BMP – Volume aux ballons


Dire ce qui s’est passé réellement est impossible. Je ne me souviens plus de ce qui a mis en route la l’évolution de ce volume, mais je sais que ça s’est terminé en couleur, et donc avec une touche d’originalité. C’est un de mes vieux châssis que j’ai récupéré et je l’ai transformé !
C’est peut-être lié à une de mes parties émotionnelles, qui s’est comme réveillée et a voulu se manifester pensant que je travaillais mon esquisse sur le déni. Comme une petite vague de folie qui s’exprime 🙂
On pourrait dire que c’est le retour de la petite sorcière, cette partie de moi qui aime jouer avec les matériaux 🙂

Voici les étapes dont je me rappelle.

• Je me suis installée dehors du moins pour le début du travail.
• J’ai étalé le produit Gesso de couleur blanche sur tout mon tableau avec un pinceau.
• Ensuite, je ne sais plus…
• Puis, j’ai pris mes bombes de couleurs en spray et j’en ai passé une petite couche fine sur ce produit Gesso. Tout le tableau a été recouvert.
• Mais en moi, je ne ressentais rien. C’était comme mort.
• Alors, j’ai décidé de recommencer à zéro, en procédant de la même façon, mais pas pour les couleurs en  bombe. J’en ai utilisé des plus douces. Et là, dans ma tête, ça me convenait mieux. Le mélange final, qui ressortait de ce tableau m’allait bien et du coup je me sentais d’avantage présente.
• Je voulais continuer mon « expérience » ma pulsion n’était pas rassasiée.
• J’ai donc gonflé des petites ballons de couleurs. Je voulais m’en servir comme des pinceaux, mais je ne savais pas quel motif imaginer. Sauf qu’il y a toujours en moi l’idée du mouvement. Et je me disais que mouvement, c’est créer, c’est faire naître de la vie, c’est laisser une trace de l’instant présent.
• Et je ne voulais pas que mes ballons aient tous la même grosseur. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais dans ma tête c’était comme cela. Je sentais bien que je ne devais pas contrarier cette idée. Je devais la laisser se développer, et s’exprimer même si je ne comprenais pas pourquoi.
• Une fois mes ballons gonflés je les ai mis de côté. J’ai mis sur la table des assiettes avec de la peinture acrylique et de la peinture gouache…
• J’ai pris un des ballons et je l’ai plongé dans une des couleurs. Je me suis amusée à laisser des “empreintes » sur mon tableau. Sans trop réfléchir mais en gardant l’idée de choisir des couleurs gaies. C’était important pour moi sur le moment présent.
• Et pour terminer sur une petite touche d’originalité : tous ces ballons je les ai incorporés dans mon tableau, c’était la petite touche final. Mon tableau était né.

Matériaux utilisés

Châssis de couleur blanche en toile de coton 40 cm sur 40 cm
Gesso de couleur blanche ; Apprêt tous support
Peinture acrylic : Vert, beige, rouge, violet, rouge
Peinture gouache fine technique : Jaune, Bleu, orangé
Bombes de couleurs en spray.
Ballons de couleurs
Assiette en plastique
Pinceau pour colorer à cheveux
Eau

Qu’avez-vous ressenti ?

• Au début de la mise en route de ce volume, je ne saurais pas vraiment expliquer.
• Mais après, je pense que mon côté « petite fille » était présent. J’écris cela car ce rendu ne paye pas de mine, mais il est à la fois gai et aussi mystérieux.
Je dirais que c’est à chacun d’imaginer à quoi lui fait penser ce qu’il regarde.
• Par moments je me suis demandé ce que j’avais ou ce que j’étais en train de réaliser.
• Par moments je ne me rendais pas même pas compte que j’étais dehors, je ne ressentais pas le froid.
• Par moments je me voyais loin de mon objet, je ne pouvais pas l’attraper.
• J’avais l’impression que mon corps était très lourd et qu’il ne pouvait se déplacer. Je ressentais le besoin de me rassurer, mais je ne sais pas de quoi j’avais besoin de me rassurer et pourquoi.
• Par moments mes mains fonctionnaient toutes seules. Un robot était en elles.
• J’ai ressenti des moments de blanc, accompagnés d’incertitude, je n’étais pas rassurée.
• Par moments je me demandais qui jouait, mais aussi qui s’imposait dans ma tête.
• Par moments mes mains étaient lourdes à bouger, et pourtant je ne ressentais pas pas le mouvement quand elle se déplaçaient.
• J’ai eu des dissociations, mais je ne saurais pas dire à quels moments. Je sais juste que je me perdais régulièrement dans ma tête, au point de ne plus me rappeler à quoi correspondait mes gestes, y compris pour leurs déplacements.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

