BMP – Quand le passé s’invite dans le présent


C’est quelque chose qui m’arrive encore souvent. Le passé qui s’invite dans le présent, à n’importe quel moment. Cela provoque une telle déstabilisation que je ne sais plus si ce que je dis ou ce que je fais est correct. C’était comme si ma tête se décollait en deux sans quitter mon corps. Je ressens une énorme lourdeur entre les deux morceaux de mon visage.
Je ne saurai pas dire combien c’est dur. C’est comme si je beuggais, mais sans comprendre comment, comme un phénomène qui fonctionne tout seul, pour lui-même.
Je ne sais pas si je me sens grande ou petite. J’ai l’ impression d’être là mais je ne sais pas comment et le temps n’existe plus, c’est le brouillard.
Je vais donc essayer de traduire cela dans un dessin.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’avais une idée. Je devais faire apparaître le passé et le présent et aussi les deux morceaux de ma tête qui partent chacun de leur côté.
Je voulais aussi dessiner un petit corps pour exprimer que celui-ci existe. La tête est bien là, même si elle n’est pas en un seul morceau.
J’ai donc commencé par dessiner le corps de dos, puis dans le haut de la feuille, j’ai commencé à dessiner le visage du présent, puis celui du passé, avec l’espace entre les deux, pour traduire le mouvement de décollement.
Pour les couleurs, alors là je souhaitais de la vivacité pour le présent, car dans ce visage là, il y a du beau. Pour le visage du passé du gris et même une goutte de noir.
Pour le décollement, j’ai mélangé les couleurs du passé avec celles du présent.
Pour le fond de mon dessin, là j’ai fait un rappel des couleurs que j’ai choisies pour le passé et le présent, mais le tout dans la légèreté.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, 3B, peinture aquarelle

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Quand j’observe mon dessin, je me dis : « oui c’est ça qui se passe avec ma tête ».
Je me disais aussi que ces symptômes sont quand même bizarres. Ne pas me sentir bien dans le présent dans ces moments-là, peut-être que cela diminue ma frayeur je n’en sais rien. Ce dessin car j’avais besoin de me rassurer, de pouvoir me dire non tu vois, il ne se passe rien de grave et rien de grave, ne se passera, il suffit juste d’attendre que ça se passe. L’écrire c’est facile mais le mettre en place c’est complexe car c’est l’angoisse, le néant qui prend la relève. Mais ça c’est les symptômes des dissociations.