BD – Une dame assise et de profil

Dame assise
Vous allez voir par moment des posts sur des dessins de corps qui auront des positions diverses. J’apprécie de dessiner des corps, car même si j’ai du mal à supporter le mien qui commence à me lâcher, je trouve qu’il en sort des courbes harmonieuses, une délicatesse, sans oublier une fragilité. Pour moi cette fragilité c’est ce qui exprime la beauté.
Mon but actuel est de travailler ces œuvres avec le crayon fusain et crayon au charbon de bois. C’est quelque chose que je fais très très rarement car j’ai toujours cette angoisse de laisser mes empreintes sur ma feuille et qu’on ne puisse plus les enlever. Par moment cette peur me rend un peu dingue mais il y a cette curiosité qui est présente et qui par moment me taquine pour aller l’explorer et essayer. Et comme je l’ai dit, ce sont des crayons qui sont salissant.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre œuvre ?

Pour concrétiser mon esquisse, je reste toujours dans ce mouvement qui permet de faire apparaître des morceaux, des grands, des petits, des de travers. Du moment il y a des morceaux, je suis apaisée car je reste vraie dans la manière dont je perçois mon corps. J’ai beaucoup de mal à le regarder en entier sans y mettre des reprises ou bien même des rustines.
Donc là ça sera un corps assis et de profil. Avec des morceaux beaucoup plus voyants. Voyants car j’avais besoin de percevoir les limites de ces morceaux, pour pouvoir bien faire apparaître les contours avec les divers crayons dont je me servirai. Je devais également marquer les différentes nuances de couleurs. Puis j’avais envie de faire apparaître plus de traits, plus ou moins dans l’épaisseur, comme pour donner cette impression que l’on pouvait percevoir à travers ce corps.
Tandis que je travaillais à cette esquisse, il y avait cette idée qui ne me quittait pas : faire apparaître une forme de « boule » pour faire parler un peu, le fait que  me retrouver repliée sur moi-même me fait du bien. Mais savoir si c’est positif ou négatif, je n’en sais rien, mais cette pulsion je l’exprime sur ma feuille, je la mets à plat.
Dans mon esquisse, je voulais exprimer une émotion, mais j’étais incapable de savoir laquelle. C’était trop dans le brouillard dans mon cerveau. Je dis, j’écris cerveau car pour moi les idées surgissent en premier par là, et ensuite elles passent la barrière pour aller dans ma tête. Oui, je fonctionne drôlement. MDR. Il y a un visage qui existe mais il regarde devant. Peut-être pour se cacher ou pas ? Aller savoir.
Une fois mon esquisse terminée, là je me suis amusée avec les crayons (Crayon charbon de bois. crayons fusains) en essayant d’oublier la peur de laisser des empreintes indélébiles sur ma production. Mais il y avait en moi ce besoin de mettre une couleur d’une tonalité plus foncée, si je le ressentais dans ma tête et si j’en apercevais. J’avais beau me dire ce n’est pas si grave, mais dans ma tête c’était la perfection qui sonnait. Peut-être que c’est cela qui m’a empêchée de profiter pleinement de ce moment de dessin. Mais bon c’est en dépassant ces limites d’angoisses, que l’on progresse ?

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Crayon graphique, HB, 3B.
Crayon charbon de bois. Crayons fusains.

Que ressentez-vous devant votre dessin ?

Mon dessin est là, oui avec mes morceaux, je ne me sens pas complètement satisfaite, mais l’angoisse n’est plus vraiment là, sauf qu’il ne faut pas grand-chose pour qu’elle revienne. Je me suis amusée peut-être pas comme je l’aurais voulu, mais tout n’est pas négatif. Alors j’écrirais je me suis amusée Hé Hé !

BMP – Dos en morceaux… Assise


C’est le titre que je donne finalement, alors que ce corps montre une douleur au niveau du dos et le fait d’apparaître en morceaux.
Je ne sais pas ce qui s’est passé mais cette idée s’est envolée.
C’est une autre idée qui est apparue, faire apparaître un corps avec des formes légèrement généreuses un peu comme le mien dans une douceur de couleurs.
Je ne serais pas capable d’expliquer pourquoi ce revirement aussi rapide, car entre ma première idée et cette deuxième, je n’ai aucun souvenir, aucun questionnement. Souvent mes idées fusent partout dans mon cerveau mais pas là.

Pourtant pour moi j’étais bien dans le temps présent, parce que je me revois dessiner, bouger mon poignet mais par contre je ne saurais pas non plus dire quelle partie de mon esquisse j’étais en train de faire apparaître.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre œuvre ?

Je savais ce que je voulais exprimer, la douleur , la douleur de mon dos. Je voulais qu’elle s’exprime elle. Donc je devais dessiner un corps assis. Assis car par moment rester debout me fait hurler de douleur dans ma tête. Mon cerveau me demande de m’asseoir pour être soulagée de cette douleur qui me donne cette impression que l’on enfonce un couteau dans le dos, mais aussi sous les côtes.

Corps assis, vu de dos,  j’ai encore toujours cette envie de me cacher quand j’ai trop mal, et de garder le silence, du moins Béatrice l’adulte. J’en reviens à cette honte. Un peu cet interdit de dire ou de faire comme dans le passé. Mais cela, chez moi ça reste complexe car je le fais automatiquement, comme un robot, dans le spontané. Une logique même pour moi et ce cerveau qui a été formaté comme cela.

Sauf que voilà, au cours de la concrétisation de mon esquisse, je change d’avis et donc ce qui représente la douleur de ce dos perd son existence dans mon dessin. Elle est remplacée par de la douceur.

Cela serait alors l’étape finale de mon dessin, puisque le début s’est sauvé. Après tout pourquoi pas ?

Pour les couleurs, j’ai pris celles qui se présentaient sur ma palette, celles où mes yeux s’attardaient sans oublier de jouer avec les nuances.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Peinture aquarelle, crayon HB.

Que ressentez-vous devant votre dessin ?

Quand j’observe mon dessin, je me demande quand même pourquoi il y a eu ce revirement. C’est comme un besoin de me dire que somme toute, ce n’est pas grave. Pourtant je sais qu’il demeure en moi, ce sentiment de culpabilité de ne pas être allée au bout de mon idée, comme si je n’étais pas capable de tenir parole. Et ne pas tenir parole, ce n’est pas moi.
Je ne vois pas apparaître de colère dans ma tête, mais il y a ce petit truc en moi comme une pression qui se retient, qui pourrait donc d’un coup partir comme une une flèche. Cela reste mystérieux.