BMP – Visage légèrement couché, maintenu par une main cachée

BMP – Visage légèrement couché, maintenu par une main cachée

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Je souhaitais donner naissance à une composition avec un léger mouvement de bras ou de main. Mais finalement cela ne s’est pas fait. Mais il est né une autre forme de création avec une pointe « d’aucun sens. »
Comme d’habitude, je m’installe derrière ma table à dessin que j’ai changée de place. Comme elle est sur roulettes, c’est facile de la déplacer. Elle est orientée face à la fenêtre qui donne devant le jardinet. Un petit peu de musique et hop me voilà partie.
La feuille blanche était donc devant moi et j’avais également ce soleil qui jouait à cache-cache, il venait me dire bonjour en jouant.
Je commence donc à faire apparaître les premiers coups de crayon, qui au début n’apportent aucun sens. Mais je continue sur ma lancée. Parce que je me disais que de cet « aucun sens » allait finir par faire apparaître une esquisse.
Après plusieurs tracés sur ma feuille, j’essaye de les rassembler tout en rajoutant d’autres, pour bien consolider ce début de forme. En fait, j’avais l’impression que je devais laisser entendre et retranscrire le mouvement de cet « aucun sens » se mélanger avec la trace de la mime de mon crayon à papier. Un duo auquel je n’avais pas pensé.
Plus je ressemblais ces morceaux sur ma feuille, morceaux qui prenaient un sens, plus je percevais un visage légèrement couché prendre forme. Et il y avait cette espèce de bras plié qui me semblait maintenir cette tête par l’arrière avec au bout une main cachée. Pas question de la changer.
Mon ébauche était bien partie, mais il me manquait une deuxième main et c’est là que je l’ai fait apparaître. Celle-ci me semblait légèrement rigide. Mais à ce moment précis, il me fallait une main que l’on puisse bien voir et non derrière une tête, même si celle-ci me semblait avoir bien trouvé sa place pour maintenir ce visage.
Mon esquisse me semblait terminée, je l’observe et je trouvais que ce mouvement, que ça soit au niveau de la tête ou de la main me semblait bien s’intégrer dans cet instant présent. Alors ça me convenait et je suis donc passée à déposer les premières couleurs. Avec comme médium un mélange de peintures aquarelles et de feutres aquarelles.
Je souhaite y déposer le plus de couleurs possibles.
Par ailleurs, concernant cette main rigide qui se trouve aux premiers plans, il me semble nécessaire de la peindre autrement. Je me sentais plus rassurée. Petit à petit le manteau trouvé, ces couleurs, quelques finitions ont été faites au feutre noir et de couleur pour dessiner quelques formes sur les deux joues.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Création conçue sur une feuille de format de 36 x 46 cm. Comme médium : de la peinture aquarelle, feutres aquarelles et crayon HB pour mon esquisse.

Que ressentez-vous quand vous êtes devant votre création ?

J’observe ma production de loin. Dans ma tête, c’est la danse des pouls. Je me sens envahie par plusieurs tapotements. Cela ne déclenche pas de douleur, mais ça me fait bizarre. Mais là, dans ma tête, subitement je ne sais plus tout est embrouillé. Je regarde à l’extérieur le soleil est présent c’est chouette !

BMP – Quand le temps se perd !

BMP – Quand le temps se perd !
Même si, comme je l’ai déjà dit, j’essaie d’avancer toujours un peu plus, de faire chaque jour un pas de plus, il m’arrive hélas de me perdre dans ma tête, mais aussi avec le temps.
C’est quelque chose qui, depuis les complications médicales, perdure, parfois de manière violente, parfois un peu moins. Et de temps en temps, c’est gérable.
Par moment, je me dis que c’est l’une de mes parties émotionnelles  qui se manifeste, mélangée avec le moi Béatrice présent. Des dissociations, j’en ai tous les jours, mais jamais les mêmes. Occasionnellement, je m’amuse en disant qu’elles pourraient remplir tout un livre de couleurs multiples, de dégradées et même faire naître de nouveaux tons et donc inconnus. Je souris en écrivant cela, je perçois sur cette feuille qui m’est parfois trop blanche une nuée de couleurs toutes différentes. Un mouvement chaud, soyeux et doux.
C’est une façon de regarder cette situation plus calmement. Je ne me plains pas, mais échanger sur ce fait, au moins l’aborder, cela peut aider à le vivre avec moins de frayeurs. Mais aussi cela pourrait peut-être rassurer les personnes qui vivent avec des dissociations et qui n’osent pas en parler ou échanger etc. et cela pour plusieurs raisons. Le « aucun jugement » et de mise.
Je vais, en conséquence en ce jour, trouver une forme pour évoquer « se perdre dans le temps ».

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Pour concrétiser mon ébauche, puisqu’il s’agit du temps, je voulais incorporer des heures, des pendules, former également des morceaux, car tout part en vrille quand je suis dans un autre moi-même.
Surtout je ne devais pas oublier de rajouter du mouvement, pour évoquer ce passage du passé au présent, du présent au passé. Le présent par exemple, c’est le fait d’avoir pu mettre en forme cette création. Je me devais de rajouter un corps de femme légèrement en mode morceaux, car quand je me dissocie je me perçois ainsi.
J’ai commencé, au départ, par dessiner ce corps, puis j’ai positionné mes pendules et  j’ai terminé par toutes les autres formes. Pour recouvrir mon esquisse de sa couleur, comme médium de la peinture aquarelle et des feutres aquarelabes.
Quelques finitions ont été faites aux feutres noirs par-ci et par là.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette production a été conçue sur une feuille blanche de format 36 à 46 cm.
Comme médium de la peinture aquarelle et des feutres aquarelles. Un crayon HB pour mon esquisse. Un feutre noir pour quelques finitions.

Que ressentez-vous quand vous regardez votre création ?

J’observe ma production posée sur le chevalet. Je me demande qui peut se rendre compte que j’ai abordé les dissociations et le temps… Et là, je me sens rassurée. En fait, quand j’arrive à dessiner sur les dissociations, ces dernières m’effrayent moins. J’apprécie de dessiner une touche d’humour, mais surtout aussi à faire naître une composition hors du commun.
Finalement, nous sommes toutes et tous uniques, c’est cela aussi qui forme notre empreinte !