BMP – Le clown musicien


Le clown musicien… légèrement contorsionniste.
Ce n’est pas n’importe quel clown, celui-là ! Ce clown musicien, je le croise quand je vais comme bénévole aux Blouses Roses, à l’hôpital pour enfants.
Ce sont des clowns à part, quand ils passent dans les chambres ça sent bon les rires et les sourires. On ne sent plus les soins médicaux et ça c’est important. On dit souvent que de rire aide dans la guérison.
Voilà pourquoi je dis que ce sont des clowns très spéciaux. Les enfants dans tous les services les attendent avec impatience. Ils redeviennent des enfants, des enfants avec une maladie, mais ils sont d’abord des enfants.
Je croise aussi ces clowns en radiologie et j’observe que tous les yeux des petits malades sont rivés vers ces personnages de couleurs avec leurs nez rouges, avec cette petite pointe d’élégance. Une douceur se dégage d’eux : pas un de leur geste n’est plus fort que l’autre. C’est tout dans une tendresse bien délimitée pour ne pas prendre la place des parents.
Je ne sais pas si c’est donné à tout le monde de porter l’habit de clown parce que je me dis que savoir doser entre la plaisanterie et le sérieux ce n’est pas facile. Par moment encore je rencontre ce souci en tant que Blouse Rose.
J’aime les voir passer et les entendre. Ces clowns font partie de la vie de l’hôpital, mais aussi de la vie des parents, c’est comme une main tendue qui passe, où l’écoute est grande ouverte.
Quand ils sont là, j’ai l’impression que tout le monde redevient enfant : le temps d’un moment on oublie qu’on est à l’hôpital et cela permet de continuer ou de repartir dans de meilleurs conditions.
Ces clowns, c’est un peu comme un pansement qui aide à cicatriser les petits bobos, mais aussi les grandes douleurs et les plaies. Ce sont des pansement colorés et magiques.
Je voulais donc dessiner à nouveau un clown, mais pas aussi triste que le premier que j’avais crée.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je souhaitais que ce clown porte et fasse apparaître en lui le calme et de la douceur. Je voulais que l’on puisse être attiré, pour que l’on puisse se laisser porter par le son des musiques qui émanent de leurs instruments, instruments parfois bien bizarres.
Je devais retranscrire ce côté rieur, rigolo et enjoué, le tout enrobé d’une “robe » de couleurs apaisantes.
Mes idées étaient dont bien présentes il ne me restait plus qu’à les concrétiser sur ma feuille.
J’ai commencé, par dessiner dans le bas de ma feuille les chaussures, ces chaussures qui sont parfois trop grandes.
Puis j’ai fait apparaître les jambes, en me demandant quelles couleurs je pourrais y déposer.
Je prenais goût à créer ce dessin, car je pensais à ces clowns de l’hôpital pédiatrique, que je rencontre en tant que bénévole.
Mon dessin devait être aussi beau que ce que font ces clowns, que je remercie de faire rire les enfants, de leur permettre d’oublier un peu la maladie.
J’ai terminé mon esquisse, en dessinant la tête de ce clown et son violon avec son archet. Puis j’ai rajouté des petits détails pour l’habiller comme par exemple, le nœud et les ronds.
Pour les couleurs, comme le l’ai indiqué, je voulais des couleurs vives et gaies. Cela pour bien exprimer ce bien-être que les clowns laissent après leur passage.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, peinture aquarelle, pastels secs.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde mon dessin posé là, sur le chevalet, et je me dis que ce clown là ne pleure pas, il n’est pas triste ! Il nous transmet sa bonne humeur. Les notes qui sortent de son violon sonnent la douceur et la guérison. Après quand on voit ces clowns on est dans la sublimation, mais n’oublions pas que derrière ce son des personnes comme nous avec des joies et des peines.

BMP – Un dessin tout simple

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’avais un moment de libre et puis il fait chaud ! Voilà voilà très chaud… l’important pour moi, était de prendre mon pinceau quand j’ai un petit moment, de laisser venir. Je voulais juste faire un petit travail sur la force, avec mon poignet et mon pinceau. Je souhaitais effleurer ma feuille dans la délicatesse.
Mais je me suis rendue compte que ce n’était pas si facile d’effleurer ma feuille du bout de mon pinceau, trempé dans différentes couleurs.
Au début, j’ai eu l’impression d’avoir réussi à exécuter deux ou trois mouvements comme je le voulais. Mais en regardant ma feuille, posée sur le chevalet, j’ai eu l’impression que le geste que je venais de faire, n’existait pas. Pourtant, il me semblait, avoir appuyé suffisamment avec mon pinceau.
Alors j’ai voulu recommencer avec de nouvelles couleurs. Par moments, je trouvais que c’était mieux que la première fois, mais au niveau de mon poignet je ne sentais rien. Or moi, je souhaitais le sentir, sentir son articulation bouger pour pouvoir en sentir sa vitalité, mais au travers de celle-ci, ressentir de la douceur.
En ce moment, mes dissociations sont trop fortes, et j’ai besoin de douceur comme pour apporter un peu de calme dans mon cerveau et dans l’intérieur de mon corps.
Je sais que c’est en peignant que je peux me sentir bien.
Mais là, j’étais comme aimantée par la recherche de la force dans mon poignet. Peut-être la peur qu’il ne fasse du mal dans l’élan du mouvement ? Une angoisse ? Cette recherche est alors devenue primordiale.
Pourtant poser mes couleurs sur ma feuille m’attirait, ainsi que les mélanger les unes dans les autres.
J’ai continué en me disant que cette envie de sentir cette force dans mon poignet allait peu à peu partir et laisserait plus de place à la sensation de bien-être liée à la peinture.
Juste de la douceur et ne rechercher que cela.
J’ai alors continué mon dessin, en rajoutant un peu plus de jaune, cette couleur chaude, qui pour moi, est celle qui me fait sentir l’arrivée de l’été. Puis, puis j’ai rajouté un peu de violet, comme la couleur du lilas, le tout enrobé de petits dégradés.
Je prenais plaisir à suivre mon poignet, je me sentais moins tendue et un peu plus dans le présent, présent qui a hélas trop tendance à jouer à cache-cache avec le passé. Mais là je ne veux pas y penser, oh non j’ai mon pinceau que je tiens dans le présent et ça c’est rafraîchissant.
Je gardais en tête l’idée de ne pas trop appuyer avec mon pinceau sur ma feuille comme pour ne pas faire fuir cette légèreté et ce calme, qui commençaient à prendre de plus en plus, place dans ma tête.
Finalement je peux dire que ce dessin s’est terminé dans de meilleures conditions que celles du début et c’est cela que je vais garder en tête et ce petit moment que je prends pour moi.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Peinture aquarelle.