BMP – La fureur

La fureur pour moi, c’est sortir de ses gonds, c’est exploser, c’est faire ressortir ma colère en une immense force. C’est ne plus savoir se contenir, c’est déplacer les limites, c’est blesser sans le vouloir, car il y a cette espèce de situation qui fait qu’on n’est plus nous.
Pour moi la fureur est plus forte que la colère.

Comment dessiner la fureur ?

Dans ma tête je voulais, quand on regarderait mon aquarelle, qu’on puisse se dire que dans cette aquarelle là, il y a plus que de la colère.
Je souhaitais aussi y mettre de la couleur rouge et de la couleur noire. Je voulais vraiment attirer l’attention des personnes qui regarderaient cette aquarelle.

Comment avez-vous dessiné ?

J’ai commencé à concevoir mon esquisse en dessinant en tout premier le visage, les grandes dents, le nez, la forme des yeux, la bouche, le visage en entier avec une expression, qui fasse ressortir ce mot frayeur. Le côté agressif aussi, car dans la fureur il y a de l’agressivité.
Je ne voulais pas simplement dessiner la forme ovale d’un visage et en rester là. Non je voulais travailler cette partie là car c’est bien l’expression de ce visage, qui serait le pilier de ma production une fois terminée. Je voulais vraiment que cette émotion ressorte.
Puis j’ai continué en réalisant cette forme en haut de ce visage, qui représente ce mot fureur qui elle, s’exprime en sortant par les couleurs : rouge, noir, blanc et  jaune.
Pour concevoir le manteau en aquarelle, comme je l’ai dit, les couleurs dès le départ étaient bien définies dans ma tête.
Je voulais faire quelque chose qui flashe, mais qui aussi interpelle les personnes qui regarderaient cette image.
J’ai avant tout déposé mon aquarelle sur la partie du haut de mon dessin. Et ce n’est qu’après que j’ai travaillé le visage aux différents crayons graphics.

Matériaux utilisés

Aquarelle conçue sur une feuille de format 50X70 cm grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes :
Jaune citron, noir d’ivoire, blanc de Chine, croimoisi d’Alizarine
Crayons de papiers HB
Crayons Derwent graphic 2H, 4B
Crayon Derwent. Charcoal médium

Qu’avez-vous ressenti ?

J’ai beaucoup apprécié de dessiner cette émotion, car ça me permet de pouvoir sortir ce trop plein qui est de la colère en moi, d’autant que parfois je me dis qu’à force de cumuler ma colère, elle pourrait se transformer en fureur et cela m’effraie. Je me demandais si je n’ai pas trop tendance à n’utiliser que ce mot colère, car justement j’ai peur de simplement me dire : « voilà Béatrice tu es en furie”, car je pense à cette partie émotionnelle qui avait détruit ce bureau en psy, elle était comme une furie, (comme les mères) quand elles en avaient après moi. Et cela me fait peur d’être comme elles, de leur ressembler ! De me dire toi Béatrice tu continues à faire ce qu’on t’a montré ! Et ça oui j’en suis effrayée. Car cette « attitude » ne ressemble pas à Béatrice adulte.
Je dirais aussi que la couleur rouge m’a apaisée, bien qu’elle représente le côté violent dans mon dessin.
J’ai ressenti encore une fois cette sensation de me perdre dans ma tête, pourtant il me semblait bien de réussir à rester dans le présent.
Mais en ce moment ça m’est difficile de bien savoir : je suis trop déstabilisée.
A un moment donné, j’ai ressenti une lourdeur dans ma tête, ce qui a provoqué en moi une inquiétude, mais une inquiétude mal définie.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant ce dessin, je sens de la force dedans, une force qui peut-être ne demande qu’à sortir, mais elle ne sait pas comment. Car, je suis effrayée de la manière dont cela pourrait se passer.
Produire des dessins comme celui-ci est comme un médicament apaisant pour ma tête, la pression de la colère que je ressens diminue. Heum non je ne suis pas encore tout à fait « fol-dingue » 🙂

BMP – La joie – Merci pour la BD

« que vous pouvez faire un petit mot à la journaliste de la Story Teller »


Six personnalités en quête d’auteur

Donc un petit tableau  de joie, en mouvement comme remerciement pour madame la journaliste pour la réalisation de cette BD sur les dissociations. Expliquer aux gens ce « phénomène » d’une façon originale.
En mouvement car ce que je fais en art-thérapie est constamment en mouvement, ma situation est peut-être difficile, mais il faut regarder toujours le bon côté, je dessine toujours et j’avance doucement. Je ne dois pas toujours me focaliser sur mes situations qui font mal ou qui m’angoissent, du moins je dois essayer, car cela ne m’aide pas pour avancer.
Quand je ne vais pas bien, je mets sur feuille, et je le peins. J’avance c’est ça le point le plus important, je ne recule pas !

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : bleu cobalt, orange, violet, jaune citron, vert foncé, rouge cramoisi, blanc de Chine…
Une peinture réalisée dans le mouvement dans les couleurs, comme ça se présentait dans ma tête sur le moment. Limite le « lâcher-prise » mais pas tout à fait, car je n’en suis pas là encore et que je ne suis pas sûre non plus d’y arriver un jour, il y a toujours cette méfiance et ce côté terrorisant qui est en moi. Mais laisser aller son pinceau ça permet de se faire du bien, et de laisser sortir de belles couleurs pour le regard envers les autres c’est encore mieux:)
Je me disais aussi quoi qu’on est vécu c’est important de pouvoir dire les choses, j’en reviens au mot « secret » et au mot sortir du « déni ».
On se ronge moins de l’intérieur, on se rend moins dingue dans notre tête, et on se sens moins fautive, quoi que cette situation soit un peu plus compliquée.
Alors tout en mouvement…