BMP – Une façon de percevoir la manipulation

BMP – Une façon de percevoir la manipulation
Cette idée m’est venue, car j’ai chez moi un Rubik’s Cube. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. Peut-être étais-je angoissée ? Mais quand j’ai commencé à faire tourner cet objet, cette idée est venue.
La manipulation, c’est quoi finalement ? Que cela soit aussi bien pour les hommes que pour les femmes c’est une emprise que l’on exerce sur une personne dans le but de contrôler ses actions ou ses sentiments. En fait, on lui fait tourner son cerveau comme une girouette, comme on fait tourner les faces du Rubik’s Cubes. La personne est perdue, elle ne sait plus où elle en est et donc elle plonge droit dans la mauvaise direction qu’elle pensait de bonne, de bien, mais finalement cela va se montrer destructeur.
La manipulation touche le mental, elle désigne une tentative de prise de contrôle de notre esprit. Celle-ci est donc une manœuvre mentale, trompeuse, voire très perverse.
Je n’aime pas la manipulation, car j’ai l’impression que la personne peut rentrer complètement dans mon cerveau, mais aussi dans mon corps. Ça détruit, car dans ces moments-là, ton cerveau, ton corps ne t’appartient plus, ni ton esprit. Rien. Tu n’es plus rien. Les agresseur.e.s ont une telle attitude. Je ne parlerais pas d’une bonne manipulation parce que pour moi, c’est toujours mauvais. Par contre, rien à voir à influencer une personne, qui à mon avis serait plus positif, car là, j’écrirais qu’influencer une personne, c’est l’orienter, la convaincre vers une décision qui va être bonne pour nous, mais aussi bénéfique pour l’autre personne. Ce mouvement d’influence sera plus sain, plus structuré et honnête.
J’aime bien jouer avec le Rubik’s Cubes, cela m’aide à travailler ma concentration, et mon observation. Mais après cette idée de manipulation qui m’est venue m’a angoissée, je l’ai donc  posée sur une étagère et je n’y ai plus touché. Je ressentais un malaise. C’est à ce moment-là que je me suis dit : « pourquoi » ne pas dessiner une forme qui retranscrirait ce mouvement d’être manipulée ? »
L’idée était donc que le Rubik’s Cube remplacerait la tête de la personne qui est manipulée.

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

J’ai donc fait apparaître en premier le Rubik’s Cube. Ensuite, j’ai dessiné toutes les mains autour de ce cube. Je les ai positionnées de manière à ce qu’on puisse comprendre qu’elles bougent et qu’elles font bouger ce cube qui remplace la tête de la personne qui est en train d’être manipulé par toutes les personnes qui sont ici représentées par les mains. Puis j’ai continué et j’ai terminé en faisant paraître le début d’un corps. Pour les couleurs afin de recouvrir mon esquisse, j’ai pris ce qui me parlait sur l’instant présent. Un moment donné, il y avait le rouge et le noir qui étaient très présents dans ma tête, mais ça s’est estompé petit à petit avec le mouvement de mon pinceau qui me paraissait plus apaisant. Une fois après avoir terminé de déposer, mais toutes mes couleurs sur mon esquisse, je l’ai posée sur le chevalet. Je voulais observer à quel niveau je devais faire quelques finitions. D’ailleurs, celles-ci ont été faites aux feutres et avec un marqueur noir.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette production a été conçue sur une feuille de 36 x 46 cm. Comme médium, j’ai utilisé de la peinture aquarelle, des feutres pinceaux et un marqueur noir. Et un crayon HB.

Que ressentez-vous en face de votre création ?

Je regarde le dessin de loin sur le chevalet. Je n’ai qu’une envie, c’est de le mettre en petits morceaux. Même si j’ai collé mon idée sur ma feuille par un dessin, l’angoisse est toujours là. Mais elle est beaucoup moins forte. Par moments, je me dis que pour ne pas être manipulé, il faut éviter de trop parler. Ainsi, les mots ne sont pas détournés et on ne rentre pas dans ton cerveau. C’est peut-être violent. Mais je dois dire que la manipulation est pour moi une source très anxiogène et cela me terrorise toujours autant. Parfois, je me dis que je fais des liens bizarres, comme là avec ce Rubik’s Cube, mais cela a permis de revenir sur un sujet important, que tout le monde a « subit » ou a eu la manipulation comme attitude un jour.

BMP – Nénuphars

BMP – Nénuphars
Je souhaitais refaire un tableau, qui soit un peu comme « fleur d’été » :

BMP – Fleurs d’été

Mais avec un graphisme plus développé.

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Mon souhait, pour cette nouvelle production, était qu’elle procure, par le mouvement des formes et des couleurs, de la douceur, de l’apaisement et même une sensation d’apesanteur.
L’idée était de me centrer sur la nature, par exemple, des nénuphars, des fleurs, qui permettraient de s’évader, partir dans un jardin, un jardin d’un autre monde. Puis, je me suis dit qu’il serait bon de rajouter une petite pointe de musique et donc un violon. Mais tout cela sans insister dans les formes. Celle-ci devaient rester dans une grande légèreté. Un moment de laisser-aller, mais pas complètement de lâcher-prise.
J’ai commencé, j’ai pris mon crayon et j’ai fait apparaître les nénuphars. Puis j’ai positionné la petite femme qui est un peu comme une fée et qui jouera de la musique avec un petit violon. Je fais appelle peut-être à un peu plus d’imagination.
Ma base était déposée sur ma feuille, j’ai alors pu agrandir mon esquisse avec d’autres formes, qui permettent de se déplacer dans le temps et dans l’espace.
Une fois mon ébauche terminée, j’ai déposé les premières couleurs, avec comme médium de la peinture aquarelle, avec un pinceau très fin au bout arrondi.
Je n’ai jamais quitté mon idée de légèreté, de calme, de sensation d’apaisement et les couleurs devaient accompagner cela, le mettre en valeur. Nous devions nous sentir comme bercés dans ce jardin poétique.
J’ai donc choisi du bleu, du jaune, du vert, du rose, du violet, du rouge avec une petite touche d’orange, en me laissant prendre par la douceur de l’été qui était derrière la fenêtre. Une fois mon esquisse recouverte de son manteau de douces couleurs, j’ai utilisé des feutres à pointes fines pour terminer.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Création conçue sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon à papier HB. De la peinture aquarelle. Feutre à pointe fine.

Que ressentez-vous en regardant votre composition ?

J’ai posé mon tableau dans un petit coin de mon jardinet et je le regarde de loin. Je trouve qu’il va bien avec cette douceur de l’extérieur et aussi avec ce petit vent léger. Plus je le regarde et plus il me semble qu’on ressent la fragilité. Je ne vais pas parler de ce qui se passe dans mon cerveau et dans ma tête. Je préfère écrire : Ce fût un moment de pause agréable.