BMP – Feuilles de couleurs


J’apprécie les couleurs d’automne, une saison qui, pour moi, a une si grande diversité de couleurs.
Pas loin de chez moi, il y a un jardin, “le jardin botanique” et en cette saison, les différentes couleurs explosent, même avec le froid, elles sont là. Parfois elles se changent en des couleurs allant du plus clair au plus foncé. Parfois même quand on observe attentivement une feuille, on peut y voir deux ou trois couleurs qui se suivent.
Pour moi, aucun automne ne ressemble à un autre. C’est toujours du renouveau, comme pour faire naître une nouvelle continuité dans les manteaux de couleurs, qui ne finissent jamais de danser dans chaque nouvel automne.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour faire naître ce dessin, je voulais mettre plein de couleurs mélangées entre elles et dans divers tons. Je souhaitais garder en tête cet automne, ces odeurs toutes particulières. L’odeur des champignons, de l’humidité, du bois mouillé, du moisi. Même dans l’air il y a cette ambiance ; on perçoit tout de suite que l’été n’est plus là, je trouve que l’automne est une saison particulière en tout.
Je voulais donc dessiner des feuilles, des petites, des tordues, des grosses… Cela m’était égal, du moment que la forme était reconnaissable et que je puisse y déposer mes couleurs d’automne comme ça me parlait dans ma tête.
Celles-ci sont dans la direction du bas, mais ça c’est normal c’est l’automne et ces feuilles perdent leur tonus.
Je ne voulais pas non plus que ma feuille soit remplie de feuilles, car je souhaitais faire un fond toujours avec plein de couleurs mais avec des pastels.
Faire en plus un mélange de matière différentes pour faire chanter les couleurs.
Je pense que je voulais tout faire, pour retranscrire cet automne dans tous les sens.
J’ai donc commencé par faire naître mes premières formes au milieu de ma feuille. Mais par moment j’avais une image de quelque chose de pas centré du tout, mais qui devait rester en un seul morceau dans sa forme. Comme pour ne pas m’éparpiller partout, comme cadrer dans quelque chose de positif. Pas de prise de tête, juste prendre plaisir à déposer ces couleurs de mon « automne à moi » et pour cela je devais dessiner un peu plus de feuilles, en ne les éparpillant pas partout dans ce dessin.
Pour concevoir le manteau de couleur, j’ai déposé plusieurs couleurs aquarelles sur ma palette, celles qui font penser à l’automne et celles qui me parlaient à ce moment précis. Je n’ai pas cherché à les placer de telle ou telle manière, non je les ai déposées avec ma logique du moment, pour que cet automne parle.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Feuille de format 50 x 70 cm à grain fin.
Crayons de papiers, HB, 3B, 4B
Aquarelle, pastels gras.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observent mon dessin, je me suis dit que j’aurais dû diluer davantage l’aquarelle pour faire apparaître un automne plus apaisant et plus calme. Une situation que je ne ressens pas vraiment avec mon dessin, mais les couleurs sont là, et puis cela m’a permis de me poser un peu dans ce temps présent, mais aussi de réfléchir.

BMP – Les mains du partage


Je souhaitais refaire un dessin sur le mouvement des mains, car le dernier que j’avais fait en voici le lien BMP – Jeux de mains, n’a pas fait vraiment naître une situation riche en émotion dans le présent.
C’est je trouve le passé qui s’est exprimé dans ce dessin et cela m’a un peu attristée, parce que ce n’est pas ce que je voulais transmettre.
Quand je réfléchissais à ce dessin, ma première pensée a été de créer des mains qui expriment le partage et qui montrent les émotions que l’on peut ressentir. J’en reviens à la relation humaine, car ce sont bien des émotions fortes qui apparaissent lors de mes échanges avec les personnes migrantes. Il se passe dans ces moments-là comme une transmission, on reçoit quelque chose et il y a aussi une acceptation. Cela (cet échange) se confirme également dans leurs dessins, mais aussi dans les sourires, dans leur gentillesse, dans l’écoute, dans leurs gestes. C’est dans leurs attitudes en générale. C’est cela que j’aurais dû exprimer dans mon dessin précédent des mains.
Donc dans ce dessin, je devais faire apparaître plusieurs mains dans des postures différentes, pour montrer que celles-ci font des gestes différents.
Puis je devais chercher un petit détail qui ferait parler cette force qui se passe dans nos échanges etc. Et là j’ai pensé à des espèces de racines qui seraient reliées à toutes ces mains.
Des racines comme celles des arbres, car je trouve que celles-ci représentent bien cette force et cette longévité.
Ces racines qui peuvent être parfois très longues, très profondes, et qui sont difficiles à détruire, ce qui montre bien la force qui est en elles.
Cette force de caractère de toutes ces personnes migrantes retranscrit également cette force de vouloir se battre pour rester en France. Apprendre le français pour également mieux partager mais aussi pour comprendre les autres personnes. C’est une marque de respect je trouve.
J’ai choisi les mains comme forme, car je trouve que c’est par celles-ci que l’on peut se faire une idée des personnes. Je m’explique : une personne qui vous serre la main alors que celle-ci n’a aucune force, qu’elle glisse dans la votre, pour moi, cela reflète une personne « molle » etc. J’aime bien serrer des mains dans lesquelles je sens de la confiance et non des doutes. Quand je serre la main de toutes ces personnes réfugiées et bien je ressens une certaine fermeté positive, c’est franc et sûr. Leurs mains ne glissent pas dans la mienne, on sent qu’on est dans le présent et qu’une relation humaine est là, et non du semblant ou autre. Et je dirais que cette attitude fait également partie des émotions qui se transmettent.
Et en ce qui me concerne, c’est ce que je voulais exprimer : cette force positive qui se dégage quand je suis en relation avec ces personnes migrantes. Cette relation humaine qui se passe.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai donc commencé par dessiner les premières mains qui se trouvent en bas de ma feuille. Dans une position un peu comme des racines, de manière à faire apparaître ce qui est fort et ce qui se dégage. Puis je suis remontée doucement vers le haut de ma feuille, tout en dessinant des mains dans le mouvement. Et le fait de les dessiner proches les unes des autres, met en évidence cette notion de partage. Mais je voulais que cela soit représenté discrètement.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, j’avais cette peur qui revient sans cesse que l’aquarelle allait comme gommer certains détails, en le recouvrant de couleur.
Et pourtant je voulais y incorporer de la couleur. Je devais donc travailler sur les nuances, c’est-à-dire par moment plus dans le foncé ou dans les tons clair. Ainsi les détails apparaîtraient, détails qui resteraient en gris.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, HB.
Aquarelle

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observent mon dessin, je me disais que celui-ci fera partie des peintures que j’aimerais exposer avec les autres productions que j’ai faites en rapport des personnes migrantes. Ce sont des mains positives et qui existent dans le présent.
Je ne ressens pas d’angoisse non plus. Je rajouterais la situation de bienveillance qui est là, dans les deux sens.