BMP – Début de feuilles jaunes d’automne


De retour chez moi je suis contente mais je n’irais pas faire le marathon, la petite « artiste » est pas mal affaiblie. Mais je n’ai pas le temps de m’apitoyer sur moi ; j’ai beaucoup à faire comme avancer sur l’expo avant d’être ré-hospitalisée dans deux semaines.
Mais que de bonheur de reprendre mes pinceaux en attendant 🙂
L’automne est là et il m’a donné l’envie de faire un dessin avec une nuance de dégradé. Mais je ne voulais pas faire des simples dégradés ; non, je voulais pousser mon cerveau à chercher plus vers l’avant.
L’idée est alors venue d’incorporer dans mes mélanges du vinaigre balsamique de cuisine, en le travaillant avec les couleurs liquides aquarelle. Mais aussi en travaillant tout cet ensemble avec de l’essuie-tout et le pinceau, sans oublier une goutte d’eau provenant d’un glaçon.
Car ce que j’aime, ce n’est pas simplement déposer une couleur sur une feuille, ce qui est bien monotone, mais innover, faire des mélanges, les travailler, les laisser travailler eux-mêmes et voir ce que cela devient.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre production ?

• Je me suis installée dehors à l’abri et tout en préparant mon matériel, dans ma tête ça cogitait.
• J’ai commencé par prendre un glaçon et j’ai mouillé ma feuille dans son centre.
• Pour l’étape suivante, j’ai pris le vinaigre balsamique pour le verser directement sur l’eau du glaçon qui commençait à fondre.
• Avec mon pinceau j’ai légèrement étalé ce mélange sur ma feuille.
• J’ai ensuite rajouté un peu de peinture aquarelle, légèrement accompagnée d’aquarelle liquide et j’ai re-mélangé avec l’eau du glaçon qui me restait.
• Ensuite j’ai pris un morceau d’essui-tout et j’ai légèrement tapoté tout l’ensemble de mon mélange et là j’ai vu apparaître mes premières nuances dégradées de couleur.
• Pour apporter plus de couleur à mon dessin, je me suis servi de pulvérisations de sprays d’une autre couleur, ce qui permettait d’avoir des mélanges différents.
J’ai procédé ainsi sur tout le reste de ma feuille, tout en gardant en tête que je ne devais pas simplement déposer une couleur sur ma feuille, mais que je devais la faire vivre et la retravailler d’une autre façon, en observant comment celle-ci apparaissait à chaque fois sur ma feuille une fois travaillée.
Je devais également faire apparaître une belle harmonie dans l’ensemble de ma composition. C’est là que le côté magique du geste de mon poignet et des mélanges est très important.
C’était tout cet ensemble que je devais travailler petit à petit, accompagné de ma concentration et de mon observation.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette production a été conçue sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Un peu de vinaigre balsamique de cuisine, des encres liquides aquarelle, quelques glaçons, un coup de pinceau, du sopalin et pour terminer quelques gestes de mon poignet. Et voilà le résultat : un dessin rempli de couleurs légèrement dégradées.

BMP – Une composition à l’adoucissant textile


Je vais vous laissez pour quelque temps… avec cette composition abstraite née avec de l’adoucissant de couleur bleue.
Ce mois d’octobre sera un peu mouvementé. Mais ça va aller oui ! oui ! oui ! 🙂
Me re-voilà repartie dans mes idées sans limite : je voudrais vous emmener dans un autre monde, où votre imagination pourra vagabonder.
Cette idée de mélange m’est venue alors que j’allais mettre une machine à laver le linge en route.
C’est aussi la couleur de cet adoucissant et son odeur, qui m’ont poussée à mettre mon idée sur feuille.
Seulement, je ne savais pas trop comment j’allais l’incorporer. Il est quand même très liquide, mais une idée était là.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre composition ?

Je me suis donc installée devant ma table.
A côté de moi des tubes d’aquarelle, des encres liquides, des pinceaux, un rouleau moyen et une grande feuille blanche.
Je ne savais toujours pas comment j’allais commencer, mais ma première idée a été de verser quelques gouttes de cet adoucissant directement sur ma feuille. L’odeur se dégageait déjà et embaumait la pièce.
Pour l’étape suivante, j’ai mis directement sur cette grosse goutte d’adoucissant un peu de couleur aquarelle en spray et j’ai mélangé, puis j’en ai rajouté d’autres et j’ai re-mélangées. Ce qui a donné naissance à de nouvelles couleurs et aussi à d’autres mélanges.
J’appréciais ces divers mélanges, d’autant que j’étais enveloppée dans l’odeur agréable de l’adoucisseur. Je n’avais alors qu’une idée : développer ce début dans d’autres tons.
Alors j’ai continué en rajoutant de la pure peinture aquarelle directement sur mon mélange, mais aussi à côté de celui-ci, en y incorporant un peu plus d’adoucissant. Mais avant de re-mélanger le tout, j’y ai pulvérisé des couleurs liquides aquarelle plus voyantes, comme du rouge et du bleu. J’ai refais ma « mixture » et j’ai fait apparaître d’autres couleurs.
Je me suis mise à rire car en observant ma forme qui avait bien grandi, j’avais cette impression d’y voir apparaître un corps tout en rouge, caché dans les autres couleurs avec une grande bouche ouverte.
J’avais besoin que mon œuvre fasse apparaître une vraie forme. Je ne voulais pas que dans ma tête ça me dise : « tu as simplement déposé tes couleurs sur ta feuille et c’est tout » ! Si cela se passe comme ça, alors je culpabilise et je n’aime pas cela, car du coup je pars en dissociation à cause de la honte que je ressens.
J’avais besoin que l’on puisse comprendre que ce n’était pas juste cela, poser des couleurs. Car il y avait bien une forme que l’on peut décrire. J’ai travaillé cette forme au pinceau et avec le glissement de l’adoucissant qui se promenait sur ma feuille.
J’accomplissais un nouveau geste que je découvrais sur ce temps présent, sur cet instant présent et que je voulais faire apparaître dans un nouveau mouvement mais aussi intégrer celui-ci dans les couleurs de mon dessin. Pour terminer j’ai rajouté une touche de jaune, jaune orangé, rouge et de marron pour apporter un peu plus de vigueur à ma composition.
Après voilà, les dissociations sont venues s’incorporer dans mon dessin rempli de couleurs. Pourtant, je dirai bien qu’on ne le perçoit pas, mais je ne sais pas. J’avais malgré tout cette envie de me rassurer en disant que ma composition est de l’abstrait.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Production conçue sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Peinture aquarelle, encres liquides, des pinceaux, un rouleau moyen.

A bientôt…