BMP – Quand tu ne veux rien montrer !


Parfois quand on se sent blessé par une phrase, quand la souffrance alors se manifeste, on essaye de tourner le dos, de regarder droit devant, de continuer comme si de rien n’était. C’est peut-être de l’orgueil je n’en sais rien, mais pour moi cela m’évite de tourner en rond dans ma tête. C’est ce côté, je ne veux rien laisser apparaître et c’est parfois mon choix, parce que comme ça je ne gênerai personne et ne toucherai pas d’autres personnes, parce que ce n’est pas constructif.
Je peux ainsi montrer que je suis grande enfin parfois, même si je sais que je n’ai rien à prouver comme me l’écrit parfois Emmanuelle. Parce qu’on est plus un enfant etc. Mais voilà par moment encore on a ce besoin de dire les choses.
Mais ça aussi quand je vais bien sur l’instant présent, je comprends que c’est aussi de cette façon que les mères nourricières m’ont fait entrer dans le « crâne », que je devais tout dire et ne rien cacher. Parfois mon cerveau l’oublie et parfois non.
C’était comme si j’avais deux “présents” en moi  dans ce moment-là.
– Le présent, le moment du ressenti actuel, dans la situation et l’envie de tourner le dos, pour ne pas montrer ce qui se passe, ou de dire etc.
– Puis en même temps, le « tu » dois regarder malgré tout droit devant. Il y a en même temps le négatif et le positif qui se mélangent. Là c’est plus complexe.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, mon idée était donc de dessiner un corps assis sur une chaise et qui tourne le dos. Sa posture qui regarde le fond de mon dessin coloré avec cette petite lueur blanche et qui traduirait le premier présent. C’est l’ensemble qui fait que…
Le deuxième présent de l’instant, présent mélangé, qui se montre plus compliqué, celui-ci apparaîtra et se fera parler par le dos de la personne marqué par les morceaux. Là ce n’est que le corps qui se fait entendre pour faire apparaître ce qui est complexe sur le moment présent.
Pour concrétiser les couleurs de mon esquisse, pour retranscrire le présent du moment où je dois regarder droit devant et continuer dans le constructif, je l’ai fait apparaître dans le fond de mon dessin avec du bleu, jaune vert, le tout mélangé. Ce qui fait apparaître un fond pour mon dessin dans des couleurs.
Pour le côté plus sombre de l’autre présent toujours sur le moment, j’y ai déposé du gris avec mes crayons graphics, accompagné d’une couleur plus claire, limite peau.
Même si c’est du négatif, je ne suis pas obligée de mettre du noir ou du rouge.
Pour le reste de mon dessin, du marron pour la chaise.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic HB, 3B.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Même si dans ma tête parfois c’est compliqué même dans le temps présent, car je suis ballottée entre le constructif et le plus sombre, j’essaie de ne pas me laisser accrocher à toutes mes angoisses divers et j’en passe. Mais voilà… parfois…
Je sens malgré tout une angoisse en regardant mon dessin, je vais donc faire un des exercices du livre « Gérer la dissociation d’origine traumatique », « l’ouïe ». Pour ne pas partir dans un délire. Je vais essayer.

BMP – Quand je suis dans le brouillard le matin en buvant ma Ricorée


Quand je me lève le matin et que je ne sais pas trop où je suis, et où j’en suis, c’est-à-dire ne pas savoir si je suis dans le passé ou dans le présent et ce que je dois faire, c’est complexe.
Certes, il y a des matins où ça va : mon cerveau est à l’endroit et bien dans le présent et tout fonctionne à peu près bien. Mais il y en a d’autres, où quand je me lève, je suis perdue. Par exemple, je ne sais plus comment faire fonctionner le micro-onde, savoir où sont les robinets, oublier quelle position donne l’eau chaude, ou encore comment fermer un robinet. Cela c’est hélas plus que fréquent dans ma salle de bains.
Pour trouver les mots, c’est la même chose. Mon vocabulaire s’envole et je suis comme une petite fille, à balbutier.
Dans ces moment là, il me faut plus de temps pour réagir et agir. Je dois attendre que ce brouillard dans ma tête se dissipe.
Mais, le plus étrange, c’est que quand je suis ainsi, d’une certaine manière c’est normal pour moi et je ne me rends pas compte qu’il y a un problème. Ce n’est que quand je recommence à approcher du présent, que je me rends compte que ça ne va pas.
Mon dessin sera donc de dessiner cet état de flou dans ma tête le matin, quand je bois ma Ricorée.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Mon idée était de dessiner un visage en train de boire une Ricorée.
Je devais donc dessiner le fait de boire et donc de tenir la tasse et aussi de faire apparaître cet effet de brouillard, quand j’aborderai la finition de mon dessin. Je voulais également faire apparaître un début de corps : le haut des épaules.
J’ai donc commencé par dessiner ce que j’avais prévu et ce n’est qu’après, petit à petit, que j’ai fait apparaître les détails. Par exemple les traits sur les doigts, ou le renforcement de certains traits.
Pour les couleurs, j’ai choisi de prendre les crayons de papier pour jouer avec les ombres et les nuances de gris.
J’aime bien poncer avec mes doigts, pour rendre un effet plus net mais aussi pour faire apparaître encore plus ces nuances dans le gris.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, 3B, 6B, 4B, HB

Que ressentez-vous en regardant votre production?

Quand j’observe mon dessin de loin, il me fait sourire. Je garde le sens de l’humour, c’est important.
Je me disais oui c’est cela, mais même si j’angoisse, que je suis terrorisée par moment. J’y suis pour l’instant dans le temps présent et c’est cela que je retiens !