange de tout et de rien , mais ce rien est pourtant bien important. Mais c’est comme mélangé dans mes morceaux et emprisonné.
Pour concevoir les couleurs de mon esquisse, j’étais toujours dans l’ambiance du gris, du plus clair au plus foncé, voir jusqu’au noir. J’avais toujours, ce besoin de jouer avec les différents tons et nuances de couleur.
Faire quelque chose de sobre, mais malgré tout, laisser parler la dissociation : « un coup je suis là, un coup je ne suis plus là” comme un jeu de cache-cache pas vraiment voulu donc imposé !
Par moment j’ai eu besoin d’appuyer plus sur mon crayon, mais sans en comprendre vraiment le sens. Une angoisse, une peur, un besoin de me dire, je vais pouvoir rester dans le présent sans me dissocier une seule fois ? Mais Béatrice tu rêves là !

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayons graphiques.

Que ressentez-vous devant votre dessin ?

Quand j’observe ma production, je me sens en mouvement dans ma tête, mais je ne sens pas les morceaux, pourtant j’avais besoin de me sentir rassurée, c’est-à-dire  si dans ma tête tout était bien emboîté car il me semblait sentir par moment des creux vides. Et j’ai envie d’écrire : ce n’est pas cela la vie si ?

BMP – Jeux de lumière

BMP – Jeux de lumière
Un dessin conçu avec une pointe de crayon et de la peinture aquarelle. Avec un discret mouvement de fourchette.
C’est une production qui et née dans plusieurs coin de mon cocon familial.
Au début je voulais utiliser beaucoup de noir et de blanc. Mais il y avait ce jeu de lumière qui ne quittait pas mon cerveau.
C’est une première composition que je fais apparaître avec une pointe de crayon accompagnée d’un mouvement de pinceau.
J’ai commencé par barbouiller ma feuille de peinture aquarelle blanche.
Puis j’ai rajouté un peu par ci et par là une discrète nuance de rose de jaune et de vert. Ce n’est qu’à la fin que j’ai rajouté ce bleu – bleu gris.
Tous les traits que vous percevez qui partent un peu dans tous les sens ont été faits avec une pointe de crayon fine que j’ai trempée dans la peinture aquarelle.
Par endroit j’ai emprunté une fourchette. Mais celle-ci reste très discrète pour son empreinte dans mon travail.
Je ne suis pas trop dans les couleurs en ce moment et donc il était important que la couleur noire reste dominante.
Je voulais faire apparaître comme une espèce de fouillis, quelque chose qui se mélangeait où l’issue n’était pas visible.
Un peu comme une tempête qui ressemblerait à un ouragan et qui balayerait tout sur son passage.
Un peu comme pour faire un nettoyage positif. Dans cette composition, je voulais apporter une espèce de lumière qui nous amènerait dans une autre espèce de vie plus apaisante et plus franche que cela soit en attitude ou en dire…
Un manque ? Peut-être que oui ou peut-être que non… en attendant cet ouragan et là et s’exprime. Par moment quand je regarde mon travail de loin, j’ai cette impression de découvrir une forêt vierge, mais toujours dans un mouvement qui partirait dans tous les sens. Et c’est ce sens qui donne vie à ma production.
Le peu de couleur retranscrit une discrétion. Cette discrétion m’apaise parce qu’elle me fait passer comme inexistante. J’aimerais exister sans souffrir… peut-être que cette souffrance je l’ai mélangée ce matin dans cette tempête dans cet ouragan qui part toujours dans tous les sens parce qu’il ne sait pas quelle direction prendre.
La lumière est là elle domine peut-être tout ce qui se cache dans cette œuvre.
Dans ma production je ne voulais que pas qu’un seul mouvement puisse être le même. Je souhaitais accentuer ce fouillis qui nous ferait perdre le sens d’une certaine réalité. Peut-être que je voulais retranscrire qu’il n’y avait pas grand-chose à comprendre d’où ce fouillis.
Mais en attendant cette production est là avec tout son mélange et tous les mouvements que l’on peut imaginer, peut-être aussi englobé d’une souffrance ou peut-être d’une joie ou de rien du tout… On est obligé de ne rien dire ou pas… parfois j’aimerais que cela soit plus léger, dans la vie, dans mes pensées etc.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Réalisation conçue sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Peinture aquarelle. Pointe de crayon. Pinceau.