BMP – Mon monde quand je dessine

BMP – Mon monde quand je dessine
Quand je dessine, je suis dans mon monde, c’est-à-dire que je suis dans mon coin, dans mes formes qui vont prendre forme, dans un monde hors limites, parfois même incompréhensible, mais qui, je l’espère, pourrait toucher par les émotions qui s’en dégagent, par le sens brut de ce qui en apparaît de la forme, des couleurs et du sens.
Dans ce monde-là, je peux rester longtemps silencieuse, car je suis tellement sur le chemin de la perfection que j’en oublie les à côtés. De même qu’il me faut parfois ce petit détail qui me parle et qui me fait chavirer et pour cela j’ai besoin de mon monde à “moi ».
Je pense que c’est dans ces moments-là, le monde présent, le monde actuel n’est plus là pour moi. Il passe au deuxième plan. Il n’est plus ma priorité, c’est mon monde crée par le jeu de mon pinceau qui passe en avant.
C’est comme un monde fermé ou pas grand monde ne peut entrer.
Voilà donc ma production d’aujourd’hui, retranscrire mon monde à moi.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je me faisais les associations suivantes : mon monde : monde fermé = interdit aux autres = dans ma tête.
Donc là, l’idée m’est venue de dessiner un corps, une main qui dessine, et de remplacer la tête par une maison, ce qui traduit le fait que c’est mon monde à moi, ce monde qui se trouve dans ma tête, qui est fermé et qui ne se voit pas. C’est mon cocon. Mais ce cocon est un lieu important où je travaille. Un monde dont l’accès est très difficile pour les autres personnes.
Je devais faire comme un rappel du fait que c’est le dessin qui me permet d’exprimer cela, donc j’ai dessiné un taille-crayon et une gomme. La veille, une dame m’avait donné une énorme gomme de décoration mais une vraie ! Je n’avais jamais vu cela et je l’ai gardé, elle est posée sur ma table de travail. J’avais envie de la dessiner.
Pour les couleurs, des couleurs vives, le jaune, sur le moment chantait dans ma tête et ces couleurs que l’on ne met pas spécialement pas sur des tailles crayons ou des gommes.
Pour le bras, comme un dégradé de couleurs voyantes, peut-être plus intenses en épaisseur pour faire une démarcation avec cette maison à la place de la tête qui fait parler mon monde, pour exprimer le fait que cela est important pour moi, cela ne doit pas rester sans expression. Tant pis si les couleurs ne sont pas adéquates avec le jaune de la forme qui remplace la tête.
C’est mon côté artiste qui par moment désire aussi que rien ne s’accorde ! Dépasser les limites dans les formes, pour nous envoler dans un monde de rêves et d’émotions. Mon côté excentrique !

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB,
Peinture aquarelle. Crayons de couleur.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production, je me sens mieux qu’au début, où je me sentais légèrement bizarre. C’est la patience qui doit prendre le dessus en ce moment dans ma tête, le dessin et profiter de l’instant présent. Je n’ai pas envie de le laisser passer. Pas de questionnement qui demande des réponses, pourtant elles sont là. Je dois attendre. Dans ma production quand je la regarde plusieurs fois, il manque les yeux. Je ris, mais quelle drôle d’idée BMP !

BMP – Un peu décomposée

BMP – Un peu décomposée
C’est ce que j’ai ressenti ce matin à mon réveil. Quelque chose se décomposait, mais je ne savais pas si c’était dans mon corps ou si c’était lié à des événements. Le savoir était ambiguë, car plus je me le demandais et plus je ne trouvais rien et que je me « mordais la queue. »
Mais cette gêne était bien présente et je ne savais pas du tout comment je devais la considérer, l’analyser et comment y réfléchir. Je n’avais pas de début à me mettre sous la dent.
Pourtant quand j’observe autour de moi, je perçois bien tous les petits changements qui s’accumulent et cela me touche énormément.
Mais, voilà, je ne peux rien y faire, ça je le sais, c’est ainsi.
Pour me rassurer je me dis que cela fait partie des aléas du bénévolat. Mais, j’ai cette espèce de lourdeur qui est là car je me dis que je me suis donné beaucoup de mal pour aller de l’avant et que ce que j’ai pu gagner est bien fragile, et que ça me tire vers l’arrière, ce que j’ai beaucoup de mal à supporter.
Je me sens gagnée par des moments de mélancolie et de tristesse. Alors je sais que je dois redoubler d’efforts pour ne pas me laisser emporter et pour maintenir le cap !
Je sais que je peux être complètement déstabilisée quand j’ai été touchée et je dois faire barrage pour justement éviter que cela ne prenne des proportions importantes dans ma tête. Je dois rebondir ! Aujourd’hui je vais donc dessiner ce ressenti au moment de mon réveil : me sentir décomposée.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Même si cela me faisait mal, j’avais envie de faire une production colorée et peut-être aussi “rigolote”.
Dans ma tête je voyais un ruban qui se déroulait et j’avais envie de dessiner un visage qui se cacherait.
J’ai donc pensé que je pourrais dessiner un corps en forme de ruban y compris le visage décomposé mais que les morceaux resteraient emboîtés. Ils ne pouvaient pas être éparpillés, car c’était trop angoissant pour moi, à ce moment-là.
Dans tous ces rubans et dans ces morceaux emboîtés, on verrait apparaître derrière le premier visage principal, un autre visage mais qui serait beaucoup plus petit et qui serait dessiné penché avec juste une petite bouche et sans aucune autre émotion. Ceci exprimerait le fait que je ne sais pas trop ce qui se passe avec cette décomposition que j’ai ressentie de ce matin.
Pas vraiment de bras, juste ces petites formes de chaque côté qui pourraient nous y faire penser. Par contre des pieds, car je me déplace et puis c’était important ce matin, plus que que les bras et les mains qui n’existent pas. Je n’y ai pas pensé.
Pour les couleurs, je voulais des couleurs douces mais il fallait que je mette ces touches plus vives de rose et de vert. Je ne voulais rien faire de logique et c’est pour cela que les deux pieds ne sont pas de la même couleur. Je ne veux pas qu’on me gouverne, qu’on me dicte ma conduite. Je veux faire comme je veux, comme je sens.
Je me sentais agacée et pourtant je préférais me taire, ravaler ma salive et me renfermer. J’avais mon pinceau, mes couleurs, mon monde. Mais cependant, si je pouvais prendre un couteau et arracher mon cœur pour ne plus avoir mal je le ferais.
Pour les finitions j’ai pris les gros feutres, car pour moi je devais finir les contours de mes formes, comme pour bien bien faire apparaître les limites à ne pas dépasser et que celles-ci devaient apparaître sur ma création.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Production conçue sur feuille de format de 50 x50 cm à grain fin, peinture aquarelle, crayon de papier. Gros feutres de couleurs.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Les couleurs sont sur ma forme. Je sens beaucoup d’angoisses. Mais après j’aurais envie d’écrire rien de nouveau, ce qui m’aurait inquiétée, c’est que je n’aurais pas aimer prendre mon pinceau. Ma production me fait rire et me fait oublier un instant cette douleur qui ne me quitte guerre. Je remercie mon pinceau alors d’exister. Je remercie pareillement les couleurs.