BMP – Le rugissement d’une forme de visage de profil avec une bouche légèrement ouverte


Ça fait du bien de reprendre mes pinceaux. Un moment de pause bien agréable. Parfois à courir un peu partout comme une puce sur du 1000 volts, on a besoin de se recentrer sur soi-même. Heum  ça c’est mon psy le docteur L. qui me l’a dit 😊 enfin il me l’a rappelé… car moi parfois je le mange.
Prendre son pinceau permet de diminuer un peu la force des dissociations. Un ensemble qui ma foi est, comment dire, à savourer dans le temps présent ? Oui oui c’est bien cela 😉.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Installée devant la fenêtre  du salon, grande ouverte, le soleil n’était pas vraiment bien levé. Un petit vent doux est venu me dire bonjour également. J’aime bien me retrouver comme ça le matin de bonne heure quand tout le monde dort encore.
Me voilà donc partie. Mon matériel était près de moi pour éviter de me lever plusieurs fois. Oui j’ai un peu de mal… la marche d’hier se fait sentir dans mon corps, mais ça va passer et ça va le faire 🤣 je suis robuste !
Ma feuille devant moi, je commence donc par prendre un glaçon avec lequel je mouille ma feuille en faisant des petits gestes.
Ah ! le froid me fait du bien. J’allonge bien ma main sur ce glaçon et je profite de ce moment. Je serais à la limite à demander au glaçon de ne pas fondre.
Une fois ce petit moment de fraîcheur passé, je dépose la couleur jaune sur ma feuille et je m’amuse avec mes doigts à mélanger doucement ce duo : (l’eau du glaçon et le jaune aquarelle). Jaune comme la peau de mon citron que j’ai pressé ce matin. Ou alors jaune comme la couleur du petit Prince.
Je recherchais cette fraîcheur qui disparaissait petit à petit sous mes doigts. Beaucoup trop vite je trouvais. Je devais donc rajouter d’autres glaçons à mon dessin pour pouvoir ramener cette fraîcheur.
Pour continuer ma composition, j’ai donc rajouté du violet car à ce moment-là je pensais aux Lilas. Non il n’y a pas de lien avec ma production.
Mais quand ça me parle de ma tête, j’essaye de déposer sur ma feuille et oui j’ai du monde dans ma tête  🤣🤣😊.
J’ai continué mes petits mélanges en rajoutent d’autres glaçons, des petits et des gros. Je devais faire également attention que ma feuille ne se transforme pas en piscine. Mais en faisant mes petits mélanges, j’ai vu surgir subitement une forme de visage de profil avec une bouche légèrement ouverte. Le hasard se fait entendre.
Je m’éclate quand je vois apparaître de l’inattendu dans la forme de mon dessin qui est en cours. Car je m’amuse par la suite à embellir celle-ci pour ne pas la perdre et pour lui donner une existence. Cela m’arrangeait bien parce qu’en fin de compte l’idée de départ de mon dessin du début avait complètement disparu de ma tête.
Pour ce visage, je ne sais pas je voulais lui apporter une espèce de chevelure en tempête de couleur jaune or. Je souhaitais apporter plus de mouvement à ce jaune qui était déjà sur ma feuille que je venais de déposer juste avant d’apercevoir cette forme de visage. J’ai fini la bouche et j’y est rajouté des yeux. Les oreilles ça m’était égale, car il y avait assez de monde dans ma tête, j’écris cela car par moment j’avais cette impression de ne pas me reconnaître dans mes pensées. C’est assez déroutant mais bon !
Je ne sais pas quelle heure il est, ça n’a pas d’importance, mais j’avais besoin de me confirmer dans la tête quel jour on est. Peut-être pour revenir dans le temps présent, ou alors pouvoir me dire, aujourd’hui tu restes dans ton cocon.
L’inattendu parfois nous fait rire mais cet inattendu que je venais de découvrir je pouvais encore avoir la main dessus, pour pouvoir le faire évoluer. Je ne me sentais pas dans le vide. Pourtant il y avait une petite angoisse de perdre ce visage en finissant mon dessin.
C’était devenu quelque chose de précieux et je devais en prendre soin.
Je devais écouter et entendre cet inattendu qui m’a permis de faire apparaître un autre dessin en peinture aquarelle.
Comme une naissance qui était vraiment imprévue dans le temps présent et à l’instant présent. Nous sommes bien samedi et je ne bouge pas sauf s’il y a un autre imprévu 🙂

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Glaçons, peinture aquarelle.
Cette production a été conçue sur une feuille de format de 36 x 46 cm.