• En regardant ce volume, je le trouvais apaisant, accompagné de ce côté “enfant ».
• Je ne suis pas effrayée de ne pas avoir tout compris de ce qui se passait dans ma tête. Cela me fait drôle de ressentir quelque chose d’inconnu en moi. Je me suis dit ça va être le travail pour commencer la semaine. Je ne sais pas, je voulais le poster à l’envers ce volume, mais ça aller savoir pourquoi…:)

BMP – Reprise du dessin sur le mot dérive

C’est le commentaire de Sabrina qui est à l’origine de ce dessin. Voilà ce qu’elle m’avait écrit :

“Vous avez très bien fait en dessinant en noir et blanc, car les couleurs ne venaient pas à ce moment-là dans votre tête. Mais pour surmonter cette colère et ne pas donner plus d’énergie et de raison à cette personne, vous pourriez lentement mettre des couleurs. Je commencerais par colorier les lignes dessinées sous les doigts. Vous pouvez utiliser les aquarelles qui sont un matériel plus doux si vous avez mal à la main. Comme ça, en mettant des couleurs sur le dessin, vous vous sentirez triomphante de ce mot et de cette personne. Ce mot vous a touché mais vous pouvez bien le diluer grâce à l’eau de vos aquarelles ».

J’ai donc repris mon dessin et essayant d’appliquer la consigne de Sabrina.
Béatrice voudrait comprendre certaines de ses réactions, mais beaucoup de questions font surface en même temps. Et cela est difficile à gérer et a une incidence sur ma concentration.

Matériaux utilisés

Aquarelle conçue sur feuille de format de 50 x70 cm à grain fin.
Je me suis servie des couleurs aquarelles suivantes : blanc de Chine,  noir d’ivoire.
Crayon HB, 2B, 3B, 9B.
Et repris par de l’aquarelle.

Qu’avez-vous ressenti ?

1 – Je n’arrivais pas mettre une forme pour exprimer ma colère.
2 – Dans ma tête je n’arrivais pas à réfléchir et mettre un mot sur une émotion concernant le mot qu’a utilisé cette personne pour qualifier mes troubles. Peut-être colère et tristesse, je n’en sais rien.
3 – Je me suis sentie dégoutée de moi. La douleur dans mes mains et mes difficultés à me servir de la main gauche, n’arrange rien.
4 – Je me disais que ce mot « dérive » avait touché la personne que je suis. C’est une espèce de découverte et je ne comprends pas pourquoi je n’arrive pas à y mettre une émotion.
Est-ce une incapacité ? Un interdit ? Une frayeur de quoi ou pourquoi ? Je ne suis pas capable de le savoir.
5 – Je sentais dans ma tête que de réfléchir était lourd à réaliser, je ne savais pas quelle direction je devais prendre, je cherchais un début et une fin pour y arriver.
6 – Diluer ce mot « dérive » dans l’aquarelle, je ne savais pas trop comment m’y prendre, c’était plus la couleur rouge qui prenait le dessus sur cette situation.
7 – Un moment donné il m’est venu l’idée de recouvrir tout ce dessin d’un manteau ; je me voyais nue et effrayée et je me suis perdue dans ma tête. Je ne sais plus si à ce moment-là j’étais dans le passé ou dans le présent.
8 – En moi j’ai cherché aussi un mot qui pouvait être plus fort que la mort, je ressentais le besoin de me rassurer, mais vous expliquer sur quelle situation, ça aussi ça reste compliqué en ce moment.
9 – J’ai eu des moments de dissociations, mais je ne sais pas si c’est la douleur qui devenait plus forte qui en était la cause, ou si c’était le fait de ne pas ressentir ma douleur psychologique face à ces diverses situations.
10 – Je hurle dans ma tête, je ressens ce passé qui n’attend que cela me ramener dans l’enfer, je suis effrayée si je ne peux plus dessiner qu’il m’emmène avec lui vers la mort.
11 – j’ai éprouvé du mal à mettre de la couleur, je voulais que mes gestes soient plus forts et plus surs, ressentir sous mes doigts a été difficile.


Quand je fais un dessin je fais le maximum pour me concentrer car c’est comme cela que je peux prendre plaisir de ce que je fais mais j’ai aussi des dissociations. Quand je vois que j’ai du mal je fais une pause et je reprends. La pause de 5 minutes. Et quand c’est un sujet compliqué pour moi ou difficile j’essaie de trouver le positif ce qui me demande encore beaucoup plus de concentration.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin je trouvais que son habillement était mal fini, ça m’angoissait et cela m’angoisse toujours ! Car cela ne ressemble pas à Béatrice.
Mais je trouve malgré tout qu’avec l’aquarelle rajoutée, mon dessin devient plus vivant et plus en mouvement.
Ensuite, je n’arrive pas à réfléchir ;  je suis trop envahie de questions.
Je suis trop envahie par la douleur, mais je garde en tête que malgré tout la couleur est là. Après est-ce que cela est bon ou pas, je ne ressens rien.
Je souris car la couleur est là même si je ne trouve pas ce dessin convenablement bien réalisé. Un voile pour couvrir mon inquiétude…