BMP – Troisième étape bis du deuil – Le marchandage

« Pouvez-vous réfléchir sur la notion de marchandage ? »

De mon côté cette partie la du deuil me dérange un peu. Marchandage, je ne vois pas du tout un bon côté dans ce mot.
Avant de chercher sur Internet, la signification de ce mot dans le cadre du “deuil”, voilà comment moi je vais exprimer, je vois ce mot.
Marchander, ce serait marchander pour ne pas être battue, marchander pour ne pas être punie, marchander pour ne pas subir les attaques du Gros, du Reptilien, des mères nourricières. Cela pourrait se dire : « toi tu me fais ça et moi, je te ferais ça ou tu auras ça » ; un peu la carotte. J’emploierais les mots « négocier, passer un pacte, un marché ». C’est un peu donnant donnant !
J’emploierai aussi le mot manipulation de la personne. C’est un peu faire et dire par contrainte. C’est aussi l’attitude d’une personne qui peut ressortir d’un coup dans des moments douloureux, ou de danger de mort toutes ses émotions diverses qu’elle ne pas toujours gérées.
Je dirais aussi que pendant cette période, la personne parfois ne se reconnait pas dans son attitude, je me demande même, si elle la comprend aussi.
Comme je n’avais pas trop d’idée bien bien définie concernant ce mot marchandage, comment bien le comprendre, j’ai trouvé sur internet cette explication :

Étape 3 – La colère et le marchandage : C’est la confrontation avec les faits, qui va engendrer une attitude de révolte, tournée vers soi et vers les autres. c’est aussi une phase de marchandage qui peut prendre une tournure « magico-religieuse ». On promet à une « entité invisible » de ne plus faire telle ou telle chose si la situation originelle pouvait revenir. Les intensités peuvent être variables, selon la maturité affective de la personne. La pensée de la personne s’alimente de fortes contradictions. Elle peut s’emporter  par ou s’enfermer dans le plus grand mutisme. Des pulsions de vengeance peuvent ainsi la pousser à avoir des comportements qu’elle ne comprend pas elle-même. En fait, la personne est confrontée à l’impossibilité d’un retour à la situation première. Elle doit faire le deuil, et passe par de nombreuses émotions : reproches, remords, ressentiments, dégoûts, de la répulsion, séduction ou agression. Exemple : « C’est de leur faute, ils n’ont jamais rien fait pour moi ».

Les phases de deuil d’Elisabeth Kubler Ross

En lisant cela, les mots « reproches, remords, ressentiments, dégoûts » me parlaient bien car c’est ce que je ressens depuis que l’atelier a été arrêté.
Mais je me dis aussi, que sur toutes ces situations, petit à petit mon regard va se calmer, il sera moins dur envers moi, envers la décision et celle qui l’a prise.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je me suis servie du mot “chantage”, mais pas dans le bon sens, pour cette esquisse.
J’ai donc commencé par dessiner les mains qui se serrent l’une contre l’autre, ce qui représente l’idée de faire un pacte, pour obtenir quelque chose. Mais cela traduit aussi le moment où ce n’est pas le bon côté qui est présent.
Puis j’ai continué mon esquisse, en mettant en avant la situation de la carotte : on fait croire à quelqu’un qu’on va lui donner quelque chose s’il se soumet, s’il accepte. C’est une attitude révoltante, manipulatrice.
Pour concevoir la couleur, il y avait du noir dans ma tête, ce noir qui donne à comprendre le côté mauvais de ce mot chantage, Et du gris, car en ce moment cette couleur me parle beaucoup.
Il y a le fait aussi que le mot couleur n’existait pas dans mon cerveau au moment de dessiner cette peinture, je n’y ai pas pensé. Pourtant mon aquarelle était posée devant moi, mais mon cerveau n’a pas capté. Mais je ne vois pas non plus le côté triste en mettant des couleurs grises ou noires !

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Aquarelle, noir d’ivoire
Gros feutre noir.
Crayon HB, 2B, 3B

Qu’avez-vous ressenti ?

•  J’ai ressenti de l’incompréhension encore dans ma tête, mais je dirais que c’est moins violent.
•  J’ai ressenti un peu de colère envers moi mais celle-ci est moins forte.
• J’essaie de me dire : « Béatrice tu n’as rien fait de mal et explique à cette partie émotionnelle qui se sent coupable de ne pas s’en vouloir” et  j’essaie de la rassurer.
• J’ai ressenti que beaucoup de jugements pointaient leur nez, pour semer le doute en moi.
• Je me suis vue dans le noir, une situation qui revient souvent en ce moment, et qui m’effraie.
• Par moment mes gestes étaient compliqués à réaliser, je ne savais plus.
• J’ai ressenti des moments d’égarements et j’ai eu du mal à rester concentrée.
• Je me suis sentie petite dans ma tête.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Je regarde mon dessin et je me dis que ce mot n’est pas flatteur. Marchander ne nous fait pas forcément avancer, mais qu’il faut garder en tête que c’est une étape pour faire son deuil, deuil d’une situation ou d’une personne.
Je me dis aussi que c’est quand même mieux de pouvoir gérer cette situation afin que ça n’aille pas trop loin dans les paroles et attitudes.