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En cet atelier de ce vendredi après-midi 11 décembre 2020, il y avait pas mal de monde autour des tables. Il y avait 8 personnes plus moi.
J’ai gardé cette idée de bouger les tables et de les positionner de façon que cela fasse un carré. Ainsi nous avons plus de place pour nous déplacer dans la salle et puis je trouve que c’est plus chaleureux.
Comme d’habitude j’ai sorti tout mon matériel. Ce n’est qu’après que les personnes sont venues s’installer autour des tables.
J’ai ensuite proposer le thème de l’atelier, qui était de faire apparaitre une production en incorporant un masque chirurgical.
Tout le monde était intrigué par ma proposition. Toutes les personnes se sont regardées les unes les autres. L’une d’elle me regarde, elle éclate de rire et me dit : « Béatrice qu’est-ce que tu nous as encore trouvé ? » De mon côté, pour les rassurer tout de suite, je leur ai dit : » vous allez voir, on va s’amuser ». Et je rajoute : « n’oubliez pas ma devise : prendre du plaisir ».
À ce moment-là, je sors quelques exemples de dessins que je dépose sur la table en éventail. Toutes les personnes étaient amusées quand elles se sont rendu compte de tout ce qu’on pouvait faire apparaître en dessin, en incorporent un masque. Le côté intrigué, qui était apparu au début, avait complètement disparu.
Tout le monde avait pris son crayon et avait commencé à faire apparaître les premiers traits sur les feuilles.
A ce moment-là, je me suis aperçue que finalement ce thème n’était pas si compliqué comme je le pouvais le penser. Oui car je m’étais posé la question avant de le mettre en place.
L’ambiance joyeuse autour des tables se faisait entendre. C’était plaisant. Accompagnés d’un peu de musique, on était tous et toutes bien. Nous avons également échanger au sujet du couvre-feu, de Noël et sur le premier de l’an. Les avis étaient très différents mais on sentait ce respect que tout le monde avait pour écouter les uns et les autres. Une situation qui n’a pas été facile à mettre en place au tout début des ateliers. Je devais régulièrement intervenir. C’est vrai, sinon à quoi cela sert d’échanger si c’est un gros brouhaha qui prend le dessus ? C’est accompagné de tous ces échanges divers, que nous avons vu naître petit à petit les productions. Sans oublier les commentaires.
Certaines personnes inventent une histoire en nous montrant leur dessin. C’était intéressant. Les couleurs étaient présentes mais aussi l’expression oral, un plus pour permettre aux personnes de s’exprimer verbalement, surtout pour les plus timides.
Comme je le fais à chaque fois, je suis passée voir toutes les personnes une par une. Cela me permettait de pouvoir en aider certaines pour la finition de leur production.
C’est dans cette ambiance joyeuse que cet atelier est arrivé à sa fin. Sur les feuilles toutes les productions avaient pris forme et vie accompagnées de leur manteau de couleur. C’était chouette !
Comme d’habitude nous avons rangé ensemble et nous avons fini par un goûté bien copieux.
Un atelier qui a plu malgré l’intrigue du départ de celui-ci. Les personnes étaient contentes mais aussi détendues quand elles sont reparties.
BMP – Un dos en forme de guitare
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Toujours en route pour créer de nouvelles productions concernant les instruments de musique, que la douleur soit là, ou qu’elle soit absente. Mon but est de compléter la suite de mes productions concernant les instruments de musique.
Qu’il y ait ou non de la couleur, l’important est de reconnaître la forme d’un corps, de lui donner une existence, un nom, une vie, des émotions comme s’il était vivant. Cela, je pense qu’on peut le traduire par une forme sur une feuille, le faire parler, l’entendre et sortir du silence, du néant.
Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?
Il fallait que le corps soit vu de dos. J’aime cette position : les courbes d’un corps qu’il soit plus ou moins enrobé, reste dans une harmonie qui lui est spécifique.
Ces courbes sont toutes spéciales. Elles représentent ce que nous sommes nous et peut-être aussi ce que l’on devient dans le présent, c’est notre corps et donc notre identité aussi.
Reprendre un corps dans sa forme et la retransformer, c’est quelque chose que je trouve intéressant. Garder les traits du début, ne pas tous les enlever, permet de garder l’identité primitive et c’est important.
Pour cette création, j’avais toujours dans ma tête, la musique, la discrétion et le bien être. À ce moment-là, la souffrance, la douleur physique, psychique, n’existaient plus du tout. C’est cela aussi qui m’incite à faire naître des corps même si parfois ils sont en morceaux.
Là je souhaitais sentir un peu de calme dans le mien. Je sais que quand je dessine, mon attention est moins axée sur ce qui me dérange sur le moment présent. Comme si ce que je je sentais en moi était aspiré par le geste de mon crayon et introduit dans la naissance de mon dessin. Au cours de ce nouveau travail, c’était ce que je désirais ressentir en moi.
Pour déposer les couleurs, un mélange de vieux produits, que j’avais retrouvés, en même temps je redonnais une autre vie. Je voulais un mélange de tons, pour mieux incorporer ce qui m’ennuyait, comme si de rien n’était. Inconnu, disparus et hop comme si de rien n’était. Inconnus, disparus les sensations douloureuses.
Pour la finalisation de mon travail, j’ai rajouté en collage un morceau de Sopalin ou j’avais travaillé mes couleurs dessus. Les mêmes couleurs employées pour le corps vu de dos, mais davantage mélangées entre elles.
Je trouvais que l’ensemble allait bien, qu’il était harmonieux : bref un petit plus, qui comme je l’écris souvent, est loin d’être négligeable.
Quels matériaux avez-vous utilisés ?
Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Un mélange de vieilles couleurs Déco Pébéo et encre liquide de couleur bleu, rouge, violette.
Que ressentez-vous en regardant votre production ?
Je regarde ma production, dans ma tête je ne sens pas mon cerveau en morceau. Cependant, dans celui-ci le pouls tape fort. Je ne sens pas de violence, alors j’écrirais que je me sens bien. De toute façon, j’ai passé un agréable rendez-vous avec moi-même à faire naître cette composition.
