BMP – Mon petit moment à jouer la « sorcière »

Il fait beau, le soleil est là et dans ma tête c’est le foutoir ! Mais ce n’est pas grave, car malgré tout j’avance !
On est samedi et le week-end j’aime bien jouer à la « sorcière » pour réaliser des mélanges tous plus ou moins invraisemblables  🙂  alors que je ne m’attends pas spécialement à un résultat qui tienne debout ! Mais simplement découvrir avec mes yeux un truc délirant, et inattendu. Etre étonnée de ce que peut me réserver l’imprévu des mélanges des produits que j’emploie.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 36 x 48 cm à grain fin.
Couleurs aquarelles liquides en pipette.
Mixture de mon mélange et de la forme.

Comment avez-vous procédé ?

Pour cette fois-ci pour le mélange j’ai procédé ainsi :
J’ai pris ma feuille blanche de dessin, que j’ai déposé à plat sur ma table de salon. Mais avant j’ai pris des précautions pour couvrir celle-ci d’autres feuilles plus épaisses, afin de la protéger des imprévus de Grr grr.
Ensuite j’ai pris du produit vaisselle et j’en ai renversé partout sur ma feuille de dessin.
Un fois fait, j’ai pris les encres de couleurs aquarelles, et j’ai commencé à en verser sur le produit vaisselle.
La première goutte qui est tombée faisait ressortir une espèce de forme qui m’a attirée : cela ressemblerait bien à un têtard, ou un spermatozoïde. J’ai ris toute seule, car au premier regard je le trouvais bien frétillant celui-ci ! Bien vivace !
Ensuite j’ai continué à verser des gouttes aquarelles, ça faisait sortir de ce mélange des petites bulles de toutes grosseurs. Un côté rigolo, j’avais cette impression d’être une petite fille qui découvrait et qui redemandait d’autres surprises.
J’ai ensuite pris une petite seringue et j’ai mixé un peu ce mélange, je voulais découvrir peut-être une nouvelle réaction provenant de ce mélange de produit.

Qu’avez-vous ressenti ?

Il y avait en moi cette soif de découvrir. Elle était très présente.
Mais il y avait aussi, cette couleur rouge dans ma tête qui était là et qui voulait sortir et qui voulait aussi apparaître sur ma feuille.
A ce moment-là, j’avais un besoin de boire plein d’eau gelée, j’avais envie de sentir du froid dans ma bouche, j’avais une forte envie de glaçon pour geler l’intérieur de ma bouche pour me désaltérer.
La sensation de froid n’était pas vraiment présente pourtant, j’avais beaucoup de mal à la ressentir, y compris le froid quand je tenais des glaçons dans le creux de ma main.
Un mal de tête était présent, il m’enivrait. D’ailleurs celui-ci ne me quitte guère depuis quelques jours, cette douleur a pris migration de mon cerveau !
Avec tous ces petits mélanges, le petit problème était que même si je m’amusais, ça commençait à se répandre sur la feuille que j’avais mise comme protection sur la table en dessous de ma feuille ou était en train mon expérience.
Une autre idée ! J’ai donc pris de l’essuie tout, j’ai enlevé le surplus de liquide en tapotant.
Mais Béatrice n’avait pas envie d’en rester là non plus. J’ai donc repris mes encres aquarelles liquides, et j’ai crée une autre forme, tout dans le mouvement avec ce qui me restait en produit vaisselle sur ma feuille.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Et le résultat final, est amusant : on dirait des « poules » angoras. La première réaction de mes enfants, a été celle-ci : «  on dirait les poules de « mamie » mais avec un petit côté « Alien » il y a un côté magique dans cette mixture que je venais de concocter ! Un côté inattendu aussi. une autre découverte. Maintenant dissociations où pas je me disais que ça ne se voit pas, j’ai tellement parfois la tête dure et lourde, je ne saurais dire vraiment si j’en ai eu là où pas, mais je dirais que je me sentais légèrement à côté de la plaque. Stone ! Avec cette envie d’exploser.

Maintenant ce mélange peut être pour vous, dire autre chose comme idée, ça peut être des formes de visages, des herbes, bref à vous d‘aller voyager dans votre d’imagination 🙂
Moi je voulais passer un bon moment et peut-être aussi apaiser mon grain de folie.

BMP – La frustration


Un mot que je n’emploie pas souvent, car j’y vois aussi ce mot « castration ». Et ça, je dois reconnaître que j’avais envie de faire cela à mes agresseurs, de les castrer ! Et cette situation de frustration je l’ai vécue aussi venant d’eux. Quand ils n’arrivaient pas à jouir tout de suite. Et d’après eux, c’était de ma faute si je n’étais pas capable de les faire jouir. Et ils me le faisaient payer très cher.

