BMP – Le masque


Ces masques de l’angoisse et de la peur, ces masques qui nous empêchent parfois d’aller voir les autres ; de pouvoir simplement demander un renseignement, parce qu’au fond de soi, on n’est pas sûr de soi, de notre idée ou alors on doute sur notre façon de percevoir. On a peur des réactions. Cette angoisse de ne pas savoir s’exprimer, de ne pas être compris et j’en passe.
J’ai encore, par moment, cette impression que mes demandes sont décalées, en dehors du temps et de me transformer en je ne sais pas quoi, mais j’en deviens toute rouge.
Je me dis, que quand même, ce masque il faut l’enlever, qu’il ne doit plus faire barrière. Quand il est présent, je me sens trop lourde, comme si je pesais des tonnes, et fuir est impossible. Ce masque qui est lourd à porter, prend encore bien trop de place dans le présent. La timidité qui est en moi et qui me transforme en tomate, c’est sa marque à lui.
Ce manque de confiance en moi est terrible. Je voudrais arriver à ne plus douter dans ce que je fais et de mes opinions.
Je me fais peur moi-même ça j’en suis consciente, ce qui provoque chez moi des angoisses par moment interminables.
J’essaie de travailler tout cela. Tout comme je me répète : « tu es capable et tu es dans le temps présent Béatrice ! » Cette trouille ahhh ça ce n’est pas rien ! Mais j’essaie encore et toujours, car c’est cela qui va m’aider à me surpasser et à surpasser mes trouilles etc. Ça je peux y arriver quand je suis bien moi Béatrice. Après quand je suis dans le trouble entre les deux là c’est plus complexe.
Mon dessin traduira donc cela : ce masque qui m’enserre.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour traduire cela, mon idée était de représenter un geste qui permet à ce masque qui m’enserre, qui m’étouffe, qui m’envahit de se dérouler. Faire ce geste, c’est pour moi déjà le début.
En premier, j’ai dessiné un visage, qui représente la personne, elle-même, puis j’ai continué en esquissant une main avec son bras, mais qui ne tient pas le visage.
Ensuite j’ai continué en faisant apparaître le « masque » qui est comme une présence d’un deuxième visage. Cette main qui le tient, fait ce mouvement de commencer à le décoller du premier visage, qui est le vrai visage de la personne. Puis pour terminer j’ai fait apparaître un semblant de corps.
Pour les couleurs de mon esquisse, j’avais en tête, la couleur rouge cramoisie. J’ai donc en plus de cette couleur, choisi un petit marron très clair et un gris mélangé avec un peu de cramoisi.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B,3B,6B. Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Quand j’ai regardé mon dessin, ma première réaction a été que cette sorte de timidité est comme un manteau très long, qui m’entrave. Il me fait aussi penser à un double visage et cela je le vis très mal. Je dois donc continuer à travailler là-dessus pour pouvoir avancer, sauf que c’est me faire violence par moi et augmente ma trouille. Mais voilà c’est ainsi qu’on avance !

BMP – Les jonquilles en fond d’encres aquarelles


Cette idée m’est venue tout simplement en allant à mes séances psy. A chaque fois, je passe devant un parterre de jonquilles, et à chaque fois, je voudrais que le taxi s’arrête pour que je puisse en faire un bouquet énorme, comme pour ramener le soleil avec moi.
Je pense que c’est sa robe jaune qui m’attire : elle me fait penser au citron. La jonquille évoque aussi la fleur du bouton d’or. Sa couleur jaune me fait penser à la douce chaleur du soleil qui effleure parfois notre joue et je pense à ces petits moments, où il joue à cache-cache avec les nuages et revient doucement nous caresser et nous fait ressentir sa présence.
Dans cette couleur soleil il y a, à la fois du tonique et du doux, de l’énergie, de la richesse, de l’intelligence. Par moment je me dis que les fleurs savent nous fait voyager dans leur couleur mais aussi dans leur forme.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Installée dehors, accompagnée de ce beau soleil, mais aussi de ce léger vent qui dansait dans cet arbre où les bourgeons sont tous éclos, j’ai donc fait danser mon pinceau sur la feuille. Je voulais également dire à madame l’angoisse de me laisser tranquille, et à monsieur le doute de me lâcher. Ah ça c’est une longue histoire que l’appellerait pot de colle !
J’ai donc commencé par créer le fond de mon dessin avec les encres aquarelles liquides en tapotant légèrement avec du coton. Je voulais faire parler cet imaginaire que par moment les fleurs peuvent faire naître en nous.
Puis j’ai continué mon dessin en dessinant les esquisses de mes deux jonquilles au crayon de papier et ce n’est qu’après que j’ai pu faire apparaître les couleurs aquarelles.
Je souhaitais provoquer des mélanges agréables comme le jaune des jonquilles, agréables comme le doré du soleil qui vient nous dire bonjour.
Je souhaitais passer un doux moment tout simplement 🙂 !

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic HB, encres aquarelles liquides, peinture aquarelle.