BMP – Un morceau de ma tête qui se décolle

Tête qui se décolle
C’est une impression qui peut se déclencher n’importe quand et il me semble qu’un morceau de mon visage se décolle et part vers l’avant.
Quand cela arrive, il y a en moi une sorte de décalage : par exemple quand je veux construire une phrase, il y a ce manque et ce manque je le sens en moi, mais il n’a rien à voir avec ce vide qui lui me provoque un mal être. Je commence à trouver les mots, ma phrase est là, mais en moi je sens que cette force est là comme pour essayer de rattraper, retenir les mots afin que ma phrase puisse rester en un seul morceau. Il en est de même quand j’ai une idée qui me vient. Ou bien même quand je réfléchis, une impression qu’il me manque des cases.
Il existe dans ma tête un endroit où le froid s’est installé mais pas partout. Une barrière lourde se forme et je sens des morceaux qui s’étirent dans mon cerveau. Mais cette douleur bien délimitée, je pourrais la montrer avec mon doigt si on me le demandait.
Ce morceau qui se décolle de ma figure reste attacher mais il s’étire comme s’il avait en lui une rallonge élastique. C’est assez effrayant et angoissant.
Mon dessin sera donc de représenter cette sensation.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je devais dessiner ce décollement et bien le délimiter.
J’ai donc dessiné un visage dont la moitié se décolle et part vers l’avant. Mais comme ce morceau n’est pas complètement détaché, je l’ai dessiné retenu par ces espèces de « lianes élastiques” et aussi comme c’est bien délimité, par une bordure noire.
Puis j’ai continué mon dessin, avec un début de forme d’un haut d’un corps, le devant et l’arrondi d’une épaule.
Pour les couleurs, j’étais très attirée par le rouge, rouge qui fait parler la force, pas forcement de la colère, car je ne ressens pas celle-ci. Mais le rouge reste bien dominant en moi.
Je n’ai pas posé mon rouge pur, je l’ai transformé en un dégradé. Pour le reste des couleurs marrons et noires.
Pour le fond de mon dessin, c’est le bleu qui s’est imposé à moi.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 3B. Peinture aquarelle. Pastel sec.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Ma première réaction est de me dire que malgré tout mon visage est entier, il est juste en mode élastique. Je me suis dit que si finalement je gardais ma tête dans le présent, je pouvais sourire. Quelle drôle de réaction ! Quant à l’angoisse, elle joue au yoyo tout comme le reste des symptômes.

BMP – Un dessin fait sur le moment


Je n’arrivais à rien et j’avais comme l’impression que ma tête tournait en rond sur elle-même en se déformant légèrement tout en restant en un seul morceau. Il me semblait que je la tenais dans mes mains, mais que je ne savais pas quoi en faire tout comme quoi faire de cette tristesse qui s’était infiltrée dedans.
Puis j’avais envie de faire apparaître du moche, du pas beau, et beaucoup de rouge. je ne voulais pas attendre, alors c’est un dessin fait sur le moment.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je ne devais pas perdre de vue que ma tête restait en morceaux, même si dans son intérieur tout est emmêlé parce que c’est cela que je ressens comme sensation. Rien ne tient debout et rien n’a aucun sens. Tout est sans queue ni tête. Je ne sais pas où est le début, de je ne sais pas quoi d’ailleurs.
Alors j’ai donc commencé à faire apparaître cette tête, mais en un seul morceau, mais rien de l’extérieur n’est vraiment à une place dans la continuité. Ça bouge, d’où le fait d’avoir dessiner plusieurs visages.
Il n’y a pas de violence à part cette envie de rouge et cette tristesse que j’ai exprimée avec cette larme. Mais je ne sais pas, il y a cette froideur qui est là qui parfois se montre bien présente comme pour pousser cette tristesse vers un ailleurs bien loin.
Mais cette froideur, je ne la sens pas rassurante. Elle est là et elle ne peut pas s’échapper car ma tête je ne peux pas la mettre en morceaux. Tout reste en entier.
Ce froid se mélange avec tout ce qui s’est déjà emmêlé dans l’intérieur de celle-ci.
Il n’y a pas de violence. Je ne sais pas pourquoi c’est si important de l’écrire mais aussi, de l’écrire à vous qui regardez cette composition, mais je le fais.
Pour terminer mon esquisse, j’ai dessiné des mains, car je ne savais pas où mettre ma tête dans ce moment-là précis. Je ne voulais pas non plus qu’elle finisse en morceaux et pourtant je n’étais pas plus rassurée. Mais ces mains je les ai dessinées. Un filet ? Peut-être.
Pour les couleurs, j’ai donc mis la couleur rouge qui m’envahissait cette tête. Mais un bleu est venu faire interférence. Cela, c’est assez angoissant car je trouvais qu’il provoquait une cassure dans mon rouge, rouge orangé.
Dans ma tête c’était l’intrus du moment présent. Mais ce bleu, lui ne me parlait pas dans ma tête avant, il est venu comme ça, boum d’un coup, comme si je n’avais rien vu arriver. Mais ce n’est pas mon idée, mon idée à moi, Béatrice, et de ça, je suis certaine. Seulement cette intrusion est là et je dois faire avec.
Finalement je l’appellerais l’inattendu de l’instant, je le regarderais comme une pointe d’air, une pointe de douceur. Ça sera je pense juste ce petit détail qui n’aura rien de négatif dans mon dessin.
Pour le reste pour recouvrir les mains, du blanc et du gris. Car je ne savais pas quoi mettre d’autre rien ne me parlait sur cet instant présent.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 3B. Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde mon dessin et je voudrais attraper cette larme pour ne pas la laisser s’étendre sur le sol. Après je me dis que je dois remettre ma tête à sa place et non la garder sur mes mains. Quelle idée ! Et le pas beau ?