BMP – La passion


Quand Emmanuelle m’a demandé de faire un dessin sur cette émotion, j’ai tout de suite pensé au fruit de la passion dont je trouve le goût bien agréable.

La passion, c’est cela aussi, être passionnée dans tout ce que je fais, dans mes réalisations, me laisser emporter par cette douceur. Je ne parle pas forcément du résultat qu’il y a au bout d’une réalisation. Je parle seulement de ce plaisir à faire naître une expression. C’est me laisser emporter, bercer par ces sensations de bien-être dans ma tête, ou dans mon corps, mais moi ça passe par la tête.

Il y a la passion de tout donner, mais aussi de s’intéresser à ce que l’on fait : s’en donner les moyens, faire des recherches, des essais. Pour moi, cela c’est prendre son pied et s’amuser dans sa tête, et même parfois se retrouver toute seule en train de rire. C’est parfois aussi faire ressortir cette petite fille en nous ! C’est laisser exploser dans notre tête notre ressenti, c’est le laisser s’exprimer.

Par exemple aussi je suis passionnée d’apprendre toujours du nouveau, je me passionne aussi de lire sur différents sujets. Je me passionne de faire apprendre de nouvelles choses à mon cerveau, afin qu’il puisse devenir de plus en plus gourmand dans l’apprentissage des connaissances multiples. C’est finalement apprendre à le nourrir de belles choses. Je suis passionnée de dessin, j’aime innover, être toujours dans la recherche. A jouer aussi à la petite sorcière.

Comment avez-vous dessiné ?

Pour mon esquisse, j’ai commencé par faire naître ce premier visage qui pourrait me représenter en tant que Béatrice adulte, le plus grand.
Pour modeler le corps, j’ai dessiné plein de traits qui partent dans le même sens, un mouvement, cela était important pour moi, au moment où je créais mon aquarelle. Car la passion c’est cela, le mouvement est bien présent. Je voulais aussi que ça représente le corps de mes parties émotionnelles. Oui car mes parties émotionnelles, même si parfois elles se montrent agitées, je suis certaines qu’elles ont en elles ce mot passion. Il y a en elles une grande curiosité et aussi le désir de bien faire en fonction de leur âge et de leur maturité.
Puis j’ai continué en montrant ce deuxième visage, qui est plus petit, qui représente mes personnalités ; il est légèrement décalé par rapport au premier visage que j’ai dessiné. Mais, ils restent collés l’un à l’autre.
Puis j’ai fini mon esquisse par cette main avec le pinceau et ce petit bonhomme avec son sourire qui représente mon bien-être dans mon royaume de la passion.

Pour le manteau aquarelle,
Passion = couleurs. Aucune couleur dans mon aquarelle ne sera négative, ça aussi j’y tenais. De la gaieté dans le mouvement.
Et pour la finition je souhaitais rajouter ce petit feu de couleur, légèrement arc-en-ciel au niveau de la main, et finalement faire ressortir une certaine douceur, ce que je ressens avec ce mot passion quand je crée ou alors quand je fais mes petits mélanges de sorcière.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Pour les finitions crayons Art Grip Aquarelle.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : orange, vert clair, rouge pourpre, violet, noir d’ivoire, blanc de Chine, ocre jaune, rouge vermillon, bleu céruléum,  vert foncé,  jaune pâle, vert émeraude, jaune citron.

Qu’avez-vous ressenti ?

Je dirai que j’ai aimé mettre au point un dessin pour exprimer cette émotion. Moi tout ce qui peut me faire du bien j’adopte 🙂
Mais en moi, il y a toujours cette partie de moi, qui est là et qui réfléchit constamment. Et ce côté m’agace car ça m’entraîne parfois trop loin dans mes raisonnements et mes questionnements.
J’ai ressenti une gêne avec cette couleur jaune.
Et une envie qui s’est immiscée en moi de ne jamais m’arrêter de dessiner. Je voulais absolument que ma concentration et que mon cerveau soient occupés d’une façon enrichissante et de ne pas me laisser entraîner dans la spirale de l’angoisse qui est liée aux événements du présent.
J’ai eu des moments de dissociations fortes, je les perçois dans ma production, dans les finitions. Avec un mal de tête.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin je me dis certes il n’a peut-être pas de corps, mais il a une bonne racine, ce qui permet à cette forme de rester debout.
Peut-être par contre que j’aurais pu y mettre plus de couleur. Là je me rencontre que l’aquarelle n’est pas aussi gaie que j’aurai voulu. Mais elle n’est pas triste non plus.
Ce mot passion me plaît beaucoup 🙂 ! Car cela aussi me ramène à pouvoir « apporter, partager » avec les autres un petit rayon de soleil de cette passion si je le peux avec mes peintures.

