BMP – L’horizon sans les bois

BMP – L’horizon sans les bois
Je souhaitais essayer de dessiner une autre forme de l’horizon, en mettant une couleur jaune ensoleillée dans cette production et j’avais envie de travailler un peu avec l’encre de Chine et le pinceau.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

L’idée était de faire naître un paysage, ce que je ne fais que très rarement, car j’ai cette impression que celui-ci ne serait jamais trop réaliste au regard.
Alors pour cette fois-ci je me suis dit : “vas-y, lance toi”. Essaie !
D’après ce que j’ai pu lire ou entendre, il semblerait que le plus facile soit de faire apparaître un paysage de forêt. Alors pourquoi pas ? Dans mon cerveau ça me parlait tout de suite et ça me disait  que je devais nuancer le nombre d’arbres, que je devais faire attention à ce que cette forêt ne soit pas étouffante et qu’elle nous donne la bonne dose d’oxygène, l’air frais dont nous avons besoin.
Donc si je dessinais tous ces éléments, ma production devrait-être bien et dans sa forme et dans son rendu et surtout elle devait nous faire partager cet air frais et bien oxygéné que l’on peut sentir quand on va se promener dans les bois.
Pour faire naître mon esquisse, j’ai donc commencé par faire apparaître les arbres positionnés en arc de cercle, cet effet que nous devions observer si on relevait la tête vers le haut, vers le ciel.
Pour moi, c’était bien la position de ces arbres qui était importante et qui donnerait vie à cet horizon.
Tout en dessinant les arbres, j’observais où je pouvais déposer avec mon pinceau ce ton jaune ensoleillé en peinture aquarelle.
J’ai rajouté ensuite quelques branches et c’est tout. Je suis passée à la phase couleur et j’ai commencé par mettre ce ton jaune avec un peu de vert à la place du ciel. Puis j’ai peint les arbres en noir.
J’ai continué en travaillant sur les branches des arbres. J’ai utilisé le Sopalin avec de l’encre de Chine de couleur noire, coupée par moment avec le mouvement de mon pinceau et de peinture aquarelle noir. Cela prenait une belle allure ! Mais je devais me modérer pour mettre ce noir : il ne fallait pas trop que j’en mettre, mais suffisamment.
Une fois achevé, pour terminer ma production, j’ai rajouté un peu de bleu, pour donner cette impression que le ciel était  présent dans ma production. J’ai donc fait un petit mélange avec mes couleurs, jaune, vertes et bleues.
Je n’ai pas fait de finitions au crayon ou autre, ce n’était pas nécessaire. Je souhaitais du naturel, comme la nature qui nous fait ce cadeau quand on va se promener et que l’on aperçoit sa beauté et sa sans retouches.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, peinture aquarelle. Encre noire.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

J’observe ma reproduction, dans ma tête je ne me sens pas trop mal. J’écrirais juste qu’une petite angoisse est là.
Ce que je fais en premier, c’est de regarder si l’horizon est bien présent dans ce tableau, car c’était le but premier ; qu’il se fasse bien voir. Un moment agréable avec l’encre de Chine !

BMP – Un dos en forme de guitare

BMP – Un dos en forme de guitare
Toujours en route pour créer de nouvelles productions concernant les instruments de musique, que la douleur soit là, ou qu’elle soit absente. Mon but est de compléter la suite de mes productions concernant les instruments de musique.
Qu’il y ait ou non de la couleur, l’important est de reconnaître la forme d’un corps, de lui donner une existence, un nom, une vie, des émotions comme s’il était vivant. Cela, je pense qu’on peut le traduire par une forme sur une feuille, le faire parler, l’entendre et sortir du silence, du néant.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Il fallait que le corps soit vu de dos. J’aime cette position : les courbes d’un corps qu’il soit plus ou moins enrobé, reste dans une harmonie qui lui est spécifique.
Ces courbes sont toutes spéciales. Elles représentent ce que nous sommes nous et peut-être aussi ce que l’on devient dans le présent, c’est notre corps et donc notre identité aussi.
Reprendre un corps dans sa forme et la retransformer, c’est quelque chose que je trouve intéressant. Garder les traits du début, ne pas tous les enlever, permet de garder l’identité primitive et c’est important.
Pour cette création, j’avais toujours dans ma tête, la musique, la discrétion et le bien être. À ce moment-là, la souffrance, la douleur physique, psychique, n’existaient plus du tout. C’est cela aussi qui m’incite à faire naître des corps même si parfois ils sont en morceaux.
Là je souhaitais sentir un peu de calme dans le mien. Je sais que quand je dessine, mon attention est moins axée sur ce qui me dérange sur le moment présent. Comme si ce que je je sentais en moi était aspiré par le geste de mon crayon et introduit dans la naissance de mon dessin. Au cours de ce nouveau travail, c’était ce que je désirais ressentir en moi.
Pour déposer les couleurs, un mélange de vieux produits, que j’avais retrouvés, en même temps je redonnais une autre vie. Je voulais un mélange de tons, pour mieux incorporer ce qui m’ennuyait, comme si de rien n’était. Inconnu, disparus et hop comme si de rien n’était. Inconnus, disparus les sensations douloureuses.
Pour la finalisation de mon travail, j’ai rajouté en collage un morceau de Sopalin ou j’avais travaillé mes couleurs dessus. Les mêmes couleurs employées pour le corps vu de dos, mais davantage mélangées entre elles.
Je trouvais que l’ensemble allait bien, qu’il était harmonieux : bref un petit plus, qui comme je l’écris souvent, est loin d’être négligeable.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Un mélange de vieilles couleurs Déco Pébéo et encre liquide de couleur bleu, rouge, violette.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production, dans ma tête je ne sens pas mon cerveau en morceau. Cependant, dans celui-ci le pouls tape fort. Je ne sens pas de violence, alors j’écrirais que je me sens bien. De toute façon, j’ai passé un agréable rendez-vous avec moi-même à faire naître cette composition.