BMP – Le visage posé sur la main

BMP – Le visage posé sur la main
L’expression du visage du moment, capturée par l’écran du téléphone. L’apaisement, comme pour le faire venir à travers une forme. L’apaisement et la douceur, comme pour me rassurer de quelque chose, comme pour exprimer la sécurité au moment présent.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Par moment j’aime bien m’amuser quand je fais apparaître des formes, en particulier quand je n’ai rien de précis en tête et que je me laisse guider par les mouvements que mon poignet imprime à mon crayon. Ensuite j’aime laisser ce début pour le reprendre quelques jours plus tard, sans pour autant faire disparaître les traits du premier jet.
Pour le dire autrement, faire naître une autre forme, une forme nouvelle, en gardant cependant l’instant du passé.
C’est là, que j’ai des surprises inétendues, qui produisent d’autres surprises au moment de déposer les couleurs.
Par moment, j’ai l’impression qu’il y a en moi divers mondes et cela je le sens et je peux l’observer. Heum ça me fait drôle d’écrire ceci !
C’est ce qui s’est passé pour cette composition. J’ai commencé à la faire apparaître un soir. Puis comme je n’avais pas un motif sûr, j’ai posé la feuille sur le chevalet. Il n’y avait que quelques traits qui se battaient en duel. Je l’ai reprise au bout de quelques jours pour la finir. Je n’ai rien crée de nouveau à partir de ce qui était déjà là, j’ai juste rajouté ce qui me parlait dans ma tête à ce moment-là, à ce nouveau présent comme la sensation d’apaisement, même si, en moi, ce n’était pas vraiment le cas. C’est pour cela que j’ai écrit  « comme pour me rassurer de quelque chose, comme pour retranscrire la sécurité sur le moment présent ».
Il y a eu ce déclic, qui me plaisait même si cela ne me parlait pas vraiment et que je souhaitais finalement le déposer sur ma feuille.
Je cherchais vraiment à déposer avec les traits, quelque chose qui permette d’emblée de voir de l’apaisement dans ce visage.
Une fois mon esquisse terminée, j’ai commencé à y déposer les couleurs et le bleu me parlait beaucoup. Ce bleu je l’ai agrémenté de marron, de blanc et d’un jaune très pale. Ces couleurs se mélangeaient par moments et créaient du nouveau. Ensuite j’ai tenu compte des nuances que j’ai retravaillées. Je souhaitais que ce visage parle.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production, et en moi, c’est moins la pagaille, je me suis amusée avec ce visage. Mais aussi avec cet instant présent et futur qui m’a permis de faire apparaître les premiers traits et de continuer un peu plus tard. Je me sens aérée dans ma tête, mais pas dans mon cerveau. Je sens toujours cette séparation entre les deux, un peu cette interdiction de se toucher et mélanger.

BMP – Enfance – Les multi-personnalités

BMP – Enfance
Cette production fait partie de la série de celles dont je n’avais pas bien compris le thème, à savoir « enfances ».
Maintenant elle a trouvé ses couleurs. Quand je réfléchissais à ce thème enfance, un lien s’est fait tout se suite : on naît, on grandit, on se transforme, un peu comme si on quittait notre corps de l’enfance et cela on ne peut pas l’éviter. Cet transformation est imposée, on n’a pas le choix, le corps se transforme, grandit pour devenir un corps adulte avec toutes les difficultés, les souffrances, les manques, la joie etc. que nous pouvons rencontrer tout au long de ce chemin de transformation.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour retranscrire cette idée, je voulais dessiner toutes ces étapes, c’est-à-dire, être un bébé, une toute petite fille, une plus grande, qui celle-ci devient une adolescente, puis une femme et cela pour dire que notre enfance c’est naître, grandir pour devenir une personne adulte. Je pensais à mes parties émotionnelles.

BMP – Autoportrait aux six personnalités en couleurs

1 – béatrisse Elle est celle qui a subi les viols paternels.
Elle est une fillette de 4 ans. Elle aime son papa qui jouait avec elle.
Elle est gentille et naïve. Parfois elle s’excite lors d’une bonne nouvelle.
2 – Béaa Elle est la partie agressive de la petite beatrisse.
Elle est en colère. Elle n’apparaît pas souvent mais elle veut tuer.
Elle ressent du dégoût du toucher visqueux etc. C’est une partie qui imite l’agresseur – elle est agressive, c’est elle qui apparaît dans le cabinet du psychiatre.
3 – Béa Elle est adolescente, elle a vécu les viols du Gros et du reptilien.
Elle est très grossière, ordurière, mais elle protège la petite beatrisse. C’est une partie aidante – et pourtant qui imite l’agresseur – elle est agressive.
Partie émotionnelle coincée dans le passé dans son foyer adoptif.
4 – BG Elle signe ses dessins
Elle a douze ans. Elle sait ce que lui a fait son père.
Elle a de la colère, mais n’est pas agressive.
Une variante de la partie émotionnelle Béa.
5 – Grr Grr
Un enfant archaïque. Celui qui ne sait pas ce qu’on lui fait, pourquoi on le lui fait et qui n’a pas les mots pour dire quoique ce soit, alors il ne reste que les onomatopées pour qu’il puisse un tout petit peu dire qu’il est là, qu’il n’est pas mort, mais qu’on l’a muselé.
Il est étonnant. Il est en charge du secret. Pour que les viols par inceste et les maltraitances puissent avoir lieu, le secret est nécessaire. Il doit effacer toutes les traces.
C’est une partie aidante –  et pourtant qui imite l’agresseur – et reste agressif.
Il  ne s’exprime que par onomatopées.
6 – BEaTriCE LS
Elle est apparue durant l’été 2014, après des viols et maltraitances de l’« ami » de Béatrice.
Ce n’est pas Grr Grr qui met en danger Béatrice, mais une autre personnalité, peut-être Béaa, ou Béa.
C’est la même personnalité aussi qui parle au docteur L.
Pour recouvrir mon ébauche de son manteau de couleur, mon souhait que celle-ci soit douce, comme pour apporter un peu de douceur à chaque parties de ces corps qui grandissent. Une sécurité. L’envie de gaîté devait se faire voir et entendre. Le présent également et non le futur.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, peinture aquarelle. Crayons de couleur.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Pendant la naissance de mon esquisse, j’ai pris plaisir à rendre cette petite-fille qui grandit dans le temps présent heureuse. Tout comme j’ai pris plaisir à habiller tous les corps.
Pas vraiment de fortes angoisses. Mais plutôt comme un filet discret de mélancolie dans ma tête.