BMP – Une plante sauvage

Beaucoup de choses me turlupinent en ce moment dans ma tête.
Il y a des situations positives mais elles sont envahies par mes nombreuses dissociations. Et ça m’énerve, j’essaie de les accepter, de parler à mes différentes parties émotionnelles, mais quand elles se montrent aussi violentes, mes mauvaises pensées arrivent, je me demande si mes différentes parties m’écoutent un peu. Cette situation restera un mystère je pense, mais j’espère toujours qu’un jour dans ma tête et dans ce corps ça finisse par passer et que ça ne parte plus dans tous les sens.

Comment avez-vous dessiné ?

J’aime bien construire des formes diverses un peu dans le vent en ce moment.
Dans des moments comme celui-ci, je prends mon crayon et je dessine des traits, quand cela me tournicote de trop dans ma tête. Cette peinture au début n’avait pas de titre bien défini. Cela arrive parfois qu’il n’y en ai pas toujours, et que celui-ci vient à la fin du dessin. C’est peut-être le côté de ma concentration, et imaginaire qui se montrent plus fragiles dans ces moments-là, je n’en sais rien finalement.
Donc pour ce dessin cela s’est passé ainsi sans titre, juste des traits. Ce côté mystère par moment m’amuse car j’ai cette impression que parfois c’est lui qui finalement s’exprime, et prend les commandes et non Béatrice.

La peinture c’est cela aussi.

Donc pour mon esquisse, je me suis mise à construire plein de formes, je voulais du mouvement dans celles-ci, à l’image de mes dissociations en ce moment. Je souhaitais aussi qu’elles montent en hauteur comme une flamme de feu, voilà il n’y avait rien d’autre à part cela. Définir la place des formes, ça ne me parlait pas du tout. Le hasard !
Pour le manteau aquarelle, avant, j’ai observé mon esquisse de loin, pour quand même y chercher une forme, pour le final. Je ne voulais pas que le mot « fouillis » apparaisse dans ma caboche.
Le mot dissociation ne m’a pas quittée. Je voulais aussi y mettre des couleurs vives, gaies, ce qui n’allaient pas avec ce qui se présente quand mon cerveau est rempli de dissociations. Mais je pensais aux situations positives (le livre, le fait que j’avance doucement, le fait que je vais faire cette matinée de formation demain même si c’est l’angoisse qui m’envahit etc) d’où les couleurs.
le mot me surpasser était présent.

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x70 cm à grain fin.
Pour les finitions crayons Art Grip Aquarelle.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : orange, rouge vermillon, vert jaunâtre, jaune Naples, noir d’ivoire, blanc de Chine, vert foncé, rouge cramoisi, bleu cobalt, jaune moyen, mauve, cramoisi d’Alizarine, violet.

Qu’avez-vous ressenti ?

Des moments de blanc, des moments d’angoisses, des questionnements, des moments d’incertitudes, oui certainement ridicules, de la souffrance, et je sentais ma gorge se serrer pour ne pas laisser mes larmes couler.
Une grande soif était présente, et cette espèce de lourdeur dans ma tête. Je voulais y mettre de la couleur pas de la tristesse dans ce tableau.
Je me suis sentie fautive et c’est aussi dû au fait qu’aucune forme travaillée ne ressorte de mon esquisse.
Le mot inachevé avait fait son apparition.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant ce dessin, je me disais que cette peinture représentait le mouvement de mes dissociations. Finalement elle reste gaie. Mais un peu plus tard, je l’ai regardée une autre fois, de beaucoup plus loin, et là je la trouvais étouffante finalement. Et je voyais beaucoup beaucoup de rouge, alors qu’il n’y a pas que cela comme couleurs.
Pourtant je me sentais bien moi, le mot incompréhensible était présent.
Tout comme le fait que je ne me sentais pas à ma place dans ce corps aujourd’hui etc. et qu’on me regarde en tant que folle et j’en passe.