BMP – Comme une espèce de tempête

Tempête
Parfois il m’arrive de faire des gestes compliqués à me rappeler, car il y en a trop qui se suivent les uns après les autres. Cela fait apparaître au final une œuvre unique et inattendue. Mais expliquer comment celle-ci est née reste légèrement difficile.
Ceci, pour dire que mon écrit, risque de paraître bien compliqué.
Je suis toujours dans la découverte de nouveaux produits et donc là je voulais utiliser du nettoyant liquide, de couleur transparente et dont la consistante est assez épaisse.
Le produit étant transparent comme de l’eau, il pourrait donc la remplacer.
Mon idée était toute faite et je n’imaginais pas que je pourrais rencontrer une éventuelle barrière avec ce produit.
Par ailleurs, je n’avais a priori aucune idée concernant la forme de ce dessin, de même pour les couleurs.
Pourtant je savais bien que j’avais besoin de tous ces petits détails pour faire naître une composition.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre production ?

Installée devant la fenêtre de la cuisine, je me suis lancée en déposant d’abord du produit nettoyant liquide, en plein centre de ma feuille ; j’avais comme l’impression que celui-ci glissait, qu’il ne rentrait pas en elle. Il restait en surface.
Je voulais donc observer ce que cela ferait si j’ajoutais un peu de peinture aquarelle. J’ai donc rajouté une petite noisette de couleur orange, celle-ci glissait sur ma feuille et avait du mal à se mélanger avec le produit. Je devais donc appuyer un peu plus fortement sur mon pinceau. Le côté résistant était là.
Mais ce n’était pas grave, car j’avais besoin de rajouter de ce produit encore un peu plus : je pense que je ne voulais pas me laisser faire par son côté résistant. Mais le peu de mélange que je pouvais faire apparaître me plaisait bien, je devais juste rajouter des couleurs un petit peu plus gaies. J’ai donc rajouté du vert, un peu de bleu, du blanc, et du jaune.
Pour apporter un peu plus de mélange à ma création, je me suis servie d’essuie-tout qui j’ai tapoté doucement sur les couleurs, qui elles, avaient toujours du mal à se mélanger avec ce produit nettoyant.
Plus j’avançais vers la fin de ma composition et plus je trouvais que mes couleurs étaient légèrement dégradées par endroit et apportaient un petit plus. C’est cela, qui m’a donné l’idée d’une espèce de tempête de couleurs, comme un vent qui se serait levé subitement et qui nous transporterait par son mouvement à travers toutes ces petites tornades de couleurs. Ce que j’écris là est finalement aussi compliqué que l’explication concernant la naissance de ma production. Mais ce n’est pas grave 🙂 ! Me concernant je me suis posée un peu il y avait longtemps, mais là je dois repartir !
Tout était dans la couleur, dans la gaieté, mais aussi dans l’imprévu du dernier moment. Ce que j’aime aussi c’est que mon dessin n’a pas vraiment de sens. Chacun peut le regarder comme il le souhaite.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Peinture aquarelle, nettoyant liquide

BMP – Le temps

Le temps
Je me promenais sur le blogue ; je voulais voir sur quel sujet je pourrais revenir, voir aussi s’il y avait une évolution. C’est là que m’est venue cette idée de dessin : comment est-ce-que je perçois le présent après qu’une journée soit terminée ?
J’écris souvent qu’il ne faut rien lâcher. Parfois c’est plus dur et comme pour vous tous, il m’arrive de passer des moments difficiles, des moins bien et des sympas.
Depuis un bon moment, le soir dans mon lit, je fais une rétrospective de ma journée, un petit compte rendu. Savoir s’il y a des choses que je dois changer, ou reprendre etc. J’en profite pour retenir le positif et pour finaliser. Je cherche un mot qui correspondrait à cette journée : cela peut renvoyer à un moment précis, ou à une émotion qui se serait fait entendre et qui se serait un eu trop rapidement évaporée. Ahh les émotions et moi c’est une grande aventure… Heum oui… !
J’ai pu ainsi observer que cela m’était très difficile de tout retenir et ces moments de grands vides, se révèlent très angoissants.
Alors par moment, j’essaie de recoller les morceaux, mais cela m’emmène vite dans un vide et dans le noir.
Alors je ne m’attarde pas trop car j’ai cette impression d’avoir ma tête coupée en deux et qu’il me manque un morceau de cerveau. Et puis il y a cette désagréable sensation d’avoir comme une froideur dans ma tête et que mon pouls ne tape que d’un côté de celle-ci.
Alors j’essaie de ne pas trop m’attarder sur ce phénomène, même si je voudrais me sentir en moi entière.
J’essaie de me reprendre et de me concentrer sur une pointe de positif.
Mon dessin montrera donc comment s’accrocher au présent même si celui-ci s’effrite en fin de journée.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Dans mon esquisse je devais donc faire apparaître ce temps présent comme décomposé, légèrement déformé, rien de carré pour faire parler les dissociations, qui expliquent le fait que des blancs sont présents lors de ma rétrospective du soir. Ce temps je vais le représenter comme une horloge pas complètement terminé et qui part en petit morceaux.
Puis je devais aussi dessiner un corps humain qui s’accroche à ce temps présent.
J’ai donc dessiné en premier l’horloge, puis la personne qui s’accroche de toutes ses forces à ce temps présent, quoi qu’il puisse arriver.
Pour les couleurs j’ai joué avec le noir de mon crayon aquarelle et avec le gris de mes divers crayons de papiers. Les seules couleurs déposées sur ma feuille, sont là,pour habiller la personne qui se trouve dans le présent. Je l’ai habillée car on ne se promène pas toute nue, et puis c’est une sécurité pour elle.
Pour terminer, j’ai mis du bleu, histoire de faire parler la vie le geste, le mouvement.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 3B, HB. Crayons de couleurs aquarelles, pinceau, eau.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin sur le chevalet, il y a les blancs qui se font entendre, mais j’essaie de me rassurer avec ce qui reste et qui existe. Enfin oui j’essaie…
Bien entendu, c’est une situation qui est là et qui existe et que je ne peux pas vraiment l’ignorer, car les blancs enlèvent des moments sûrement importants. Mais je ne dois pas non plus, me laisser trop emporter par ces situations qui font mal. Parce que si non j’aurais tendance à tourner en rond et à en vouloir des réponses etc.
Un jour dans ma tête j’aurais une journée entière et sans trous. Oui oui je sais, mais s’il vous plaît laisser moi y croire  😉  🙄  !