BMP – Production aux produits alimentaires

BMP – Production aux produits alimentaires
Il fait chaud… et quand je ne suis pas bénévole, j’essaie de me rafraîchir dans mes découvertes en me servant de produits alimentaires, qui pour certains remplaceront mes couleurs aquarelles, toujours accompagnés de glaçon.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation votre création ?

Tout ce qui peut me servir comme couleur, je le prends. Parfois je peux je mélanger avec l’eau et parfois non, mais je m’en arrange. J’essaie de trouver des idées pour les incorporer dans mes productions.
Pour cette fois-ci, je me suis mise devant mon frigidaire, j’ai ouvert la porte et sans réfléchir, j’ai pris tout ce qui me plaisait dans le goût. La liste de ce que j’ai choisi se trouve un peu plus bas.
Je ne voulais pas réfléchir aux complications possibles, car j’avais peur de faire marche arrière et ça je ne le voulais pas.
Pourtant à l’intérieur de moi, je riais nerveusement, pendant que je sortais les produits alimentaires du frigidaire.
Tout était devant moi sur la table, mes pinceaux et ma feuille. Je m’étais installée à l’intérieur car dehors il faisait déjà bien trop lourd.
Toutes les odeurs m’attiraient et me titillaient le palais. Mais c’était sur ma feuille que je devais illuminer de couleur.
Alors me voilà lancée.
Mon envie était de commencer par la moutarde avec ces petits grains, qui font penser aux grains de sable. Cela se fait automatiquement dans ma tête. J’ai donc déposé ces grains au milieu de ma feuille. J’ai rajouté un petit mouvement de glaçon, avec une petite goutte de crème anglaise. Ah cette crème anglaise que je rajoute souvent avec mon moelleux au chocolat. Chut les kilos en trop, je n’entends rien ! Tout ceci a formé comme une espèce de petite marée, qui me ramène à la mer. Donc j’ai rajouté du bleu aquarelle pour donner un effet eau que j’ai mélangé doucement toujours avec un petit glaçon. C’était rafraîchissant sous mes doigts.
Puis ça a été l’odeur du colis de fruits rouges qui m’a attirée, l’odeur des sous-bois. J’ai donc rajouté délicatement à coté du bleu qui avait légèrement changé de couleur par rapport à mes mélanges. J’avais l’impression de rajouter du sable rouge et de rester dans un paysage de mer plus ou moins mystérieux et imaginaire.
Ce fut au tour de la crème au chocolat, qui est venue se mélanger au jus de légumes ;  le tout toujours en rajoutant une petite pointe de jaune aquarelle, ou de moutarde. Par moment pour éclaircir mes mélanges, je rajoutais un peu de yaourt nature. Quand je ne travaillais pas mes couleurs avec le glaçon, je rajoutais le sirop de citron.
Je devais juste faire des mélanges de couleurs mais pas trop, car pour ne pas étouffer les odeurs la base de départ de la naissance de ma production, je devais laisser respirer ma production.
Il fallait que je laisse en mouvement ces petits grains de moutarde, que j’avais appelé « grains de sable”, des grains de sable colorés.
Une vrai recette de cuisine… mais encore ?
Je me suis trop éclatée !

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

– Moutarde
– Yaourt
– Coulis de fruits rouges
– Crème anglaise.
– Crème au chocolat
– Sirop de citron
– Jus de légumes épais de couleur verte
– Glaçon
Jaune aquarelle et bleu.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

J’observe ma composition et je ne perçois pas la différence entre l’aquarelle et les produits de cuisine qui sont sortis de mon frigidaire.
Je me suis amusée, j’aime ces moments quand je me retrouve nez à nez avec les couleurs.
Le temps passe et je ne m’en rends pas compte, j’oublie un peu les ennuis.

BMP – Une danseuse dans l’iris de l’œil…

BMP – une danseuse dans l’iris de l’œil…
De grands yeux : l’un plus grand que l’autre, une danseuse dans l’iris de l’œil…
J’aime tout ce qui est décalé, cela n’empêche en rien à l’émotion d’apparaître. Ça permet de sortir de l’ennui ! Puis ça évite l’angoisse des pages blanches, car cela nous renvoie à l’imaginaire, au monde irréel. Je ne parlerais pas de normalité car pour moi, la normalité n’est pas quelque chose de très positif, ça ne me parle pas vraiment. Je renverrai chacun à son opinion sur cet événement !

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Tout ce qui est hors limite en dessin si je peux le mettre en une forme, je le fais car il n’y a que là, que je peux le faire, sans me mettre en danger.
Pour en revenir à ma production, j’aime beaucoup la danse, surtout les pointes, j’en ai pratiqué et la discipline est très dure. Mais la grâce est si présente dans les mouvements et dans les déplacements, que ça me donne la chaire de poule, il suffit que regarder la danseuse étoile de l’Opéra de Paris : Marie-Agnès Gillot.
Mon idée était donc d’incorporer une danseuse dans l’iris de l’œil. L’œil, alors, serait la forme arrondie du tutu.
Pour le reste de mon esquisse, j’aime tout ce qui est décalé et c’est cela aussi qui me conduit dans ce mouvement qui fait apparaître des formes de tailles différentes. Ici ça sera donc, un œil plus grand que l’autre.
Par contre, dans la position des mains, je souhaitais faire parler la douceur du moins dans l’ensemble de ma production, mais aussi de la tristesse.
Il n’y aura pas de larmes, mais cette tristesse pourra se laisser percevoir à travers le regard et dans la position du visage.
Pas de cheveux, cela ne me manquait pas. Je pensais plus un moment de transparence. C’est d’ailleurs ce que je ressentais aussi à ce moment-là, lors de la naissance de mon esquisse. Je ne me sentais pas mal pour autant, c’était ainsi et je n’avais pas envie non plus de me poser des questions.
Pour déposer des couleurs sur mon esquisse, j’avais envie de couleurs voyantes, mais en morceaux mélangées au gris de mon crayon de papier. Avec une touche de couleur gris clair, plus foncé allant jusqu’aux mains.
Pour les finitions j’ai utilisé des crayons de couleur.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, 3B. Peinture aquarelle, Crayons de couleur

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production et je sens bien la tristesse sur ce visage. Dans ma tête je sens de l’air rentrer et dans mon cou je sens des morceaux craquer. Je ne me sens pas angoissée du moins à cet instant précis. Je sens mon pouls battre sur le côté gauche de ma tête. Ce soir j’ai du mal à penser mais ce n’est pas grave, après une bonne nuit !