BMP – Un tableau qui utilise le ketchup pour remplacer la couleur rouge


Il y avait longtemps 🙂
Comme souvent, je cherche ce qui pourrait remplacer une couleur aquarelle.
J’avais envie de couleur rouge, mais je voulais jouer avec celle-ci en la mélangeant dans d’autres couleurs mais pas seulement. En effet, je souhaitais pratiquement la faire disparaître et la faire réapparaître de manière à ce qu’on ne puisse jamais penser que ce tableau contienne du ketchup : un vrai tour de magie. C’est sûrement ma partie “petite sorcière” qui pourrait s’exprimer ! En plus de la couleur rouge, j’aurais aussi une odeur bien agréable.
C’est donc en tâtonnant, parce que même si dans ma tête je sais ce que veux faire, il y a un décalage entre ce que je veux faire et les mouvements de mon pinceau etc…
Mais c’est bien cela qui par moments me plaît autant et ce qui permet de faire apparaître au final de belles surprises. Même si je ne contrôle pas toujours, je sais que cela restera dans le milieu de la peinture, par contre quand cela touche des situations plus importantes, perdre pied me rend dingue !
Le fait que mon idée du départ ne soit pas forcément celle de la fin, car c’est en cours de route, c’est dans le geste du poignet, qu’en général, d’autres idées se font connaître. C’est comme un nouveau fil conducteur qu’il ne faut pas lâcher, qu’il faut au contraire continuer à faire grandir, en lui permettant d’avoir sa propre vie et dans le présent et dans le futur.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Me voilà donc installée devant la table. Je commence par mettre directement sur ma feuille du ketchup, puis je rajoute du jaune et du blanc aquarelle et je mélange doucement, le blanc avec le ketchup, puis je rajoute un peu de spray de couleur verte, en encre liquide, et je continue à mélanger.
À chaque fois, avec la pointe de mon pinceau, j’essaie de rajouter une goutte de cette couleur rouge du ketchup, pour avancer doucement dans la forme de mon dessin.
Puis je rajoute un peu de gris que je re-mélange avec mon ensemble de couleur du début, ce qui fait naître d’autres tons, et ainsi de suite, sans oublier que ce ketchup devait disparaître dans ce mélange de couleurs et réapparaître d’une autre façon, mais pratiquement méconnaissable.
Mais vers la fin, je voulais apporter un peu plus de clarté à ce mélange, comme de l’or. J’ai donc rajouté plus de couleur jaune aquarelle en le déposant pratiquement pur et je me suis dit que la lumière du jour apporterait la touche finale. La lumière est importante dans l’intégration de mes œuvres.
Plus j’approchais vers la fin de ma production et plus j’avais cette idée que peu à peu apparaissait un paysage volcanique, et le jaune serait la larme qui se serait mélangée dans mes couleurs. Là, j’ai envie de rire, car où est passée mon idée de départ ?
En attendant, je suis bien arrivée à mélanger mon ketchup pour le faire réapparaître d’une autre façon. Après avoir décrit toutes les étapes, je pense que mon côté petite « sorcière » en n’est pas vraiment bien capable, car par moment il y a mon côté pulsion qui s’impose.
En attendant, je lui est donné une deuxième vie à ce ketchup, et c’est ce que je voulais. De plus cette couleur rouge, je ne la perçois pas comme je la ressentais au démarrage de ce travail, maintenant, elle est plus dans l’apaisement. Elle est intégrée dans mon dessin d’une façon magique avec cette touche d’imprévu pas toujours bien maîtrisé.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Ketchup, peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

J’ai passé un moment agréable. C’était mon rendez-vous de ce jour avec de la peinture aquarelle, rendez-vous qui a lieu, quoiqu’il se soit passé juste avant ce moment, ou se passera juste après. Il y a aussi que en relisant mon texte et en observant mon dessin, cela m’a permis de ne pas trop m’arrêter sur cet abcès qui me fait souffrir et qui m’empêche de manger. Mais là, je me suis nourrie de plusieurs couleurs et ça c’est chouette !

BD – Exposition à la Galerie Neuve du Sanitas à Tours – Sylvaine Viel-Notte


Hier, D., M. et moi sommes allés voir cette exposition, à laquelle j’étais invitée. Nous avons profité de ce moment pour voir comment nous pouvions aménager la notre pour le mois de novembre. J’ai dit, qu’on va être obligé de pousser les mur ! Parce qu’on est vraiment pas au top, on ne pourra pas tout mettre de ce que j’avais prévu et donc du tri est à prévoir. Mais on va y arriver ! enfin je pense, mais oui ! mais oui !
En attendant, j’ai fait un petit écrit concernant cette belle exposition que nous avons vu : celle-ci est remplie d’émotion. Elle nous transporte dans un autre monde !


Ce sont des portraits que Viel-Notte appelle des sauvages d’aujourd’hui des tribus. Ils sont pris dans la nature sans changement de couleur il n’y a pas de modification de rien. Tout comme elle ne fait aucune mise en scène.
Pour l’exposante il n’existe dans la nature que la moitié de ce qu’on voit sur les photos finales. Ce sont des photos de choses qui n’existent pas mais qui représentent pour Sylvaine Viel-Notte des tribus ou des éléments d’une tribu à la manière du Musée du quai Branly.
Par moment par exemple elle a trouvé dans ces photos une broche de fécondité. Cela vient de la flèche de Cupidon.
Sylvaine Viel-Notte me disait qu’il y avait un petit peu d’humour dans cette exposition. Que c’était à partir de là également que le jeune poète Ibrahima qui est de culture africaine est tombé dedans et qu’il lui avait dit : dans cette exposition « ça me fait penser à des masques de chez moi » des sorcières de son pays, et de là, il s’est mis a écrit dessus. C’est ainsi que pour cette expo j’ai laissé tomber mes tribus mon petit musée et ce poète Ibrahima a fait ses personnages avec moi et les poèmes.