L’art thérapie pour venir en aide aux personnes qui ont vécu un traumatisme

Logo-Huffpost-c'est-la-vie
Annabelle de Place Headshot
Annabelle de Place
Responsable marketing et levées de fonds pour l’association The Red Pencil
ÇA MARCHE –
The Red Pencil est une organisation caritative à but non-lucratif reconnue comme institution d’intérêt public à Singapour. Son but est d’apporter les bienfaits de l’Art Thérapie aux enfants, adultes et familles, et notamment aux personnes en situation de détresse que les mots ne peuvent exprimer.
Laurence Vandenborre est à l’origine de la fondation familiale, crée à Singapour en 2011. Art thérapeute depuis 20 ans, Laurence souhaitait créer une structure qui lui permettrait d’aider plus de personnes que ne lui permettrait sa pratique personnelle. Le Red Pencil met en réseau des arts thérapeutes du monde entier, pour venir en aide à des milliers de bénéficiaires partout où les maux ont besoin d’un canal autre que les mots pour se dire.

La mission du Red Pencil

Notre première mission est de soulager, à travers l’art thérapie, la sphère émotionnelle des personnes en souffrance. Nous intervenons auprès d’une centaine d’organisations à Singapour : hôpitaux, écoles, centres de familles et associations caritatives. Nous venons en aide aux personnes issues de familles à faibles revenus afin de leur permettre d’avoir, eux aussi, accès aux bienfaits de l’art thérapie.

Notre engagement va bien au-delà de Singapour : nous organisons des missions humanitaires dans des zones de conflits, des zones sinistrées, des régions touchées par l’immigration réfugiée ou le trafic humain ; nous sommes actifs en Asie, au Moyen-Orient et bientôt en Afrique et en Amérique Latine.

Parallèlement, nous travaillons à promouvoir la profession d’art thérapeute afin qu’elle soit reconnue partout dans le monde. Pour cela, nous offrons des bourses à des art thérapeutes en devenir et soutenons la recherche en Art Thérapie, en collaboration avec des universités, afin d’avoir des données tangibles et des preuves scientifiques sur les résultats de l’art thérapie.

Notre approche

Nous sommes originellement basés à Singapour, ce qui nous permet de rayonner sur toute l’Asie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En mars dernier, nous avons ouvert une antenne en Suisse, ce qui nous rapproche des organisations humanitaires avec lesquelles nous travaillons déjà, comme la Croix-Rouge. Mais surtout, cela nous permet d’étendre notre champ d’action vers l’Afrique et l’Amérique.

Nous bâtissons un réseau d’art thérapeutes dans chaque pays du monde, pour être prêts à intervenir si un évènement survenait quelque part. Pour chaque mission nous recrutons les arts thérapeutes qui feront partie du projet, avec le souhait que la langue natale des bénéficiaires soit parlée par l’art thérapeute, ce qui rend la relation et le travail de guérison plus facile.

Nous travaillons en partenariat avec d’autres associations humanitaires afin de créer des synergies. Nos projets se déroulent en 3 phases -séjours de 10 jours- afin que l’impact positif sur les bénéficiaires soit pérenne. Les mêmes art thérapeutes vont venir en aide aux même bénéficiaires 3 fois à intervalle de 3 à 6 mois.

Lors de ses missions humanitaires, The Red Pencil encourage la technique du « Visual Journaling » et enseigne son programme « Train the Trainer ». Le « Visual Journaling » est une technique d’art thérapie accessible à tout le monde. Elle consiste à prendre un temps pour soi, chaque jour, pour dessiner ses pensées et émotions. Le programme « Train the Trainer » forme les encadrants aux compétences de base en art thérapie afin qu’ils puissent inciter les bénéficiaires à s’exprimer au travers de l’art, et poursuivre le processus de guérison, après le départ des art-thérapeutes.

Grâce à ces outils, les bénéficiaires peuvent continuer à prendre soin de leur bien-être émotionnel par eux-mêmes.
…/…
Pour lire l’article, cliquez sur le logo du Huffpost
Ajoutée le 24 nov. 2015
The Red Pencil’s mission is to bring the benefits of arts therapy to children, adults, families, and their caregivers, as a pathway to balance and wellbeing, with a special attention to those facing overwhelming life circonstances such as natural disasters conflict zones and long-term hospitalizations.
Sometimes words are not enough to convey deep emotions, yet they need attention, release, relief and ultimately Healing.
http://www.redpencil.org/
https://www.facebook.com/theredpencilfoundation
Musique de Jean-Philippe Rio-Py

L’art-thérapie, une ressource négligée en santé mentale

Logo-Le-Devoir-libre-de-penserLe pouvoir du chevalet
Entretiens Concordia — Économie et innovation
24 novembre 2015
Karl Rettino-Parazelli | Actualités économiques

Un Québécois sur cinq sera affecté par la maladie mentale au cours de sa vie, une réalité qui engendre d’importants coûts pour le système de santé. À court de ressources, le Québec se prive pourtant de l’expertise méconnue des arts-thérapeutes, fait valoir Josée Leclerc, professeure au Département de thérapies par les arts de l’Université Concordia.