• Je me sens frustrée, par exemple quand des personnes ne prennent pas le temps de regarder tous mes dessins alors qu’elles sont venues pour ça.
• Je me sens frustrée aussi, quand des personnes ne comprennent pas et ne tiennent pas compte de ce que je sais aujourd’hui des troubles post-traumatiques sévères, ou que cela est pris avec une grande légèreté.
• Je suis frustrée quand j’ai l’impression de ne pas être entendue ou comprise parfois.
• Je suis frustrée quand je ne réussi pas quelque chose et que je me suis donnée du mal pour y arriver, quand je ne suis pas arrivée à trouver les mots aussi pour me faire comprendre. C’est ce côté incapable de moi qui ressort ! Qui m’horripile !
Voilà quelques exemples car la liste peut par moment se montrer longue quand je ne suis pas au mieux !

Frustration :

Les sentiments de frustration consistent à s’attendre à ce que les choses se fassent d’une certaine manière, mais c’est le contraire qui se produit. Nous sommes frustrés lorsque nos projets sont entravés, qu’ils ne peuvent se réaliser. Et ce qui fait que nos sentiments de frustration s’accumulent, c’est que malgré des plaintes ou des paroles, rien ne change la situation. Vous sentez que vous n’avez pas d’options ou qu’il n’y a pas de solutions. Vous ne pouvez pas vous faire entendre, on ne tient pas compte de vous.

Comment dessiner ce mot ? cela a été ma première question.
J’ai donc essayé de ressentir et d’observer dans ma tête cette situation où j’ai ressenti cette frustration.
C’était  alors de la colère que j’ai ressentie en moi et cette espèce de sensation pour laquelle je n’avais plus de tête. J’avais cette impression de me ressentir présente, et en même temps impuissante devant ce que je voyais et entendais.
Une envie de tuer, et de hurler fort sur place. Et je ne réussissais pas non plus à expliquer avec des mots, mon mal-être lié cette frustration.
Comment expliquer aux personnes sans pour autant les blesser, ce n’est pas si facile je trouve moi.
Mais vouloir simplement faire un geste qui pourrait expliquer, pouvoir dire : « mais attendez j’ai quelque chose à dire, laissez-moi le temps de vous expliquer que je ne suis pas d’accord ! »
Mais alors me tombe dessus cette frayeur de faire trop de remue-ménage, que ma colère explose trop fortement et surtout que cela aille trop loin. Du coup, je reste figée sur place, donc c’est impossible de dire quoi ce soit. Il y a cette interdiction qui vient de mon passé, qui pointe son nez, alors que logiquement elle ne devrait plus intervenir dans le présent.
Voilà comment je perçois la réalisation de mon esquisse avec toutes ces situations.

Comment avez-vous dessiné ?

J’ai donc commencé par dessiner le petit bonhomme en haut de ma feuille, avec son crayon, qui est prêt à exploser de colère, mais qui préfère la contenir et la faire juste sortir par une émotion au niveau du visage. Le pinceau et le crayon représentent mes dessins achevés, ce temps que j’y ai passé donc la frustration provoquée par le fait que les personnes ne regardent pas tous mes tableaux soi disant par un manque de temps !
Puis j’ai continué mon esquisse en dessinant le corps en bas de ma feuille, lui qui a cette expression au niveau des mains qui veut dire : « hé vous, j’ai quelque chose dire, attendez », mais qui n’ose pas dire parce qu’il a peur de faire du bazar mais qui ressent aussi cette impression de ne pas être entendue.
Puis j’ai fini mon esquisse en mettant cet œil, qui observe !
Pour la réalisation du manteau aquarelle, je voulais principalement du rouge et du noir : ces couleurs me parlent dès le début de mon esquisse. Pas de couleurs, pour une situation qui finalement me blesse.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Bleu de cobalt, noir d’ivoire, cramoisi d’alizarine, ocre jaune, vert clair, rouge vermillon, jaune, blanc de Chine.

Qu’avez-vous ressenti ?

Je voulais que du rouge pétant ressorte de mon dessin.
Je ressentais cette colère, à la limite violente et ça m’a beaucoup effrayée de ressentir cela dans ma tête.
Car il y avait cette question : serais-tu capable de tuer pour éviter de ressentir cette frustration ?
Quand je me suis rendue compte que j’allais trop loin dans mes questions, et que mon angoisse était bien installée, j’ai fait un exercice du livre : « Gérer la dissociation post-traumatique ».
C’est à ce moment-là, que je me suis rendu compte que cette colère concernant ces frustrations pouvait vite m’emporter.
Mais ce qui m’a “rassurée  » aussi, c’est le fait que je me dissocie vite, avant que cela aille trop loin dans mes gestes et habitudes, et que cette tension diminue par la suite.
La frustration liée au passé et à ces silences, ces silences quand j’étais petite, est apparue aussi lors de la réalisation de ce dessin.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon tableau, le petite bonhomme rouge m’attire, c’est le rouge qui m’attire. Sa force !
Je me disais: la voilà posée sur une feuille cette colère liée à une (ou à des) frustrations. Un côté calmant pour mon cerveau. Je me disais aussi que ce mot frustrant représentait une nouvelle blessure, une ouverture quand celui-ci se présente à moi. Comme un coup de couteau.