BMP – La joie – Merci pour la BD

« que vous pouvez faire un petit mot à la journaliste de la Story Teller »


Six personnalités en quête d’auteur

Donc un petit tableau  de joie, en mouvement comme remerciement pour madame la journaliste pour la réalisation de cette BD sur les dissociations. Expliquer aux gens ce « phénomène » d’une façon originale.
En mouvement car ce que je fais en art-thérapie est constamment en mouvement, ma situation est peut-être difficile, mais il faut regarder toujours le bon côté, je dessine toujours et j’avance doucement. Je ne dois pas toujours me focaliser sur mes situations qui font mal ou qui m’angoissent, du moins je dois essayer, car cela ne m’aide pas pour avancer.
Quand je ne vais pas bien, je mets sur feuille, et je le peins. J’avance c’est ça le point le plus important, je ne recule pas !

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : bleu cobalt, orange, violet, jaune citron, vert foncé, rouge cramoisi, blanc de Chine…
Une peinture réalisée dans le mouvement dans les couleurs, comme ça se présentait dans ma tête sur le moment. Limite le « lâcher-prise » mais pas tout à fait, car je n’en suis pas là encore et que je ne suis pas sûre non plus d’y arriver un jour, il y a toujours cette méfiance et ce côté terrorisant qui est en moi. Mais laisser aller son pinceau ça permet de se faire du bien, et de laisser sortir de belles couleurs pour le regard envers les autres c’est encore mieux:)
Je me disais aussi quoi qu’on est vécu c’est important de pouvoir dire les choses, j’en reviens au mot « secret » et au mot sortir du « déni ».
On se ronge moins de l’intérieur, on se rend moins dingue dans notre tête, et on se sens moins fautive, quoi que cette situation soit un peu plus compliquée.
Alors tout en mouvement…

BMP – L’humiliation

Je ne perçois pas toujours ce mot, je veux dire que je n’y pense pas, mais il m’envahit suite à certaines situations. Quand je m’en rends compte, alors je fais un bon en arrière à une vitesse folle.
Je me sens très humiliée par la manière dont mon « ancien ami » a préparé son départ derrière mon dos et le dos de nos enfants. Pour qui nous prends-il ? Est-ce que nous sommes des moins que rien ? Sa façon de faire, a ré-ouvert beaucoup de blessures. Certaines, je pense, ne seront « jamais » réparables. Je suis en mode de sidération, en mode frayeur, en mode méfiance, en mode terreur selon les moments de la journée. Mais j’ai cette angoisse de me demander comment je vais réagir quand je vais sortir de toutes ces situations dans lesquelles il me met, je parle de mes réactions.
Les mots : je me fais du souci pour les enfants, je me fais du souci pour l’avenir et j’en passe, c’est un non stop, je ne sais même plus si je suis en mode survie tellement… et pour lui tout va bien.
L’humiliation cette impression d’être à la traîne, de ne jamais réussir comme tout le monde du premier coup, de ne pas comprendre de la même façon comme tout le monde, de ne pas réagir de la même manière. Cette impression que parfois on met tout le monde en retard, qu’on oblige les autres à nous aider, et que les autres nous donnent alors de tas d’explications qui finalement nous embrouillent encore plus. Car tout le monde s’y met afin de pas retarder un programme, pour nous pousser à aller plus vite et nous comme on ne peut pas, on se sent encore plus mal et pas à notre place. Cette impression d’être le cancre du groupe : les regards, les doigts se pointent sur nous. Alors on transpire de honte, on recule avec notre chaise, on veut se cacher. On ne veut même pas que les autres puissent percevoir même notre odeur. On se sent comme écrasé dans notre tête par les autres.
Dans mon histoire, l’humiliation était tout le temps là, elle était « normale » tout était de ma faute. C’était de ma faute. C’était de ma faute si je n’apprenais pas à faire jouir un homme du premier coup etc. Et il fallait apprendre à dire pardon pour tout et pour rien, se reconnaître comme une nulle, bête, incapable en permanence. Ses traces sont encore là, même si j’essaie de passer outre mais ce n’est pas si facile.
Ce sont avec tous ces souvenirs, tous ces arguments que je vais utiliser pour réaliser mon esquisse.

Comment avez-vous dessiné ?

J’ai commencé par dessiner ce bonnet d’âne qui symbolise cette impression d’être le cancre, de ne rien comprendre etc… ensuite, j’ai dessiné le cerveau  représente ce qu’on ressent à l’intérieur, quand on est en face de ceux qui se moquent de nous, qui nous humilient avec leurs mots, leurs rires, leurs gestes.
J’ai ensuite continué en faisant cette forme humaine qui se fait écraser par le cerveau, celle-ci représente la personne elle-même qui se sent écrasée dans son cerveau face aux autres.
Et j’ai terminé en réalisant toutes ces mains qui pointent ce cerveau ce bonnet d’âne qui symbolise la personne qui finalement ne se sent pas à sa place, et qui voit dans le regard des autres, qu’elle retarde, ennuie, pollue etc.
Pour le manteau aquarelle, le gris était là, limite noir (le mal) et le marron, du rouge sang pour le cerveau. Une logique pour moi pour réaliser ce dessin sur le moment présent.

Matériaux utilisés :

Dessin réalisé sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : blanc de Chine, rouge pourpre, terre d’ombre brûlée, gris de payne, ocre jaune.
1 feutre rouge.
1 crayon noir (B)
Pour les finitions crayons feutres de couleurs Art Grip Aquarelle.

Qu’avez-vous ressenti ?

Je voulais vraiment faire ressortir ce côté souffrance que l’on ressent qu’en on se rend compte qu’on on se fait humilier.
Il y a eu des dissociations.
Le rouge m’a attirée énormément.
Beaucoup d’images du passé et de la souffrance liée au présent de ma situation actuelle.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Je dirais les mains ne sont pas assez grosses, elles doivent montrer comment ce que je vis me serre à la gorge, comme pour m’étrangler, m’étouffer, me tuer.
Je me demande pourquoi : il m’arrive de ne pas perçoir cette humiliation quand elle se présente ?