BMP – Une illustration sur le confinement

BMP – Une illustration sur le confinement
Comme je n’arrive pas à faire un travail sur la colère, à remplir le questionnaire et à me concentrer, j’ai trouvé autre chose : créer une illustration pour exprimer le confinement.
Je voulais essayer de faire un mélange de peinture aquarelle et de collage.
J’avais bien mon idée, mais compte tenu de mon instabilité, je me suis fait accompagner par de la musique, une musique suffisamment forte, je voulais quelque chose qui capte mon attention sans partir ailleurs.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Une fois mes idées rassemblées je les ai posées sur une feuille, pour être sure de ne pas oublier, si jamais je partais me promener ailleurs.
– Première étape : j’ai commencé par imprimer l’attestation que l’on doit avoir sur nous quand on doit sortir. Je l’ai collée sur ma feuille blanche de format 39×48 cm.
– Deuxième étape : faire apparaître le visage en empiétant sur l’imprimé que je venais de coller. Un visage à l’intérieur duquel, se trouve une forme humaine à sa fenêtre : ceci montre que l’on a le droit de l’ouvrir pour prendre l’air durant ce confinement.
Mais je voulais aussi montrer que l’on peut sortir, mais seulement pour des événements de première nécessité.
J’ai dessiné comme une petite plate-forme qui nous conduit à une porte ouverte où l’on peut percevoir à l’extérieur de la tête, ce chronomètre qui court vite.
Ce chronomètre retranscrit le temps au présent qui s’écoule et le fait que nous ne devons pas rester longtemps dehors et loin de chez nous. Pour faire plus vrai j’ai aussi dessiné un petit chemin.
Il ne me restait plus qu’à mettre de la couleur sur mon esquisse. Sans oublier les petits détails qui pourraient créer un petit plus pour mon illustration. Je devais faire attention de ne pas trop mouiller le papier en peignant car celui-ci me semblait fragile.
En ce qui me concerne je devais déposer des couleurs douces et gaies. Elles devaient aussi bien faire apparaître la forme de mon dessin.
Mon collage devait vraiment s’intégrer avec la forme de mon esquisse mais aussi avec toutes les couleurs, cela devait faire une symbiose dans tout l’ensemble de ma production.
Une fois les couleurs déposées, j’ai fait apparaître les finitions avec des gros crayons feutres.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Peinture aquarelle, crayon de papier HB.
Colle, attestation, gros feutres de couleurs.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Ma production est bien là, mais il y a quelque chose qui me déstabilise pas mal, je cherche un peu mes émotions dans ma tête, car elles me paraissent bien discrètes, voire pratiquement absentes par moment. Je ne sais pas si c’est lié au confinement, mais j’ai cette impression qu’une carapace s’est mise en place y compris un doute. Ça aussi je n’arrive pas à bien définir ce qui se passe avec ce mouvement dans ma tête.
Faire apparaître cette illustration m’a un peu apaisée ; ma concentration est un peu plus présente, mais je sens bien que ça cloche. Je ne me sens pas comme d’habitude, pas vraiment comprise. Par moment j’aurais tendance à dire ce n’est pas grave et de laisser couler en boule dans ta tête. Sans perdre de vu l’observation de ce qui se passe en ce moment. dans ma tête j’ai cette impression que nous allons rester marqué par cette crise sanitaire, que ça va nous changer, qu’on n’en sortira pas idem et qu’il ne faut pas prendre cela à la légère.

