RAIVVI – La Relation d’Aide par l’Internet pour les Victimes de Viols par Inceste

L’objet de ce blogue collaboratif

Les interventions/ateliers – écriture des lettres – Exercices pratiques par l’Art-Thérapie – sont complémentaires à tout parcours médical obligatoire et ne peuvent pas le remplacer. Les interventions peuvent être réalisées en collaboration avec les psychologues ou psychiatres, hôpitaux, centres de soins ou préventions…
Nos services accompagnent les praticiens et professionnels de santé dans leur compréhension de la dissociation péri-traumatique.

Livre – Gérer la dissociation d’origine traumatique

Préface française de la Dre Muriel Salmona
page 16 du livre
Et il pallie la méconnaissance, la sous-estimation et l’incompréhension qui entravent l’identification des violences et de leurs conséquences psychotraumatiques. Restituer aux victimes traumatisées une parole, une cohérence, une vérité, une solidarité et des droits dont elles sont privés. Redonner du sens dans ce qui leur arrive, est une nécessité absolue.

Catalogue de l’exposition – samedi 19 mars 2016

Catalogue-p.1
Exposition-témoignage sur une dissociation post-incestuelle : Décomposer pour survivre – Recomposer pour vivre
Le fil rouge de l’exposition est constitué par les travaux artistiques d’une femme qui, victime de viols par inceste et de maltraitances pendant de nombreuses années, a développé une dissociation psychique. La chronologie des dessins et autres créations permet de mesurer d’une part les conséquences de ces maltraitances sur le psychisme, d’autre part de redonner espoir aux personnes dissociées suite à l’exposition prolongée à des situations traumatisantes : il existe des espaces de liberté pour briser le silence et ce faisant, exister et recomposer son identité.

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N’oubliez pas que derrière des syndromes post-traumatique graves,  il existe une personne qui demande à être regardée telle qu’elle est, comme elle est et qu’elle ne veut pas être regardée comme un rat de laboratoire où comme une personne qui amuse « la galerie ».
N’oubliez pas que cette personne n’a jamais demandé  à subir toutes ces conséquences post-traumatiques tous les jours. Elle n’a pas demandé à être violée, à être battue à mort, à être une chose et j’en passe. Elle ne demande qu’à être elle simplement et à être regardée ainsi, comme toute personne a le droit d’être regardée et respectée.

BD

BMP – Une envie de faire du dessin dans un cerveau

Je ne saurais expliquer pourquoi cette envie subite ! Je voulais remplir mon cerveau mais de quoi ? C’est une situation qui reste mystérieuse.
Entre les dissociations et mes envies diverses comme par exemple, de lait, de chocolat, de froid, de salade, de sucrer, de goût amer, de voler, de me cacher, de hurler etc.
Alors maintenant j’essaie de réaliser mes envies dans les limites accordées dans mon espace, là où je sais que la sécurité est présente pour moi et envers les autres personnes.
Après pour les comprendre ce n’est pas toujours simple je dirais. Le docteur me dit tout comme Emmanuelle, rien n’est ridicule. Ce qui n’est pas vraiment mon avis toujours, mais moi je ne suis pas une professionnelle.
Ma base importante pour mon dessin était de réaliser la forme du visage, après j’étais rassurée car ma réflexion du moment a été : et si cette base n’existait pas, je n’aurais pas pu faire naître ces formes, pas de support = rien, le néant.
Après pour dessiner les formes dans ma tête je n’en avais aucune idée, celles-ci ont été faites sur le moment, je ne saurais dire si Béatrice a réfléchi en les dessinant, je n’en ai pas de souvenir.
Aucune couleur, de même en tête et je ne me rappelle pas de mettre posée la question non plus.

Qu’avez-vous ressenti ?

