BD – Le plafond à la salle principale à la Table de Jeanne-Marie

Atelier d’arts plastiques à l’association La Table de Jeanne-Marie ✍🎨.
Un atelier pas comme les autres en ce mardi 15 septembre nous allons apporter plus de couleur au plafond à la salle principale de l’association où tout le monde se réunit, pour prendre le petit-déjeuner, le repas de midi ou encore pour participer aux divers ateliers à partir de 14h30. C’est la deuxième fois que je propose ceci.
Cet atelier se fera sur deux séances la salle est grande et puis je trouve intéressant de prendre son temps et de profiter de ce moment qui est à part.
Mon équipe et moi nous avons donc sorti tout le matériel que nous avons mis à disposition des personnes. Du matériel de récupération que j’ai demandé par-ci par-là.
Plusieurs médium étaient proposés comme de la peinture, des pastels gras, des feutres, des crayons de couleur et puis il y avait ce petit plus pour agrandir les idées de créations comme : des pommes de pin, des rouleaux de papier toilette, des rouleaux de papier cadeau et tout ce qui peut servir en collage comme par exemple : des paillettes, des petits pompons de couleur, des pastilles colorées et j’en passe…
J’avais aussi trouvé des formes en toile de coton blanche où l’on pouvait rajouter du collage, des dessins recouverts de peinture.
Il y avait suffisamment de choix pour passer un après-midi agréable accompagné de couleur sans oublier les échanges qui étaient aussi colorés  et intéressants.
Tout le monde était au tour des tables à vouloir choisir ses couleurs et ses formes afin de pouvoir rendre cette pièce principale encore plus agréable et apaisante.
Comme à chaque fois à la fin de l’atelier nous avons nettoyé et rangé.
Ce fût, un après-midi convivial et chaleureux.

BMP – Le baiser

BMP – Le baiser
Troisième production dans cette chambre.
Voilà, on est aujourd’hui jeudi et je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangée et donc quel traitement je vais avoir pour traiter ce cancer. Je ne sais que penser, que dire : rien ne me vient en tête, même pas des questions. Mais au fond de moi il y a une forte appréhension.
J’ai juste voulu prendre mes crayons et dessiner. Je ne souhaitais pas rester avec ce “blanc » dans ma tête.
J’étais debout devant la fenêtre à regarder dehors, je cherchais un peu à m’évader du cadre de l’hôpital. J’aperçois un couple qui s’embrassait. C’est de là que mon esquisse est née, que les premiers traits, les premiers coups de crayon sont arrivés. Mais il y avait une autre question. Comment retrouver une émotion alors qu’en moi c’était le blanc ? La peinture aquarelle que je n’ai pas eu le droit de prendre avec moi, s’est mise à me manquer terriblement.
Il fallait alors que je trouve un mouvement différent, un mouvement qui me sort de mes habitudes et qui remplacerait la peinture aquarelle qui me permet souvent d’exprimer des émotions.
Il me fallait pourtant déposer cette émotion sur ma feuille, lui permettre de prendre vie, mais dans la douceur. En fait amener de la douceur dans cette chambre et aussi faire qu’elle enrobe le diagnostic.
J’avais cette image toute faite de cette émotion qui devait comme transpercer ma feuille.
J’ai donc dessiné les deux visages et j’avais le titre de ma création « le baiser”. Tout comme l’effleurement qui devait s’apercevoir au regard.
Ce mouvement devait se glisser avec cette légèreté, que je recherche par moment, pour laisser l’air circuler librement dans ma tête. Me poser et réfléchir à cette recherche de légèreté, qui est plus trop là depuis ce matin, depuis la visite de ce médecin. Alors ce mouvement devait revenir !
Les traits qui habilleraient les visages, auraient pour fonction de remplacer les couleurs qui me manquaient. M’en rendre compte m’avait déstabilisée. J’ai d’abord pensé que mes traits devaient être partout identiques, je veux dire de la même largeur et que l’espacement entre eux devait être fixe, comme pour calmer ce vide en moi. Mais cette idée là, est vite repartie et j’ai laissé mon instinct s’exprimer. Ne pas brider le geste, me détendre, laisser le mouvement du poignet vivre sa vie. Il y avait aussi cette finesse qui me parlait, finesse que je souhaitais faire apparaître dans ma production.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Crayon de papier HB, 3B, 8B. Stabilo à pointes fines.
Crayon Faber Castell  Pitt artist pen black.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

J’observe de loin mon dessin, que j’ai posé sur la table : je souris. Je ne savais plus quoi dire ni même penser. Je me demandais comment j’allais expliquer tout cela, car les mots n”étaient pas encore présents, même si des ressentis étaient là.