BMP – Naissance d’un visage

BMP – Naissance d’une visage
Au réveil, il y avait l’envie de piquant, piquant au goût comme des radis, mais je voulais retranscrire, cette envie aux travers des petites formes, mais aussi de grandes formes.
Mais donner suite à cette envie, c’est autre chose.
Du coup, j’ai aussitôt pris mon crayon et une grande feuille et je me suis mise à dessiner, sans me poser de question, sans inquiétude, sans me demander quel serait le nom de mon thème, alors que d’habitude j’en ai besoin. Quand j’écris cela, ça fait trop bizarre dans ma tête. Cela me fait un effet jungle, une jungle où il serait rassurant de s’y promener. Et quelle jungle !

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Donc me voilà devant cette table à vouloir faire parler ce désir de plusieurs formes et donc à poser mes premiers coups de crayons.
Le premier a été de faire apparaître cet œil, car je me disais que c’est la première chose que je vois moi. Voir, donc dessiner un œil, voilà le lien et à partir de là un voyage dans les couleurs commençait.
Puis une fois cet œil présent, je me suis dit que je devais l’habiller tout autour de lui, un peu comme on fait avec un corps, pour ne pas le laisser nu. Mais comment ?
J’ai donc continué à faire apparaître d’autres formes de traits, ce qui a donné un nouveau petit visage juste en dessous de cet œil. J’ai continué à bouger ma mine de crayon à dessiner des traits plus grands, des traits plus petits, des traits en forme de zigzag, des traits plus fermés, des traits plus courbés. Sont apparus de petits ronds.
Les traits s’entrecroisaient, je ne savais pas trop à quoi mon ébauche ressemblait, mais ce n’était pas grave car mes petites formes étaient là, C’était le début de ma jungle et quelle jungle ! il y avait aussi la grandeur. J’avais hâte de passer à la couleur, pour enfin trouver une forme plus globale. Avant de m’y mettre, j’ai posé la grande feuille sur mon chevalet pour savoir où je pouvais rajouter d’autres petites formes avant de faire danser mon pinceau. Je me suis donc mise à rajouter d’autres formes, dans ma tête, j’imaginais cette jungle colorée, très très grande et accueillante, mais toute aussi curieuse à découvrir et à comprendre bref un peu comme l’artiste que je suis. Sans oublier ce côté piquant cette envie que j’avais eu ce matin en me levant.
A ce moment-là, il y avait également la curiosité qui était présente et qui voulait en savoir plus, j’étais devenue impatiente, une vraie gamine !
Je me suis donc mise à poser mes premières couleurs. Je me suis éclatée, d’autant que j’avais pris une feuille grand format, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps.
Sur ma palette, j’ai déposé toutes les couleurs possibles. J’ai commencé les mélanges avant même d’avoir déposé les couleurs sur cette palette.
Toutes les couleurs me parlaient sauf le noir, mais il y avait surtout le vert et le jaune, que je pouvais mélanger encore et encore, quitte à cacher les autres couleurs.
J’étais toujours aussi intriguée de savoir ce qui allait ressortir de tout cela à la fin. En attendant je n’oubliais pas le moindre détail.
Mon pinceau dansait sur la feuille et moi j’étais bien. Je ne me demandais pas ce qui allait se passer à la minute suivante, je profitais de l’instant présent, c’était tout.
Au bout d’un certain temps, les couleurs se sont faites rares sur ma palette. Ma création avait pris son manteau de couleurs, elle était terminée. Il me restait juste à utiliser les crayons de couleur pour apporter le dernier petit plus, ce qui me sécurise.
Une fois ma production terminée, je l’ai posée sur le chevalet et je me suis mise à chercher une forme définitive. C’est cet instant « rigolo » car je perçois des formes inimaginables. Je vois un visage humain, animal, je n’en sais trop rien, mais je le perçois de profil, avec une bouche, un nez légèrement en avant, avec un œil. Voilà la forme finale.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Production conçue sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin, peinture aquarelle, crayons de couleur.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je me suis amusée. Je ne me sens pas agacée, pourtant en ce moment il y aurait de quoi.
Les angoisses, ne sont pas présentes à ce moment précis. J’essaye de ne pas penser à la minute suivante et de m’arrêter sur cet instant présent.

BMP – Une danseuse dans l’iris de l’œil…

BMP – une danseuse dans l’iris de l’œil…
De grands yeux : l’un plus grand que l’autre, une danseuse dans l’iris de l’œil…
J’aime tout ce qui est décalé, cela n’empêche en rien à l’émotion d’apparaître. Ça permet de sortir de l’ennui ! Puis ça évite l’angoisse des pages blanches, car cela nous renvoie à l’imaginaire, au monde irréel. Je ne parlerais pas de normalité car pour moi, la normalité n’est pas quelque chose de très positif, ça ne me parle pas vraiment. Je renverrai chacun à son opinion sur cet événement !

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Tout ce qui est hors limite en dessin si je peux le mettre en une forme, je le fais car il n’y a que là, que je peux le faire, sans me mettre en danger.
Pour en revenir à ma production, j’aime beaucoup la danse, surtout les pointes, j’en ai pratiqué et la discipline est très dure. Mais la grâce est si présente dans les mouvements et dans les déplacements, que ça me donne la chaire de poule, il suffit que regarder la danseuse étoile de l’Opéra de Paris : Marie-Agnès Gillot.
Mon idée était donc d’incorporer une danseuse dans l’iris de l’œil. L’œil, alors, serait la forme arrondie du tutu.
Pour le reste de mon esquisse, j’aime tout ce qui est décalé et c’est cela aussi qui me conduit dans ce mouvement qui fait apparaître des formes de tailles différentes. Ici ça sera donc, un œil plus grand que l’autre.
Par contre, dans la position des mains, je souhaitais faire parler la douceur du moins dans l’ensemble de ma production, mais aussi de la tristesse.
Il n’y aura pas de larmes, mais cette tristesse pourra se laisser percevoir à travers le regard et dans la position du visage.
Pas de cheveux, cela ne me manquait pas. Je pensais plus un moment de transparence. C’est d’ailleurs ce que je ressentais aussi à ce moment-là, lors de la naissance de mon esquisse. Je ne me sentais pas mal pour autant, c’était ainsi et je n’avais pas envie non plus de me poser des questions.
Pour déposer des couleurs sur mon esquisse, j’avais envie de couleurs voyantes, mais en morceaux mélangées au gris de mon crayon de papier. Avec une touche de couleur gris clair, plus foncé allant jusqu’aux mains.
Pour les finitions j’ai utilisé des crayons de couleur.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, 3B. Peinture aquarelle, Crayons de couleur

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production et je sens bien la tristesse sur ce visage. Dans ma tête je sens de l’air rentrer et dans mon cou je sens des morceaux craquer. Je ne me sens pas angoissée du moins à cet instant précis. Je sens mon pouls battre sur le côté gauche de ma tête. Ce soir j’ai du mal à penser mais ce n’est pas grave, après une bonne nuit !