BMP – Le visage habité

BMP – Le visage habité
Toujours pour passer un bon moment avec mes crayons, mais c’est aussi pour ne pas me laisser aspirer par la douleur, les nausées et j’en passe.
Même si je mets plus de temps, tant pis. Mon médicament du moment, c’est le désir de dessiner et le plaisir qui va avec. C’est cela qui compte et non le temps que cela me prendra pour faire apparaître mon esquisse et les couleurs. C’est très important surtout en ce moment.
Je voulais aussi réessayer de travailler avec les pastels secs  que je mettrai dans l’eau et que j’utiliserai avec un pinceau.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Un visage dans une autre perspective. Avec un cou et le début d’un dos et un corps vu de devant.
Mais là, j’avais envie de mettre une bouche, un nez, et un œil. Un visage de profil, car, pour moi, c’est plus facile de faire apparaître la perspective. Dans ma tête, j’ai moins de mal à percevoir comment je dois donner corps à ma production.
Un visage habité, car mon idée était de concrétiser des fenêtres avec des rideaux, comme pour dire qu’il y a des personnes qui y habitent. Cela vit, ça bouge ! Donner encore plus de vie à ma forme.
J’ai donc commencé par dessiner ce qui était le nez, la bouche, l’œil, j’avais besoin d’une base pour pouvoir rendre cette perspective vue de côté.
Pour le haut, pas de nuage, mais un plafond. Donc des habitations sous un grand toit.
Puis je suis descendue vers le bas de ma feuille pour dessiner le cou et le début du corps.
Mon esquisse terminée, je suis donc passée aux couleurs.
Pour ce dessin là, je voyais bien une couleur marron, orangée avec un petit dégradé, avec une petite touche de vert et de bleu.
Je devais faire attention au dosage de l’eau sur mon pinceau.
Je ne voulais pas déposer sur mon esquisse plusieurs couleurs pastel, je désirais des tons harmonieux avec pratiquement les mêmes tons en couleur.
J’ai achevé ma composition avec quelques finitions aux crayons de couleurs à pointes fines, mais cela pas partout.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon à papier HB, pastels secs, petit pinceau, eau. Feutres à pointes fines.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

J’observe ma production et je me dis : en voilà une autre pour ma série !
Je ne me sens pas complètement détendue, mais je suis moins dans un état inquiet. J’ai apprécié ce moment avec le pastel sec, pour le moment c’est ce qui est important !

BD – Atelier d’arts plastiques à la Table de Jeanne-Marie – Déco du plafond

BD – Atelier d’arts plastiques à la Table de Jeanne-Marie – Déco du plafond
En cet après-midi du 21 janvier 2021, concernant l’atelier, nous avons continué la décoration pour le plafond de la salle principale. Nous étions neuf autour des tables, plus moi comme responsable.
Tout le matériel  était sur les tables afin de continuer à décorer toutes les bouteilles qui nous restaient.
Même si la bonne humeur et les rires étaient présents, on sentait par moment une fragilité autour de cette question : « confinement ou pas dans les prochaines semaines ?
Certaines personnes ont commencé à exprimer leur mal-être avec cette impression de tourner en rond avec ce Coronavirus. La question de la vaccination était également dans les échanges.
Une autre question qui préoccupait les personnes autour des tables : « Est-ce que les ateliers vont être maintenus pendant ce confinement s’il a lieu ? »
De mon côté, je n’ai pas répondu : ni oui ni non. J’ai simplement affirmé qu’on fera notre maximum. Nous referons les démarches nécessaires auprès de la préfecture, en défendant l’aide que peut apporter à toute personne l’art plastique. Ce qui je le rappelle en même temps la différent. De mon côté je fais des arts plastiques. Je reste dans les limites de ce que je suis capable de faire et dans ce que je suis en droit de faire et ça sans emmener une personne dans un danger ou autre. J’en reviens également au respect que j’ai face aux professionnelles qui se battent et ça encore plus en ce moment pour maintenir leur travail, y compris pour les bénévoles qui ont mis en place des prises en charge derrière l’écran. J’apprécie aussi la solidarité, les uns envers les autres. La détresse est également chez les professionnelles.
J’ai expliqué aux personnes que j’entendais leur demande mais que c’était quand même un parcours du combattant pour nous faire entendre auprès des administrations. Mais que l’on ne lâchera rien.
Cet atelier a permis aux personnes de s’exprimer sur des sujets qui les inquiétaient. J’ai beaucoup entendu ces paroles : « me retrouver seul.e encore, je ne le pourrais pas ».
À mon atelier beaucoup de personnes sont seul.e.s, fragiles ou avec un problème psychiatrique. C’est pour cela, que je me montre très vigilante. Quand je perçois une grande détresse, j’oriente la personne vers un-une professionnel.le et j’en informe le bureau de l’association.
Toutes ces conversations très importantes n’ont pas empêché de faire apparaître plein de couleurs sur les productions, de chanter et d’écouter un peu de musique.
Comme d’habitude une fois l’atelier terminé, nous avons rangé et terminé par un goûter.
Toutes les personnes sont ravies de se retrouver autour des tables mais aujourd’hui cette sensation a été encore plus forte. Elles ont su l’exprimer.
Une fois toutes les personnes parties. Avec deux autres personnes nous avons installé la décoration au plafond.
Quand je ferme les portes de l’association, en ce moment, j’ai un pincement devant cette porte, une remise en question importante se provoque à chaque fois.
Etre bénévole dans une association, ne suffit pas de faire son atelier et hop on s’en va. Non car quand on s’investit ça va beaucoup plus loin que cela. Je parle souvent de l’humain quand je suis choquée par une attitude, ou par un événement,  j’en reviens à là bienveillance, à l’écoute, à être présent etc. Nos émotions sont également touchées et nos limites aussi. J’aimerais avoir une baguette magique et pouvoir faire.