BD – Exercice de délire

Je vais « délirer » mais vous y êtes habitués !
Délirer en me disant qu’aujourd’hui je suis normale et que je rentre dans ces fameuses cases ! Que pas un bout de ma graisse ne va ressortir.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je n’ai pas de troubles dissociatifs.
Que pas un seul flash ou souvenir viendra me hanter, me ronger mon cerveau comme un vers !
Mon délire d’aujourd’hui de ne pas ressentir ces silences qui m’entraînent vers le néant, vers cette mort qui est là à me titiller.
Mon délire aujourd’hui c’est de me dire que j’ai un corps de rêve que pas un seul bourrelet ressortira sous ses vêtements.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je ne prendrais pas ce cutter rouge de couleur sang pour en faire des marques sur des parties ce cette chose à deux pattes.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que ce radiateur n’est plus dans cette salle de bains qui est si étouffante.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je n’ai jamais été pour les autres un jouet, une poupée qu’on a vidée et désarticulée.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire qu’ on m’accepte telle que je suis avec un regard bienveillant et non avec écœurement, dégoût ou rejet.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire qu’ on ne me prend pas pour une cinglée, pour une dissociée, un bouche trous, une bonniche, en gros comme une démantibulée du bocal  avec qui on peut faire tout ce que l’on veut.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je suis une maman et non un poids qui plombe l’atmosphère.
Mon délire d’aujourd’hui est me dire que je ne sens pas mauvais, que je ne laisse pas une odeur nauséabonde derrière moi quand je sorts d’une pièce.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que mes paroles n’étouffent pas les personnes.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que mes écrits ont un sens et qu’ils n’iront pas prendre la direction du néant.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que mon haleine ne tue pas dès que je parle ou que dès que je souffle.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je ne ressentirai pas une seule douleur dans cette tête.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je suis une personne potable, de me dire que je suis capable de faire de belles choses, de me dire que je suis capable d’aller de l’avant sans reculer en arrière, sans douter.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire qu’on à confiance en moi et de me dire que j’ai confiance en moi.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je vais pouvoir manger sans avoir ce dégoût de nourrir ce corps qui me sert à avancer de travers mais d’une façon droite pour une fois.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que cet exemple que je voudrais montrer va se réaliser.
Mon délire d’aujourd’hui est de me donner le droit de te dire que tu existes !
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je suis capable d’ apporter du bien, du positif , et de la douceur autour de moi.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que je n’ suis pas une moins que rien en me regardant et de me dire que les autres pensent un peu la même chose sans les pousser ou les obliger.
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire qu’on ne me rejette pas.
Mon délire d’aujourd’hui est de ne pas demander à mourir.
Mon délire mon délire, me dire me dire…
Mon délire d’aujourd’hui est de me dire que toutes ces situations peuvent se réaliser !
Que cela ne reste ni en un délire ! Et ni un rêve !

