BMP – Couleurs


Un petit dessin coloré surgi au milieu de mon travail sur le deuil.

Je voulais faire un dessin dans lequel seraient mélangés la peinture aquarelle et les pastels secs, et j’avais envie de faire des ronds, comme des planètes. Je me dis que j’avais le droit de mettre ce dont j’avais envie sur une feuille de dessin, que cela pouvait être sympa et puis je voulais un dessin fleuri de couleurs

Comment avez-vous procédé pour concevoir votre esquisse ?

Pour démarrer cette esquisse, j’ai donc commencé par représenter et positionner les ronds, et ce n’est qu’après que j’ai fait naître mes autres formes autour. Je voulais tirer des traits noirs, pour bien montrer que les ronds étaient bien séparés. Je ne voulais pas qu’ils se mélangent. Ce mot mélanger sur ce moment présent m’effrayait, à la limite me répugnait.
Pour concevoir le manteau en aquarelle, mon idée était de mettre plein de couleurs mais sans trop réfléchir où je les déposerais sur ma feuille, il s’agissait de faire apparaître un manteau panaché. Je pense aussi que je voulais noyer ce mot douleur dans celui-ci.
Dans ma tête, je m’amusais aussi à faire des relations du style :
Douleur = panser la douleur par la couleur = douceur pour le corps
Mettre des couleurs = c’est bon pour le moral.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Peinture aquarelle, finition crayons de couleurs et pastels secs

Qu’avez-vous ressenti ?

• Je me suis aperçue que les couleurs me causaient encore par moments des angoisses très fortes.
• Je ne voulais aucune empreinte sur la feuille provenant de mes mains.
• J’avais envie de propre dans ma tête et d’espace.
• J’avais envie de me glacer le corps, mon envie de glaçons a augmenté
• J’avais envie de sucré, et de couleur rouge.
• Je me suis perdue dans mes idées car cela allait trop vite dans ma tête quand je réfléchissais, comme un trop plein qui demandait à sortir.
• Je me suis revue dans le noir mais je ne sais pas ou j’étais, je ressentais de la frayeur dans ma tête.
• J’ai fait une pause pour revenir dans le présent, je me sentais lourde, alors, je me suis mise à compter jusqu’à 50.
• J’avais une odeur d’humidité dans mon nez.
• J’ai eu des moments d’étouffements, et je me sentais serrée en moi.
• Je me suis perdue un peu dans la réalisation de mon tableau, mais j’essayais de ne pas culpabiliser, car à un moment donné j’entendais les voix des mères, leurs odeurs étaient là.
• J’ai vu une marre de sang sur l’écran du téléviseur, j’ai cru vraiment qu’elle était réelle.
• Par moment j’étais préoccupée, mon attention filait.
• Pour en finir suivre le mouvement est toujours une découverte pour moi, j’ai cette impression de rester toujours dans la découverte, ça fait du bien dans ma tête. Malgré les petits passages à vide mais bon … 🙂

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin les ronds me faisaient penser à des boules de Noël.
Ma première réaction a été de rechercher s’il y avait mes empreintes de doigts.
Je ne ressens pas d’angoisse. Je me disais qu’un dessin de couleur fait revenir le sourire.

BMP – La mélancolie



Je perçois la mélancolie comme quelque chose qui nous envahit peu à peu doucement, et qui nous pousse à nous refermer sur nous-même. Mais dans cela il n’y a rien d’agressif.
La mélancolie ce n’est pas un mot que j’emploie. Pourtant je trouve ce mot doux dans sa prononciation, ça évoque pour moi une mélodie où ou rien n’est agressif.
J’avais en moi le mot “nostalgie” qui allait avec “mélancolie”. Je suis allée plusieurs fois sur le blogue pour être bien sûre que c’est sur ce mot que je devais travailler, et cela c’est bien la première fois que cela m’arrive.
Cela m’a permis de prendre un peu de recul, et les idées ou plutôt les mots sont apparus. Il y avait renfermé, recroquevillé.
Mon idée était de représenter les différentes étapes de ce mot mélancolie, car pour moi c’est quelque chose de progressif.

Comment avez-vous procédé pour créer ce tableau ?

J’ai donc commencé par dessiner dans le bas de ma feuille, le début du corps et le visage où l’on aperçoit une larme, mais une larme qui ne coule pas, parce qu’elle est retenue par la personne. Elle est juste arrêtée.
Puis j’ai continué en dessinant ce grand corps en entier, corps qui est la représentation de la même personne dont la larme ne coule pas. Un corps légèrement renfermé sur lui-même, où le mot mélancolie commence à l’envahir doucement.
Puis j’ai terminé mon dessin en créant cette petite forme qui ne prend que peu de place, dans la tête de ce grand corps. C’est toujours la même personne mais en beaucoup plus petite. Cela représente l’évolution finale de ce mot mélancolie.
Pour concevoir les couleurs, je me suis servie un peu des couleurs du tableau qui se trouve sur le blogue : Le savant mélange des émotions, je me suis référée à ce mot mélancolie dont les couleurs sont : bleu et jaune.
J’ai aussi fait un léger mélange entre elles avec une touche de blanc.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Crayon HB, 2B. Aquarelle  Bleu céruléum, blanc de Chine, jaune citron

Qu’avez-vous ressenti ?

J’ai ressenti une espèce d’hésitation pour cette aquarelle, comme si le mot nostalgie semait un peu la pagaille.
Plus je prononçais le mot mélancolie, plus je le trouvais doux par rapport au mot triste. Je le trouvais moins violent.
Je me demandais pourquoi je ne voulais pas que cette larme sur ce visage coule. Je n’ai pas trouvé de réponse, et je trouvais cela angoissant. J’ai encore du mal à me dire qu’il n’y a pas forcément une raison.
J’ai ressenti une douceur dans ma tête en utilisant ce bleu, mais je ne sais pas j’avais le besoin de repasser dessus plusieurs fois ; je voulais qu’il soit bien mis avec mon pinceau, je ne voulais pas le moindre défaut.
Je me suis revue petite assise dans mon coin dans cette chambre, mais je ne suis pas capable de dire ce que cette petite ressentait en elle.
J’ai ressenti de l’humidité, cette odeur était dans mon nez, elle était même gênante pour me permettre de penser, et il y avait une espèce de froid qui l’accompagnait. J’avais froid dans mon nez.
Quelques moments d’égarement dans le temps, mais rien de grave.
Je suis peinée de ne pas pouvoir montrer cet exemple de l’art-thérapie, finalement je me disais qu’on n’y croyait pas ou que l’on ne me croyait pas.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon aquarelle, je ressens un apaisement, je me disais que se laisser envahir par la mélancolie faisait finalement du bien.