BMP – Danseuse assise en tutu en collage

BMP – Danseuse assise en tutu en collage
La minutie dans le geste du collage.
En ce moment, travailler la minutie, en particulier dans le collage est indispensable, compte tenu des effets secondaires des traitements divers que je dois prendre. Je constate que je me mets à trembler aussi ! Mais je ne baisse pas les bras ! Ce geste de minutie est important pour moi, car il m’arrive d’avoir spontanément une idée qui arrive comme cela. Pour la faire naître, il me faut travailler avec minutie sur une composition qui prend naissance. Je dois donc concilier le mouvement de faire naître, le mouvement de l’art avec ma spontanéité et bien sûr, sur cette idée qui a surgi d’un coup dans ma tête.
A chaque fois, je me demande s’il n’y a pas un message qui veut se faire entendre. Mon idée était de travailler cette minutie grâce à un collage avec du papier d’argent très fin, mais en utilisant plusieurs couleurs de ce type de papier, ce qui nécessite d’utiliser une pince.

Comment avez-vous concrétisé votre ébauche ?

Je voulais dessiner une danseuse assise avec un tutu, et c’est à partir de cette forme, que je devais travailler avec minutie. Ce sera un collage qui recouvrira le tutu et qui accompagnera le mouvement. Par la suite, je rajouterais un autre médium qui sera la peinture aquarelle pour terminer le manteau de ma composition.
Je m’installe donc derrière ma table à dessiner et je me lance en constatant un certain apaisement ce qui du coup, me pousse à me poser des questions. Ceci m’étonne car ce n’est pas mon habitude, mais le fait de travailler ma minutie m’est très important. En effet, je trouve que depuis un certain temps mes finitions laissent à désirer. Je ne supporte pas cela car pour moi, l’art-thérapie est très importante pour respirer, donc pour me sentir vivante et si un mouvement commence à partir en vrille je me sens pas vraiment en vie, car ce morceau qui part en vrille me semble mort ou perdue à jamais. je ne sais pas.
Je continue donc à dessiner ma danseuse, qui commençait à prendre son mouvement sur ma feuille. C’est cela qui me plaît et qui m’importe : donner cette vie sans violence, souffrance et pleurs.
Mon esquisse terminée, je me lance à mon collage avec toutes ces feuilles colorées, très très fines et légères, aussi légères que quand la danseuse se met à nous faire virevolter grâce à sa légèreté de ses gestes et du mouvement de son corps.
Ces feuilles sont également friables, je devais donc faire encore plus attention, il ne fallait pas que ce tutu ait l’air d’être mal repassé. Une danseuse doit se montrer impeccable.
Je me sens émue, car le souvenir, quand j’étais danseuse à pointe, est là. L’équilibre était là, cet équilibre que je perds de plus en plus, mais j’essaie de retranscrire dans mes créations à travers les couleurs, les formes, mais surtout par ce mouvement de vie, de faire naître. Cela fait du bien.
Mon collage étant fini, j’en oublie mes difficultés, et je passe à déposer les divers tons avec mon pinceau et la peinture aquarelle. Je prends plaisir, le soleil est là, que demander de mieux ? Rien. J’en oublie même mon état de santé !
Pour terminer ma création j’y rajoute un peu de finitions, mais pas trop, car je souhaitais garder la spontanéité et cette minutie.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Création conçue sur une feuille de format de 36 x 46 cm. Comme médium : de la peinture aquarelle, des feuilles d’argent de diverses couleurs très fines. Un crayon HB pour mon esquisse.

Que ressentez-vous quand vous êtes devant votre création ?

Ma danseuse est prête à nous faire danser, il suffit juste de se laisser aller par la grâce de ses mouvements. Elle vit. Dans ma tête, je me sens bien dans cet instant présent.

BMP – Visage en deux parties reliées par un effet accordéon

BMP – Visage en deux parties, reliées par un effet accordéon
Quand je me suis levée, j’avais la sensation que mon visage partait en arrière, comme un accordéon. Je sentais la coupure en dessous du nez. C’est vraiment très anxiogène. Dans ces cas-là, on se demande ce que va être la journée. Voilà l’origine de ce tableau.

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je commence donc par dessiner le visage coupé en deux par cette forme d’accordéon. Dans ce mouvement, je percevais plusieurs couleurs, ce qui est positif. J’arrivais à refaire avec mes deux mains ce mouvement que je venais de dessiner, ce qui était rassurant.
Puis je continue mon ébauche en y rajoutant un cou, toujours dans le geste de l’accordéon, puis l’arrondi d’un dos. Je termine en rajoutant deux mains, ces mains qui m’ont permis de refaire ce mouvement d’accordéon pour le dessiner sur ma feuille. Au bout des ces mains, des bras légèrement déformés.
Je me sentais un peu rassurée. L’angoisse de ce matin était toujours là, mais un peu moins forte. Il me restait à ajouter les couleurs. Il me fallait juste laisser venir. Ce mouvement de couleurs, peu importe que celles-ci soient gaies ou pas, est le mouvement de la vie.
Je me suis baladée entre le marron, le bleu, le rouge, le kaki, le violet, le jaune, sans oublier l’orange et le vert, avec toujours une petite touche de dégradé.
J’ai apprécié de déposer ces couleurs. J’ai surtout apprécié de donner vie à ce mouvement accordéon, à ce visage et à ce début de corps, qui petit à petit m’ont rassurée sur l’anxiété qui était la mienne. Toutes les finitions ont été faites aux feutres à pointes fines.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette création a été conçue sur une feuille blanche d’un format de 36X46 cm, comme médium de la peinture aquarelle, un crayon HB pour dessiner mon esquisse et pour finir des feutres à pointes fines.

Que ressentez-vous en regardant votre création ?

J’observe ma production. Dans ma tête, je me sens plus libre et moins dans l’étouffement de ce matin au réveil et moins dans l’anxiété. Parfois, je me dis que déposer des couleurs est comme un pansement.
Je suis émue car je peux encore dessiner.
Je reste très fatiguée et fragile, mais ça ce n’est pas le plus important. Car du moment que je peux avoir ces RDV avec la matière et mes crayons.
Que les mouvements de recevoir et de partagés existent encore ! que je peux sourire à cette vie ! le reste … 🙂