BD – Mon doudou, douleur et reconnaissance de viol

Ce matin quand je me suis réveillée la première chose que j’ai faite, c’est de pleurer dans mon lit, encore et encore à chaque fois que j’ouvrais les yeux mes larmes coulaient, je voulais me mettre de la glu, coller mes yeux afin qu’ils ne s’ouvrent plus, je ne veux plus ressentir cette grande souffrance en moi et la faire ressortir, c’est trop dur, je ne le supporte plus, je n’aime pas les week-end ça c’est sur et dans ma tête en plus il y a cette hospitalisation qui me travaille beaucoup le week-end prochain normalement je serais hospitalisée. Pour moi c’est terrible le mot abandon ne me quitte plus non plus et cela marche dans les deux sens du terme : abandonner ceux que j’aime et la peur que pendant cette hospitalisation les personnes en profitent pour m’abandonner. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à gérer cette émotion elle me ronge, et je n’avais pas non plus cette douceur de ces mots que j’aime et que j’attends tous les matins, je n’arrivais même plus à faire fonctionner mon téléphone je ne savais plus non plus mon code pin pour l’ouvrir alors je me suis recroquevillée sur moi-même, dans mon lit, je ne prenais plus grande place, je suis la petite fille qui réapparaît de plus en plus en ce moment et je me réfugie dedans c’est plus fort que moi j’ai peur. Peur qu’on me fasse souffrir et qu’on me fasse peur et du mal, impossible de me lever. Mon corps était collé et blotti dans ce lit, je ne pouvais plus bouger et plus parler. Je n’arrivais à rien tous les mécanismes de mon corps était interrompus. Terrible à ressentir mais je n’avais pas le choix, cette douleur était là je ne pouvais pas luter je devais atgrrrrrrr é e é e é e é ele é e é e é e grrrrrrr je reprends : attendre qu’elle passe. Elle me faisait transpirer dans mon pyjama. Il était collé contre mon corps j’avais l’impression d’avoir ressenti déjà cette sensation je la revivais mais très mal et impossible de me rappeler, je ressentais aussi cette douleur au bas de mon ventre, ma vessie était lourde et me pesais. Cette douleur qui revenait accompagnée d’une espèce de sensation bizarre entre mes jambes comme si on faisait couler un liquide bouillant qui se faufilait que dans ma partie du bas de mon corps. La douleur était plus ou moins forte dans certains endroits comme par exemple au niveau des grandes lèvres et à l’entrer de mon vagin là la douleur était violente on m’arrachait mon organe ce qui me provoquait le réflex instantané de regrrrrrrrr é e é ele é e é e te u e é e é e ele é e é e grrrrrrr je reprends : resserrer mes jambes et mes cuisses encore plus fort et de les remonter encore plus haut au niveau de mes seins, pour me remettre un peu plus en boule, mon cerveau s’était remis en marche mais pas pour me faire du bien. J’étais terrifiée, ma respiration diminuait peu à peu. L’air avait du mal à passer, je faisais la respiration comme si j’étais en train d’accoucher de quelque chose mais de quoi ? Mon cœur je le sentais battre encore et encore plus vite et plus fort je n’avais pas prise sur ce que je ressentais, je devais le vivre. Il y avait surement une bonne raison et de toute façon je n’avais pas le choix. Cette douleur était vivante et elle voulait s’exprimer, je me suis remise à pleurer encore j’en avais besoin c’était la seule chose qui m’aidait et qui me faisait énormément de bien. Depuis quelque temps je ne prends plus mon doudou, je le regardais il était là assis sur ma table de nuit il n’avait pas bougé de place depuis longtemps. Je ne pouvais pas le prendre.
Impossible un problème que j’ai depuis quelque temps, dans ma tête les images de Yannick défilaient et ce matin de Daniel. Je ne comprenais pas le lien et pourquoi ce matin aussi en plein week-end, voulait-il me faire comprendre ce doudou que Daniel m’avait bel et bien violée comme Yannick. Une chose que je devrais admettre absolument, cette situation que j’ai vécue que tout le monde veux me faire comprendre aussi me dire c’est un VIOL, admet-le ! Que toutes ces sensations qui me faisaient tellement souffrir, que mon corps supportait depuis ce matin me le prouvait aussi. Je le haïssais ce doudou et pourtant il me manque le soir dans mon lit, même mes enfants n’ont plus le droit de le prendre j’ai trop peur qu’il les contamine. Il était là, il me narguait et moi j’avais toujours du mal à sortir de mon lit ou de tendre mon bras pour l’attraper et le balancer par terre comme je le faisais régulièrement quand j’étais en colère. J’étais en grande souffrance et toujours pas possible d’allumer mon portable. Le code ne voulait pas sortir de ma tête et personne ne le connait à par moi et impossible de me lever, pas d’Emmanuelle et de Catherine et rien à ma porté pour me faire du mal. Je souffrais et personne ne pouvait m’aider, je ne voulais personne autour de moi non plus, je devais trouver quelque chose, une solution pour punir mon doudou de m’avoir forcée de reconnaître que Daniel m’a violée avec ses attouchements mais de toutes façons, il m’a violée son histoire avec lui n’est pas finie, mais j’ai peur car lui est encore vigrrrrr é e é e é e aaaaaa éme mom papa aaaaaa grrrrr je reprends : vivant mais je L’ADMAIS Daniel m’a VIOLEE et je souffre énormément et mon corps aussi de le reconnaître je ne comprends toujours pas je ne peux pas assimiler qu’on peut faire des choses comme cela avoir un tel comportement, mais voilà je le reconnais, peu à peu la douleur disparait mais je suis extrêmement fatiguée, vidée, comme si ce mal sortait peu à peu de mon corps. Je le sentais plus léger mais impossible de sortir de mon lit, j’ai trouvé comment retrouver mon doudou je vais le passer à l’eau de javel à 40 degrés à la machine et deux fois de suite vous allez me demander pourquoi deux fois, et bien cela fera en tout 80 degrés comme cela je pourrais mettre de l’eau de javel sans pour autant qu’il déteigne qu’il perde sa couleur d’origine et je vais l’habiller en lui mettant un beau pyjama et il redeviendra mon doudou je le voudrais tellement car aussi j’en ai besoin pour mon hospitalisation.