BMP – Une main de couleur et une main noire

BMP – Une main de couleur et une main noire
Pour tout dire, je voulais pour cette production, juste me servir de ce crayon blanc Pen Gel. L’idée était de transformer ma feuille noire en une feuille blanche, avec l’aide de tout petits motifs, mais mon cerveau n’a pas suivi.

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Transformer ma feuille noire en feuille blanche, avec deux empreintes de mains qui seraient au centre de cette même feuille. Sauf que l’idée de petits motifs a juste traversé mon cerveau. Quand j’ai voulu commencer, je me suis sentie perdue. Je ne savais plus comment réaliser cette envie sur ma feuille. Ce malaise que je ressentais, je ne voulais pas qu’il déborde sur ma feuille. Alors j’ai pris ce crayon blanc et j’ai commencé à colorier toute ma feuille qui était noire. Je coloriais sans trop réfléchir, l’inquiétude de ne plus savoir commençait à me travailler alors que je faisais des grands mouvements avec mon poignet et mon crayon sur cette feuille, qui peu à peu se recouvrait de son manteau blanc, blanc comme la neige.
J’arrivais vers la fin. Je percevais les deux empreintes aux mains noires, je trouvais cela attirant. Je voulais mettre cette création de côté. Mais subitement, j’ai ressenti le besoin de rajouter quelque chose de plus sur cette création commencée, mais je ne trouvais pas quoi. Ma production est alors restée de côté deux jours sur le chevalet et à chaque fois que je passais devant, je cherchais quel serait cet autre mouvement que je pourrais rajouter en plus. C’est le deuxième jour que l’envie de faire apparaître une main colorée et de laisser l’autre de couleur noire, a subitement fait disparaître mon interrogation. C’est à ce moment-là, que j’ai commencé donc à déposer des tons brillants et colorés sur cette main.
Je me sentais rassurée. Une partie de moi trouvait ridicule d’angoisser devant une interrogation. C’est vrai pourquoi cela ? Pourtant, j’étais incapable de répondre à cette question ridicule. Je sentais bien que rester dessus, allait me torturer le cerveau. Alors je suis passée aux finitions ce qui a calmé un peu tout cet ensemble de va-et-vient dans mon cerveau. J’avais l’impression que tout avait disparu et que c’était le mouvement de BMP qui était bien là mais plus apaisé. En fait, elle n’avait jamais disparu BMP, elle était simplement perdue dans ses idées.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Création conçue sur une feuille noire de format 29,7 x 42cm. Un crayon à papier pour donner naissance à l’esquisse. Un crayon Pen Gel premium de couleur blanche et des couleurs pen Gel premium. Un feutre noir.

Que ressentez-vous face à votre production ?

Je regarde ma production, je me sens bien dans le présent et plus dans mes chaussons. Je ne sens plus ma question alors j’ai envie d’écrire que ça va bien !

BMP – Le galet coloré

BMP – Le galet coloré
Il y avait un moment que je voulais me lancer à faire un dessin sur un galet. Mais j’ai toujours reculé. Je pense que ce qui m’a mis mal à l’aise, c’est qu’il n’y a pas assez de place… Ça change de mes feuilles blanches. Mais avec le temps, je me suis dit : allez lance-toi !
Avant de commencer cette expérience, je devais me renseigner sur ce qu’il fallait comme médium.
On peut donc utiliser : des feutres aquarelles, des crayons Posca, mais c’est assez onéreux surtout pour débuter. Il vaut mieux donc se retourner, si on le peut, avec des feutres acryliques que, de mon côté, j’ai achetés chez action, plus du vernis liquide ou en bombe pour maintenir la forme de notre dessin.

Comment avez-vous concrétisé votre travail ?

Je me suis donc installée devant la fenêtre de la cuisine. Sur ma table plusieurs formes de galets ; des grands, des moyens et des tout petits.
Pour commencer, j’ai donc choisi un galet qui me semblait assez grand pour faire naître une première création.
Je n’ai pas non plus oublié de sortir mes feutres aquarelles qui me serviront pour déposer le manteau de couleur sur la surface de ma forme.
D’ailleurs, en parlant de mon esquisse, je souhaitais, pour commencer,  jouer avec les courbes… Mes premiers traits m’ont permis de faire apparaître un visage, un chapeau, un bras et une main. Ce n’est qu’ensuite que j’ai commencé à déposer les premières couleurs avec mes feutres aquarelles. Je pensais déjà à ma prochaine idée d’esquisse.
Mon angoisse avec disparu, mais quand même, il y a ce manque de place sur ce galet. Cela me rappelle un peu les limites.
Petit à petit, je dépose donc mes couleurs sur mon galet. Tout de suite, je me suis dit : il va falloir que tu fasses un autre galet avec beaucoup plus de détails. J’en reviens à plus travailler les détails, etc. Un fait que je n’avais pas l’impression de faire à cet instant présent.
Mais je me suis dit : aller, ce n’est qu’un premier essai. Tu pourras faire encore mieux.
Mon cerveau a gardé le fait que je suis dure envers moi-même. J’essaie de travailler là-dessus. Mais il y a cette pulsion avec cette voix qui me rappelle la brutalité des mères nourricières. « Avance et tais-toi et ne te plaints pas ! »
Par moments, ceci ressemble à des épées de Damoclès… Mon cerveau se met en mode, je fais. Je n’ai plus l’instinct à me poser des questions…
Pour les couleurs de ma production, je me suis promenée dans l’orange, le bleu, le violet, le jaune et une touche de rouge.
Pendant que je déposais mes tons divers, je trouvais un manque. Un moment déstabilisant, car je ne savais pas quoi faire de lui. Celui-ci en sensation dans ma tête était complètement différent. J’ai essayé de ne pas me laisser emporter par ce manque.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Un galet. J’ai utilisé un crayon à papier HB, comme médium des feutres aquarelles.

Que ressentez-vous face à votre production ?

Je regarde ma production, et je ne me sens pas comme d’habitude dans ma tête, je ne me retrouve pas en elle, tout comme dans ce corps. C’est un premier essai, dans ma tête, je manque de suite. Mais cela ne va pas rester ! Je compte bien réessayer sur cette découverte.