BMP – Submergée par les émotions – La peur

BMP – Submergée par les émotions – La peur
En ce moment j’ai du mal à gérer mes émotions, ça fait un sac de nœuds dans mon cerveau, sac dans lequel personne ne pourrait trouver son chemin, ni se dépêtrer des nœuds.
Comme je l’ai écrit en titre il y a cette peur qui est là, qui se faufile dans mon cœur et qui fait réagir mon cerveau et donc le “Moi Béatrice » dans le présent. Et là j’ai ce besoin d’être rassurée parce que c’est tellement fort que je me noie dedans, je dirais que je me noie dans mon cœur. Dans ces moments-là, je ne sais pas quoi faire de cette force qui m’entraîne et qui fait, par moments, des ravages.
Je suis comme une hystérique avec tous les symptômes qui vont avec, comme par exemple les poils qui se hérissent, ma peau qui se couvre de sueur, je tremble, j’ai une boule dans la gorge, j’ai le pouls qui explose sous ma peau.
Par moment j’ai cette impression que c’était l’adrénaline qui prend le contrôle dans mon cerveau et me paralyse, que je me traîne derrière elle pour pourvoir respirer d’une façon normale. Mon esprit est tourmenté et donc je ne suis pas vraiment présente dans ce que je fais, je rentre dans des espèces de phobies qui n’arrangent rien à mon état…
Rien à voir avec les dissociations, je suis dans le présent. Donc en ce moment c’est ainsi, il y a une peur qui s’est installée pour un oui et pour un non.
Parfois il m’arrive de pouvoir intervenir un peu avant que cette peur n’apparaisse mais la plupart du temps celle-ci surgit violemment, me prend dans ses filets et me recouvre de son poids.
Il m’arrive de faire des exercices du livre “Gérer la dissociation d’origine traumatique”, pour essayer de rétrécir cet état mais ça ne fonctionne pas toujours et par moment je reste figée dans ma tête pour trouver d’autres solutions. Je veux dire que je n’arrive pas à penser ; il y a ce brouillard qui envahit tout le système de ma réflexion, de ma compréhension et de ma logique. C’est figé.
Mon travail est donc de créer une forme qui exprimera cette peur et le fait que je sois submergée. Cette peur ce n’est pas envers moi, c’est envers tous. Je n’en vois pas la limite, la peur pour les autres personnes. La peur de tous ces morts, on dirait que le monde s’éteint peu à peu. C’est tout une boule de feu dans ma tête.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Avec du recul,  je me sens donc noyée dans mon cœur et je vais traduire cette idée.
Je vais dessiner un cœur, puisque c’est le lieu des émotions, y compris la peur. Dans ce cœur, je rajouterais un corps qui se noie dedans. Je délimiterais l’eau pour bien expliquer que je me noie dans ces moments de crises importantes.
J’ai donc fait apparaître en premier le cœur puis le corps assis dans le bas de celui-ci.
Ce n’est qu’après que j’ai commencé à y déposer les couleurs. Je me suis servie d’encre de chine, noire et bleue, et de divers crayons.
Mon idée était de faire apparaître plein de détails avec des petits motifs de toutes formes.
Même si je souffre de cette peur, je voulais faire apparaître quelque chose de positif et donc de l’esthétique dans ma production. J’avais envie de faire apparaître un mouvement de patience également et ça je l’ai retranscrit en dessinant toutes ces formes diverses.
J’avais besoin de mettre le plus de détails possibles dans cette composition, comme pour étouffer cette peur, pour qu’elle cesse d’exister. Mon rêve…
Pour finaliser mon travail, j’ai fait apparaître un léger bleu pour exprimer le fait que je me noie dans mes émotions, émotions dont le départ est dans ce cœur.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Gravure conçue sur une feuille blanche de format 36 x 48 cm de couleur blanche.
Crayons metallic de couleur grise, encre de Chine noire, et bleue. Feutre. Crayons Pentel, et crayon Pitt Artist pens black (B,M) gros feutre noir. Pinceau, eau.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je me sens sans réaction dans ma tête, je ne sais pas si c’est bien. Je ne sais pas si tout est bloqué. L’avenir des autres me préoccupe. C’est comme un monde de petits cœurs dans l’espace ou l’on voit la circulation du sang se faire dans chacun et chacune mais qui peine à se faire.