Il était une fois 28 millions d’euros sur Loi 1901.com


Parution dans lettre asso 794
10 septembre 2019
Il était une fois 28 millions d’euros
Il y a des contes qui ne font pas le compte. A l’issue du grand débat national, le président de la République avait promis un grand plan pour soutenir les associations et notamment les plus petites qui }œuvrent en milieu rural. Le grand plan vient d’accoucher d’une petite souris de 28 millions d’euros. Et c’est l’œil brillant d’émotion que le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation et de la Jeunesse Gabriel Attal l’a annoncé.
Les associations les plus modestes représentent environ 80% de toutes les associations, soit 1,3 millions d’associations. Une simple division nous donne un résultat édifiant : 21 euros par structure. Le Champagne va couler à flot.

Ces 28 millions d’euros ne seront pas distribués sous forme de subventions

De même, il est connu que les dirigeants ne savent pas bien gérer les oboles étatiques.
Les euros serviront à créer 4000 postes qui seront financés à hauteur de 7000 euros sur trois ans, principalement dans les territoires ruraux et les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Une simple multiplication nous apprend que 7000 x 4000 = 28 000 000. Le compte y est.
Pour respecter l’élément de langage le plus utilisé par les ministres en cette rentrée, cette répartition se fera en « totale concertation » entre les associations et les services de l’Etat qui définiront ensemble les priorités d’affectation. Vous êtes trop bon.
Par ailleurs, le « bébé Cadum » (1) de la vie associative nous apprend que « Les associations doivent aussi aller chercher davantage de financements privés. Par exemple, elles peuvent développer des activités commerciales qui financent leur activité d’intérêt général. »

Elles peuvent également mettre la clé sous la porte

Mais ça, il n’a pas osé le dire même s’il le pense très fort. M. Attal sait-il à combien revient annuellement la création d’un salaire chargé à plein temps dans une association ? 30 000 euros par an. L’aide de 7000 euros sera très appréciée, c’est certain.
Ah et pour ceux qui pensent, naïvement, que les 28 millions d’euros seront reportés d’année en année, je peux leur répondre qu’ils se trompent. Les euros ne sont prévus que dans le budget 2020 étalés jusqu’en 2022 et c’est tout.
Laissons M. Attal, nous expliquer, avec un indéniable talent pour prendre son interlocuteur pour un imbécile, l’essence de ce « grand plan » pour les associations. Dans une interview donnée au Parisien (2), M. Attal annonce :

« Les associations ont aussi besoin d’être soutenues dans leur travail quotidien. Les démarches qu’elles doivent accomplir sont trop complexes. C’est un vrai frein à la prise de responsabilité des actifs et des jeunes. »

Quel constat !

La suppression des emplois aidés

Le journaliste lui demande si la suppression des emplois aidés n’a pas été un handicap pour le secteur associatif. Bébé Cadum répond, droit dans ses mocassins : « Il y avait une forme d’hypocrisie avec les emplois aidés. Ils n’ont permis ni d’insérer durablement les personnes les plus éloignées de l’emploi, ni aux associations de pérenniser leurs activités. C’est vrai que leur transformation en parcours emplois compétences, plus contraignants, a pu gêner certaines structures. » Et ? Rien.

S’appuyer sur des recettes propres

Par contraste, pour justifier l’obligation faite aux associations de s’appuyer de plus en plus sur des recettes propres, le Secrétaire d’Etat donne deux exemples :

• « Une association de défense de l’environnement dans les Bouches-du-Rhône, par exemple, a créé un gîte écoresponsable, qu’elle loue à des particuliers.
• Une autre, qui accompagne des personnes migrantes, se finance en organisant des soirées de team building, qu’elle facture aux entreprises. »

J’attends avec impatience l’association d’aide à l’enfance qui, pour financer ses activités, gèrera un sex shop ou bien une association de protection des animaux qui animera des corridas. Ce qu’il faut retenir de ce « Grand Plan » pour les associations ? La même chose que ce qui reste du « Grand Débat National » facturé à hauteur de 12 millions d’euros aux contribuables : rien.

La gestion du vide était une notion à inventer en politique, c’est chose faite.

En savoir plus

Vous l’aurez compris, ce « Grand Plan » pour les associations m’a fait monter la moutarde au nez. 28 millions d’euros. Et ce d’autant plus quand le gouvernement envisage de dépenser 1.5 milliards d’euros par an pour un Service National Universel totalement inutile et condamné par une très grande majorité d’associations.


Service National Universel : premiers pas et premiers doutes
(1) Gabriel Attal : un Bébé Cadum au chevet des associations
(2) Gabriel Attal : Nous débloquons 28 millions d’euros pour les petites associations – l’article du Parisien
Préconiser l’entrepreneuriat associatif : est-ce bien raisonnable ?

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Rémunération de l’art-thérapeute


En ce qui concerne la rémunération de l’art-thérapeute, un/e art-thérapeute titulaire d’un titre inscrit au RNPC (ou validé par la CPNE) est rattaché/ée au Coefficient 279 en début de carrière, 283 en fin.

Convention collective – HOSPITALISATION PRIVEE

Cependant, la certification professionnelle d’art-thérapeute (RNCP) est de Niveau II.
Pour le Master, elle est de Niveau I.

Pour tous les étudiants, lorsqu’une école (RNCP) vous vend, un niveau Master c’est faux.
La formation universitaire dispense un diplôme professionnel équivalent au (RNCP) et un diplôme de recherche pour aller vers un doctorat. Le statut du Master en art-thérapie est celui de cadre.

La plupart du temps, La profession est liée à la fonction de Technicien :

« Niveau technicien

Article 91.2.2.1 bis, niveau I : emploi consistant à exécuter et/ou élaborer une ou plusieurs opérations ou tâches. Celles-ci s’effectuent, sous contrôle de l’employeur ou d’un personnel hiérarchiquement supérieur (agent de maîtrise ou cadre),

En outre, ces tâches doivent répondre à des exigences de technicité et de conformité impliquant une formation sanctionnée par un diplôme correspondant au niveau III ou IV de l’éducation nationale. De même qu’une expérience professionnelle équivalente d’au moins 3 ans dans la spécialité est souhaitable.

Le titulaire du poste est amené à exécuter des prescriptions médicales et des soins, sous le contrôle de l’autorité médicale. De plus, il participe, en raison de ses compétences et sur le plan technique, uniquement à la réalisation d’examens ou de traitements médicaux.

Le coefficient 279 est maintenu pour la rémunération de l’art-thérapeute.

Le coefficient 283 est maintenu et les conditions d’accès à ce coefficient intermédiaire sont : le technicien doit mener à son terme une ou plusieurs actions de formation complémentaire en lien avec son emploi repère d’au minimum 180 heures.

Ces formations sont réalisées à l’initiative du salarié ou de l’employeur. Par ailleurs, dans tous les cas, elles devront faire l’objet d’un accord de prise en charge par les dispositifs de financement de la formation professionnelle. Le plan annuel de formation de l’entreprise peuvent les prévoir.

Afin de prendre en compte les évolutions des niveaux de diplômes, induites par l’uniformisation de certains diplômes au sein de l’Union européenne, et notamment ceux relatifs aux soins apportés à la personne, les partenaires sociaux ont souhaité, au sein du niveau technicien, différencier le technicien du technicien spécialisé. »

Le salaire mensuel brut d’un technicien, au début de sa carrière, est donc de 1945 €, brut annuel 24666€. En fin de carrière, son salaire mensuel brut sera de 1973 €, brut annuel 25019 €.