• J’avais l’impression de me sentir comme un robot
• Je ne me souviens pas de me voir réfléchir à quoi ce soit.
• Je ne me souviens pas non plus de me sentir présente dans le temps présent. Mais je sais que j’y étais un peu car ce dessin est là sur feuille.
• Je ne me rappelle pas d’avoir eu une sensation qui pourrait me dire qu’une partie émotionnelle est présente, fait en sorte de l’accueillir.
• J’ai ressenti par contre des moments où j’avais cette impression que le sol était petit sous mes pieds.
• J’ai ressenti que mon corps était en morceau, et une odeur de terre humide.
• J’ai ressenti du froid mais je ne saurais dire où.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 36×48 cm
Crayon HB, 2B, 3B, 9B.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

J’ai souri et je me disais franchement Béatrice tu es un sacré phénomène ! De quoi faire avec mon cerveau pour en comprendre le bon fonctionnement !
Je ne ressentais plus cette envie de dessiner l’intérieur d’un cerveau.
Il y a aussi le fait que je voulais savoir où j’étais vraiment, je ressentais cette envie de me rassurer. Cette envie était très forte en moi, à la limite importante pour le mot survie.
Il est 13h30 tout est compliqué à produire, comprendre m’est difficile. Je ne sais pas expliquer, je ne sais pas.

BMP – « Prisonnière de ma douleur”

Pour faire naître mon idée, je me suis servie du mot, prisonnière. Et comme cela concernait mon corps, il me semblait normal de traduire cette situation en dessinant un corps.
Je souhaitais aussi exprimer cette impression d’être perdue, d’être désemparée, d’être toujours à la recherche d’une porte de sortie, pour fuir cette douleur !

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai donc commencé par dessiner, le dos de ce corps. Faire un corps de face j’en était incapable ; je voulais cacher cette douleur qui me fait souffrir dans ma main et qui m’empêche de faire ce que je veux comme mouvement.
J’ai ensuite fait naître, en utilisant mon crayon, ce corps à moitié dans le brouillard, ce corps qui n’a pas de porte de sortie pour se délivrer de cette douleur.
J’ai ensuite terminé ce grand corps avec les cheveux, les mains, le début des jambes. Et j’ai finalisé par ces petits morceaux qui s’en vont de la tête, un rappel du mot dissociation.
Pour la couleur de mon esquisse, je voulais juste mettre en avant un petit nuage de rouge, pour rappeler cette douleur.
Par contre, je souhaitais appuyer d’avantage sur mon crayon à certains endroits de ce corps. Je voulais donner vie à ce dessin, mais aussi jouer avec les dégradés de gris.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 50X70 cm à grain fin.
Crayon HB, 2B, 3B,
Pastels secs, gros feutre noir.

Qu’avez-vous ressenti ?

• Dans ma tête je voulais vraiment exprimer ce que je ressentais, c’est-à-dire être coincée dans mon corps.
• J’ai ressenti de la colère face à cette douleur physique mais aussi face à la douleur psychologique. Le corps exprime certaines choses, mais le côté psychologique est là, c’est c’est important d’en prendre conscience.
• Je me disais que j’avais toujours cette sensation de rechercher une porte de sortie face à ces divers douleurs qui m’invalident.
• Le terme fibromyalgie est aussi apparu. Il a été employé au CHU de Poitiers, mais pas à Tours.
• Je me disais que je ne devais désespérer, peut-être qu’un jour on pourra me soulager de cette douleur.
• J’ai ressenti mes mains lourdes. La difficulté motrice de ma main droite augmente de plus en plus.
• Je dirais aussi que réaliser ce dessin m’a permis de déposer un peu ma douleur. J’avais cette image de pansement qui me venait.
• J’ai ressenti des moments de brouillard dans ma tête.
• J’avais du mal à bien retenir mes idées.
• J’ai eu du mal à me concentrer, dans ma tête jamais pareil.
• Je me sentais abrutie dans ma tête.
• J’ai ressenti ma vraie douleur dans mon corps, plus forte à certains endroits comme par exemple dans le poignet droit, mais aussi en plein milieu de la colonne vertébrale.
• Je me demandais à quel moment mon corps pouvait reconnaître que c’était une douleur physique, car mon cerveau n’est plus capable de faire la différence entre la douleur physique et psychologique.
• J’ai ressenti une fatigue enfin je crois car je ne sais pas trop ce que c’est finalement, du moins comment on reconnait que c’est une fatigue.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin je me disais qu’il ne reflétait la douleur qui m’emprisonne dans mon corps. Puis le mot prison s’est donc imposé.
Car je me disais que c’est bien cela que je ressentais avec ces douleurs : je suis coincée dans ce corps avec ! et que souvent c’était la vraie tempête à l’intérieur. Mais il y  quand même ces mots, je reste sur ma faim.