BMP – Un dessin fait avec l’huile de cuisine et des glaçons

Il est impossible de ne pas prendre des glaçons même si le soleil tape moins
Avec les glaçons, je profite, avec le toucher, de leur fraîcheur. C’est grâce aux nombreux mouvements, toujours renouvelés, que je fais en déplaçant le glaçon sur ma feuille, que je fais naître un dessin.
Ce que je souhaitais à ce moment, c’était de  sentir dans ma tête, cette symbiose entre cette fraîcheur et le toucher de mes doigts,  car chez moi cette situation reste parfois encore complexe.
J’aime sentir et couler sous mes doigts la fonte de l’eau que le glaçon laisse derrière lui quand celui-ci disparaît.
Là aussi j’en ressens une différence de température. Je la trouve tempérée, c’était comme si le froid s’était détaché du glaçon.
Pour moi il y a de multiples découvertes à faire, mais aussi à découvrir avec les glaçons, c’est comme un iceberg infini qui se dresse devant moi.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Quand j’ai commencé mon dessin, je me disais que je ne pourrais pas tout gérer, par exemple le sens du mouvement de l’eau du glaçon qui fond, mélangé avec l’huile qui bougera sur la feuille, ou bien encore le mélange avec les couleurs aquarelles.
Les couleurs peuvent variées selon la grosseur du glaçon qui fond sur ma feuille. Cela c’est ce que j’appelle de l’imprévu, mais je savais que moi, après, je pouvais aussi le transformer avec le geste de mon pinceau.
Alors pour commencer, j’ai fait couler sur ma feuille de l’huile et j’y ai déposé un glaçon moyen et j’ai mélangé le tout. Ensuite, j’ai commencé à mettre directement sur ma feuille du jaune aquarelle et j’ai mélangé à nouveau. Par moment je voyais apparaître dans mon mélange des petites bulles et ça je savais que c’était l’huile qui se faisait comprendre, je pouvais le faire grandir sur ma feuille.
Puis j’ai continué en rajoutant un peu de bleu, mais là j’avais sur ma feuille un peu plus d’eau car le glaçon avait bien commencé à fondre.
Par moment sur ma feuille, cela ressemblait à une piscine mais ce qui était intéressant est que je pouvais m’en servir pour continuer à faire apparaître d’autres formes nouvelles parfois inattendues et non maîtrisées sur mon dessin, ce qui quand même m’angoisse un tout petit peu.
Mais cela, provoquait en moi, une sorte de suspens, car je ne savais pas ce qui allait parfois apparaître.
À la fois je voulais laisser aller le mouvement du glaçon ou du pinceau sur ma feuille mais aussi le retenir.
C’est à ce moment-là que je me suis décidée à rajouter de la couleur blanche, pour que ma forme devienne plus fragile et discrète dans son ensemble.
Puis subitement je voulais y mettre une couleur plus voyante, comme un rose foncé, mais bien dilué dans l’eau de la fonte des glaçons.
Par moment je ne savais plus, dans ma tête ça devenait trop compliqué, je voulais  tout maîtriser et je ne savais plus ce que je devais choisir ou faire.
Alors pour terminer, j’ai fait avec ce que j’observais sur ma feuille et dans les couleurs.
Je voulais que ma production ne soit pas du n’importe quoi, je souhaitais qu’il y ait un but. Comme pour me rassurer toujours et encore, je veux dire être certaine de ne pas partir dans une direction où je ne pourrais plus rien maîtriser et qui pourrait alors être dangereuse pour moi.
Pourtant je sais une chose : mon idée parfois de départ n’est jamais celle que j’observe à la fin de ma composition. Allez savoir pourquoi, mais je prends toujours autant de plaisir !

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Production réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Aquarelle. Glaçons, huile de cuisine.