Les plus récentes statistiques compilées par l’Institut en santé mentale de Montréal indiquent que les problèmes de santé mentale sont répandus et représentent un lourd fardeau financier : on estime leurs coûts directs et indirects à près de 30 milliards par année au Canada. Au Québec, on estimait en 2006 qu’une personne éprouvant des troubles de santé mentale sur cinq n’avait pas pu recevoir les soins nécessaires.
Des données qui indignent Mme Leclerc. « Cette pénurie de services a des incidences énormes, soutient-elle. Économiquement, c’est très important, parce qu’on sait qu’un stress continu a un impact sur la santé physique. »
Ses collègues et elle estiment depuis des années que l’art-thérapie fait partie de la solution à ce problème, mais déplorent que cette discipline ne soit pas reconnue dans la loi définissant les champs d’exercice en santé mentale. Les art-thérapeutes veulent créer leur propre ordre professionnel ou se joindre à un ordre existant, mais font pour l’instant face au refus de l’Office des professions.
C’est vraiment dommage, parce qu’il y a un manque criant de services en santé mentale et en services sociaux au Québec, affirme Mme Leclerc. Si l’Ontario, la Grande-Bretagne et plusieurs États américains ont déjà reconnu l’art-thérapie, pourquoi le Québec ne ferait-il pas de même ? se demande-t-elle.

Approche différente

L’art-thérapie se situe à mi-chemin entre la psychologie et les arts visuels, résume Josée Leclerc, qui dirige le programme de maîtrise en art-thérapie de Concordia. Plutôt que d’inviter un patient à exprimer verbalement des idées ou des émotions, on lui propose de communiquer par une forme d’art, que ce soit la peinture, le dessin ou la sculpture.
Le pouvoir de l’image, c’est d’avoir accès à un monde beaucoup plus symbolique, ce qui permet parfois de dépasser ce que l’expression verbale peut transmettre, note-t-elle.
L’art-thérapeute, qui demeure en retrait, peut ensuite aider le patient à interpréter la création qu’il a devant les yeux. L’art-thérapie n’est pas un dictionnaire de symboles, prévient toutefois la professeure, qui explique que chaque patient est unique.
Plusieurs études concluent que l’art-thérapie permet de réduire les symptômes d’anxiété, d’accroître l’estime de soi ou encore de réduire les troubles liés à la dépression. Elle est actuellement utilisée auprès d’enfants présentant un déficit d’attention, de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, de vétérans ou encore d’immigrants qui se butent à barrière de la langue.
Je me rappellerai toujours mes premiers stages au Royal Victoria, en psychiatrie, raconte Mme Leclerc. Je voyais une personne qui vivait une dépression profonde. Je lui présentais les matériaux d’art, mais elle ne les utilisait pas. Puis un jour, elle a pris un pastel rouge, une feuille de papier, et elle a fait une petite marque sur la feuille. C’est rien, mais c’est tout. Elle commençait à sortir tranquillement de la dépression.
Ce n’est pas de la magie. Il y a évidemment plusieurs spécialistes qui ont joué un rôle, poursuit-elle. Mais ce fut un élément déclencheur.

Des histoires comme celle-là pourraient se multiplier au cours des prochaines années avec l’Atelier international d’éducation et d’art-thérapie Michel de la Chenelière, dont le dévoilement a eu lieu au début du mois de novembre. Cet atelier logé dans le futur Pavillon pour la paix du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) abritera notamment des projets consacrés à l’art-thérapie.
Un premier, déjà en cours au MBAM, s’adresse aux participants du programme des troubles de l’alimentation de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. Ceux-ci prennent un repas au musée, effectuent une visite et prennent finalement part à un atelier d’art-thérapie. Nous sommes en train d’étudier les impacts sur leur anxiété et leur humeur, précise Josée Leclerc.
Un second projet devrait permettre de mesurer l’influence de l’art-thérapie sur les personnes atteintes de troubles cardiaques.

Reconnaissance graduelle

Mis à part les projets réalisés entre les murs du musée montréalais, les art-thérapeutes ont développé quelque 200 partenariats au fil des ans avec des hôpitaux, des commissions scolaires et organismes communautaires, comme la Fondation du Dr Julien.
Leur champ d’action s’étend progressivement, mais sans ordre professionnel, certaines portes demeurent fermées. Lorsqu’ils sortent de l’université (des programmes de maîtrise sont offerts à Concordia et à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), les art-thérapeutes sont pourtant bien formés, répète Mme Leclerc.
S’agirait-il d’une pratique controversée ? Ses effets sont-ils bien réels ? « Les bienfaits de l’art-thérapie commencent à être démontrés, répond la professeure. Évidemment, il y a encore beaucoup de recherches à faire. […] Ça prend des chiffres pour démontrer l’efficacité. Il y en a, mais les échantillons sont réduits, donc on travaille au développement de la recherche. »
Elle croit que, pour se tailler une place dans le système de santé québécois, l’art-thérapie a avant tout besoin de volonté politique, et sans doute de décideurs qui ont l’esprit créatif.
Pour lire l’article, cliquez sur le logo Le devoir de penser