BMP – La songeuse qui pense

BMP – La songeuse qui pense
C’est un peu cela me concernant, il est magnifique ce titre, il me rappelle ce poème :
J’étais le songeur qui pense…,
poème de la Sixième partie : [L’Amour], du recueil Toute la lyre, de Victor Hugo.
Je suis ainsi, dans cet état, je pars de mes pensées, je réfléchis sur les événements. Je monte aussi des projets qui verront le jour. Allez savoir !
Je suis là, à essayer de mettre des morceaux par morceaux, de les emboîter un par un, tout en faisant qu’ils tiennent debout, tout en essayant qu’à la fin ils se concrétisent et qu’il en sorte quelque chose, qu’il en sorte des couleurs.
Évidement les doutes sont là et me tracassent. Les questionnements, je voudrais les balayer mais je me dis qu’on est obligé d’en avoir : il faut penser à tout et éviter de faire des bourdes !
Les songes sont parfois nuageux chez moi, mais parsemés d’éclaircies, de soleil.
Alors je pense, je pense ! J’emboîte mes idées, je les déboîte, j’en rajoute, j’observe autour de moi, je prends des notes, j’en raye certaines et je retourne dans mes songes, dans mon monde pour faire le point.
C’est cela que je vais retranscrire en une production. Mon état de songe, mais aussi que celui-ci est rempli de nuages.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’avais en tête de retranscrire ce songe d’abord avec la couleur gris aquarelle, puis de le retravailler avec une goutte de marron.
Mon autre idée était de faire apparaître un premier visage, que j’appellerais songe, de couleur grise-blanche, puis dans mon mélange, travaillé dans une couleur marron clair dans le gris un deuxième visage plus nuageux dont je parle à la fin de mon texte, qui sortirait du premier visage du songe. Un geste qui se ferait tout naturellement avec mon pinceau et le travail avec les différents tons de mes couleurs.
Ma dernière idée était de faire apparaître, un fond plus clair derrière ma forme pour apporter un peu de lumière à ma production. Car derrière tout cela il va y avoir quelque chose de beau et de magnifique mais il faut que ça prenne forme, que ça naisse doucement, que ça prenne racine. C’est comme un bouton d’une fleur qui éclos petit à petit il prend forme, force, sa beauté et ses couleurs. Le tout je vais le travailler à la spatule et au pinceau.
J’ai concrétisé mon ébauche au crayon de papier sur ma feuille blanche de format 36 x 48 cm. Un visage penché, les yeux baissés et la bouche légèrement entrouverte.
Une fois mon esquisse terminée, j’ai commencé à déposer la peinture aquarelle avec mon pinceau sur le visage en mélangeant le ton blanc et le gris, par moment je rajoutais plus d’eau et je faisais mon mélange. Je dosais.
Ce n’est qu’après que j’ai commencé à utiliser la spatule quand je suis arrivée au haut du corps. Après avoir fini de travailler le corps avec la couleur blanche, noir, avec beaucoup d’eau. J’ai laissé sécher.
Puis j’ai repris ma production pour la retravailler avec les couleurs marron claire-marron foncée, blanc, avec plus d’eau.
J’ai joué avec les divers dégradés avec mon pinceau et la spatule.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Production conçue sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, 3B. Peinture aquarelle. Spatule.

Que ressentez-vous en regardant votre composition ?

Je regarde ma production. J’ai trop chaud ! Béa c’est normal dehors il fait trop chaud ! Non mais parfois dans ma tête, c’est le cinéma !
J’avais envie de mettre du jaune ! je me méfie de mes pulsions qui surviennent ainsi comme ça subitement !
Ma première réaction : je ne dois pas me planter ! mes idées sont là. Ça grouille dans ma tête, on dirait une fourmilière ! Je vais y arriver ! On va toutes et tous y arriver. Je me sens angoissée, mais j’aime toujours prendre autant prendre mon pinceau !

BMP – Visage légèrement ondulé, comme enchâssé dans un arc-en-ciel

BMP – Visage légèrement ondulé, comme enchâssé dans un arc-en-ciel
Lorsque j’avais crée la composition que j’ai nommée “un corps, un cou, un cri”,

BMP – Un corps, un cou, un cri

j’avais pris plaisir à faire naître cette production. Ici, j’avais envie de m’y replonger. J’apprécie de mélanger les couleurs pastels, avec mes doigts. Je les vois disparaître sous mes doigts, doucement calmement et je remets une autre couche de pastel par dessus, ce qui me permet d’obtenir une autre nuance, et je recommence et je recommence. Je m’amuse avec mes couleurs. C’est du plaisir, je ne vois pas le temps passer.
Par contre il arrive que l’idée de ma création du départ varie. En général je ne reviens pas en arrière, car j’oublie. Quand je m’en aperçois, comme mon idée s’est envolée, j’apprécie d’en trouver une nouvelle et de rester sur le chemin des nouvelles découvertes.
Pour cette production c’est ce qui s’est passé. Mon idée du départ a disparu et donc j’ai continué sur une nouvelle idée pour finir ma composition.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Mon idée de départ était de dessiner un visage de profil et de le travailler avec les crayons graphiques. Je l’aurais fait évoluer au fur et à mesure, mais il n’était pas question d’y mettre des couleurs, enfin je crois, car rien ne me parle du tout ! De toute façon c’est du passé !
Tout ce que je sais, c’est quand je me suis levée ce matin, je voulais dessiner, aucun souvenir de couleur dans ma tête. J’ai commencé à travailler mon ébauche et mes yeux se sont arrêtés sur ces petits carrés de couleurs pastels et là j’ai craqué. J’avais mis de côté mon crayon graphique qui m’a servi à dessiner mon esquisse.
Concernant les carrés il y avait assez de couleur. J’étais étonnée. Donc ce visage, dans ma tête, finirait en couleur ? Moi qui me réjouissais à l’idée de me salir les mains !
J’ai donc pris le premier carré de couleur rose, puis celui de couleur jaune, puis celui de couleur violette, puis le vert. Je posais mon premier doigt dessus délicatement pour avoir une empreinte sur mon doigt. Puis je suis passée à y déposer le deuxième. Mais ensuite, je me suis laissée aller à glisser tous les autres doigts. C’était doux, ça glissait tout seul. là je voulais vraiment me salir et ce n’est qu’ensuite que j’ai déposé mes doigts sur la feuille. Je souhaitais profiter de ce moment. J’ai commencé à faire des petits mouvements saccadés. Puis j’ai repris d’autres petits carrés et j’ai refait d’autres nouveaux mouvements beaucoup plus travaillés. L’effet ondulé est apparu ce qui a fait apparaître la chevelure bien colorée pour ce visage. Je ne voulais pas aller plus loin. Il y avait ces petites marques blanches qui l’accompagnaient, qui l’habillaient et cela me plaisait bien.
Comme quoi l’imprévu peut parfois nous laissez sans voix.
Mais il y avait ce petit détail au niveau de la bouche qui me semblait bizarre mais tant pis, il était là, incorporé dans ma production.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, Carrés couleurs pastels, Conté à Paris.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production, j’aurais tendance à la trouver tordue mais ce n’est pas grave. C’est le petit plus de son originalité. Je sens pourtant un petit fond d’angoisse, même si j’ai passé un bon moment. Je voudrais juste être plus capable de repérer ces petits signaux en moi, ainsi la vie !