BD – Un atelier de lettres et de couleurs pour les personnes migrantes à Tours

BD – Un atelier de lettres et de couleurs pour les personnes migrantes à Tours
Une religieuse qui a été de passage à La Table de Jeanne-Marie et avant de partir à Rome, avait laissé des petites phrases :
– Partage ton pain comme ton amitié.
– Certains ont la nourriture d’autre l’appétit.
Bienvenue à Tous.
Mais les feuilles sur lesquelles étaient ces phrases se sont abîmées au fil du temps, et la Présidente de l’Association, m’a demandé de remettre ces phrases en valeur. Certaines ayant été même mises à la poubelle.
L’atelier d’aujourd’hui a été de reprendre toutes ces phrases, pour les remettre en valeur.
Nous étions 14 personnes autour des tables, et toutes les mains se sont mises au travail.
Je savais d’ailleurs comment j’allais m’organiser, pour redonner vie à toutes ces phrases.
Tous les participants étaient heureux de faire ce travail, recopier les phrases, les mettre en valeur.
Les phrases étaient donc réécrites, mais avec de la couleur et des paillettes; et ces phrases plaisaient à tous.
Les mots prenaient place dans la construction des phrases, ce côté ensoleillé de la lecture se faisait entendre dans les bouches des personnes.
Les phrases étaient là et vivaient aussi à l’intérieur de toutes les personnes qui leur donnaient vie. Le regard des autres personnes était là et observait cette nouvelle naissance.
Maintenant les phrases sont là, elles existent à nouveau, et elles ont repris leur place sur les murs de l’association La Table de Jeanne-Marie.

BMP – Des couleurs dans une forme de mouvement de dissociation

BMP – Des couleurs dans une forme de mouvement de dissociation
Comme je travaille sur le livre « Gérer la dissociation d’origine traumatique », je continue donc dans ce même sens et mouvement j’écrirais que c’est un dessin pour clôturer le chapitre des limites.
Cette fois, c’est peut-être un dessin différent, moins violent et moins en morceaux. Par moment, je me dis qu’il faut apporter un peu de gaîté dans ce phénomène de dissociation.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre dessin ?

Pour concrétiser mon esquisse, mon idée était de rester dans le mouvement, la gaîté mais aussi dans une espèce de danse de dissociations, danse car quand j’ai des dissociations qui se suivent, ça me donne un peu cet effet là.
Pour donner du poids à cette esquisse, je souhaitais exprimer le fait que tout se passe en moi, que cela ne concerne pas la personne qui est à côté de moi, à ce moment-là. Mais que c’est un mouvement comme un défilé, quand les dissociations se montrent trop violentes.
J’ai donc commencé par faire apparaître un corps principal d’où sortent d’autres formes debouts, parfois légèrement dessinées, penchées sur le coté. Un peu majestueux comme le fait une danseuse dans une pose. Puis à cours de création, j’ai rajouté un visage principal qui maintient le corps principal et j’en ai fait apparaître d’autres, dans les divers mouvements qui retranscrivent les phénomènes de dissociation.
Pour les couleurs de mon esquisse, là je ne voulais que du coloré mais pas vraiment quelque chose de réfléchi, car les dissociations c’est cela, elles apparaissent comme ça, dans un mouvement non contrôlé, et hop elles repartent se cacher dans notre corps, notre cerveau, pour revenir.
Je voulais qu’on puisse changer de sens ma composition, mais tout en gardant ce mouvement. Je voulais retranscrire que les dissociations peuvent apparaître même en position allongée.
Tout dans les couleurs et le mouvement.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Peinture aquarelle, crayons de papier : HB

Que ressentez-vous devant votre dessin ?

Quand j’observe ma production, je me dis que ce n’est pas certain que l’on puisse percevoir le phénomène de dissociation que je voulais traduire par ce dessin. Mais le mouvement est là et mon dessin est coloré.
Moi je sais ce que je voulais retranscrire mais cette fois-ci, comme je l’ai écrit, dans une façon plus construite et moins violente et j’y suis arrivée.
Après libre à chacun d’imaginer d’imaginer à sa façon. L’art c’est cela, une totale liberté.