BMP – La danseuse au pied de verre

BMP – La danseuse au pied de verre
Toujours sur la danse et son mouvement : je pense aux pointes et à ce côté qui permet de s’envoler. Il y a la sensation de liberté qui en découle. On se sent légère, en particulier dans les mouvements. Il n’y a pas cette pesanteur que l’on sent en nous, ce poids qui est le notre. C’est comme si, plus rien de tout cela n’existait ; qu’il restait juste cette légèreté d’un envol d’une plume, ou du parfum d’un bon vin que l’on dégusterait par plaisir. Comme par exemple quand on goûte au Beaujolais nouveau, ou encore à un grand cru. Cette légèreté que l’on sent sous notre langue, qui réveille notre palais ensorcelé par son cépage et les yeux envoûtés par la couleur de sa robe nous envoie dans un mouvement de voyage tout comme la danse avec le mouvement etc.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je souhaitais rester sur ce mouvement qui nous donne cette impression de nous envoler. La couleur de la robe, la légèreté et le fait que l’on se sente bien.
L’idée de mélanger, la danse dans une forme qui pourrait se relier au fait que l’on peut s’évader, s’envoler et cette autre représentation de la légèreté avec le vin, m’a donné l’idée de dessiner un verre à vin dont la jambe de la danseuse serait le pied. Les éléments seraient incorporés les uns dans les autres.
Une fois mon ébauche terminée, je suis  passée aux couleurs. J’ai aussitôt pensé à la couleur rouge, qui évoquerait la couleur de la robe d’un vin. Sans oublier d’y retranscrire le mouvement que cela soit celui de la danse ou du vin. Je devais faire apparaître dans mes couleurs et ma forme, une harmonie dans tout cet ensemble. Pour changer un peu, j’ai fait les finitions avec mon pinceau : une première.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, peinture aquarelle. Crayons de couleur.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production, concernant les angoisses, j’en ai mais voilà, je profite du moment présent sans trop me prendre la tête avec elles. Enfin du moins j’essaie.

BMP – Un dessin fait sur le moment


Je n’arrivais à rien et j’avais comme l’impression que ma tête tournait en rond sur elle-même en se déformant légèrement tout en restant en un seul morceau. Il me semblait que je la tenais dans mes mains, mais que je ne savais pas quoi en faire tout comme quoi faire de cette tristesse qui s’était infiltrée dedans.
Puis j’avais envie de faire apparaître du moche, du pas beau, et beaucoup de rouge. je ne voulais pas attendre, alors c’est un dessin fait sur le moment.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je ne devais pas perdre de vue que ma tête restait en morceaux, même si dans son intérieur tout est emmêlé parce que c’est cela que je ressens comme sensation. Rien ne tient debout et rien n’a aucun sens. Tout est sans queue ni tête. Je ne sais pas où est le début, de je ne sais pas quoi d’ailleurs.
Alors j’ai donc commencé à faire apparaître cette tête, mais en un seul morceau, mais rien de l’extérieur n’est vraiment à une place dans la continuité. Ça bouge, d’où le fait d’avoir dessiner plusieurs visages.
Il n’y a pas de violence à part cette envie de rouge et cette tristesse que j’ai exprimée avec cette larme. Mais je ne sais pas, il y a cette froideur qui est là qui parfois se montre bien présente comme pour pousser cette tristesse vers un ailleurs bien loin.
Mais cette froideur, je ne la sens pas rassurante. Elle est là et elle ne peut pas s’échapper car ma tête je ne peux pas la mettre en morceaux. Tout reste en entier.
Ce froid se mélange avec tout ce qui s’est déjà emmêlé dans l’intérieur de celle-ci.
Il n’y a pas de violence. Je ne sais pas pourquoi c’est si important de l’écrire mais aussi, de l’écrire à vous qui regardez cette composition, mais je le fais.
Pour terminer mon esquisse, j’ai dessiné des mains, car je ne savais pas où mettre ma tête dans ce moment-là précis. Je ne voulais pas non plus qu’elle finisse en morceaux et pourtant je n’étais pas plus rassurée. Mais ces mains je les ai dessinées. Un filet ? Peut-être.
Pour les couleurs, j’ai donc mis la couleur rouge qui m’envahissait cette tête. Mais un bleu est venu faire interférence. Cela, c’est assez angoissant car je trouvais qu’il provoquait une cassure dans mon rouge, rouge orangé.
Dans ma tête c’était l’intrus du moment présent. Mais ce bleu, lui ne me parlait pas dans ma tête avant, il est venu comme ça, boum d’un coup, comme si je n’avais rien vu arriver. Mais ce n’est pas mon idée, mon idée à moi, Béatrice, et de ça, je suis certaine. Seulement cette intrusion est là et je dois faire avec.
Finalement je l’appellerais l’inattendu de l’instant, je le regarderais comme une pointe d’air, une pointe de douceur. Ça sera je pense juste ce petit détail qui n’aura rien de négatif dans mon dessin.
Pour le reste pour recouvrir les mains, du blanc et du gris. Car je ne savais pas quoi mettre d’autre rien ne me parlait sur cet instant présent.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 3B. Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde mon dessin et je voudrais attraper cette larme pour ne pas la laisser s’étendre sur le sol. Après je me dis que je dois remettre ma tête à sa place et non la garder sur mes mains. Quelle idée ! Et le pas beau ?