BD – Préparation du printemps des poètes à « La table de Jeanne-Maire »


En cet après-midi du mercredi pas de dessin ou de français.
Nous avons continué à travailler sur la préparation du « Printemps des Poètes ». La date du spectacle à été retenue c’est le

lundi 18 mars 2019

C’est donc toujours en compagnie E. de V. et D. que nous avançons pour ce spectacle du « Printemps des Poètes ». Nous sommes appelés à reprendre le travail parfois au début car de nouveaux jeunes migrants viennent nous rejoindre pour cet événement 🙂
Nous continuons donc sur les questionnements envers les jeunes :
• Quelles ont été leurs premières réactions quand ils sont arrivés à Tours que ça soit par le train ou par le bus ?
• Où ont t’ils passé leur première nuit ?
• Le premier repas ?
• Tout comme ce qui a pu les choquer ou au contraire leur a fait plaisir.
• Quelles ont été leurs découvertes depuis qu’ils sont en France ?
• Qu’attendent t’ils  de  la France ?
• Que pensent-ils de nos coutumes, de notre alimentation etc… toutes ces questions nous permettront d’en faire une histoire, mais c’est encore à travailler.

L’autre idée, serait de travailler sur ce texte de Léopold Sédar Senghor que j’ai joint. Certaines personnes le liront en français et les migrants le liront dans leur langue… le tout accompagné de musique.

De mon côté j’ai commencé à faire des esquisses d’animaux. J’en ai d’autres a faire : l’aigle royal et le fennec. Ces animaux représentent un pays des personnes migrantes.
Comme par exemple l’aigle royal représentera le Mali. l’Algérie sera le fennec… et  ça sera à tous les jeunes d’y mettre de la couleur en peinture, crayons feutres, pastels etc. et peut-être un paysage comme fond… Ensuite si nous gardons  notre idée du début, dessus nous écrirons ou nous collerons des mots ou des textes. Ces tableaux seront exposés pendant 15 jours.
Tous les jeunes migrants sont très intéressés par ce projet. Tout le monde participe de son mieux. Il y a une bonne ambiance, mais il nous reste beaucoup de travail à faire. Mais cela se met en place doucement 🙂

BMP – Un dessin apaisant


Hier matin il m’est arrivé un événement qui m’a laissée sans voix.
Alors j’ai pris mes pinceaux et j’ai peint. J’ai juste regardé le mouvement de mes pinceaux bouger dans tous les sens. Dans ma tête je ne voulais plus réfléchir. Je voulais juste regarder ces différentes couleurs qui apparaissaient sur ma feuille.
J’ai juste observé ce que ce simple geste de mon poignet peut faire apparaître, c’est-à-dire une forme ce que j’appelle moi le début d’une vie ! Le début du premier mouvement entraîné dans les couleurs. Je ne cherche pas à comprendre ce qui s’est passé à ce rendez-vous d’hier matin, c’est déstabilisent et je ne sais pas quoi penser en fait surtout.
Je préfère jouer avec les couleurs et faire apparaître une dessin doux, plat, zen, juste de la plénitude.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Dans ces moments-là, j’aime bien mouiller ma feuille plein d’eau et c’est ce que j’ai fait, noyer et faire disparaître !
Il n’y a pas longtemps j’avais expliqué que par moment j’aimais cacher dans mes couleurs ce qui me tracassait. Et là c’est ce qui s’est passé.
J’étais très attirée par la couleur bleue et par le blanc. Cela me faisait penser à des nuages, sensation de liberté et de grandeur.
Et puis je ne voulais pas en rester là, je voulais l’agrandir ce dessin.
Je me suis alors lancée à rajouter d’autres couleurs, comme du vert, du jaune et une petite goutte d’orange. J’ai pris ma spatule et j’ai mélangé le tout mais toujours avec ce petit trop plein d’eau pour faire apparaître encore plus de douceur, douceur qui évoque pour moi la discrétion.
Puis, trouvant que cela ne suffisait pas encore, alors que j’avais bien tout fait dans mes mélanges, j’ai rajouté quelques gouttes d’encres aquarelles liquides. Je voulais, malgré cette envie de faire apparaître cette douceur et cette discrétion, rajouter une petite noisette de silence.
Et me revoilà repartie à mélanger à nouveau mes couleurs, toujours avec un petit peu plus d’eau, et toujours en observant le geste de mon poignet.
Mais il y avait un dernier petit geste que je voulais rajouter et faire apparaître : c’était retranscrire ce mouvement et ça je ne devais pas l’oublier, car cela accompagnerait cette situation de faire naître une vie dans ma forme…
Voilà j’avais tout mis, ainsi que tous mes petits plus. Et il apparaît au final une plénitude…
Voilà pourquoi j’apprécie de prendre mes pinceaux juste pour ça, pour profiter de ces petits moments présents où rien n’a été prévu, à part le fait que je voulais juste penser à autre chose, penser à autre chose de plus apaisant.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Aquarelle réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Couleurs liquides aquarelles. Aquarelle en tubes.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

J’observe mon dessin de loin, il était imprévu mais une douceur est là. Mais je ne sais pas quoi penser en ce moment. Et je ne comprends pas toutes les réactions.