BD – Les louves

Dessin-n°243-–-La-louve
Je ne voulais pas représenter qu’une louve, je ne voulais pas qu’elle soit seule, ma première réaction a été de les dessiner. J’ai aimé aussi.
Par contre cela fait deux jours que je suis déçue. Le problème : imaginez une histoire, les faire parler, est pour moi une difficulté. Elles ne sont pas vraies, vivantes, près de moi. Je ne peux pas les caresser et les observer.
Je me demande pourquoi imaginer quelque chose d’impossible. Ça n’apporte que du mal. Espérer une chose ou une situation irréalisable, il me faut du concret. Ce fonctionnement chez moi a toujours été.
Un objet, ou autre quand il n’est pas devant mes yeux, devant moi, afin que mon attention le capte cela aussi est un souci. J’oublie. Je ne visualise pas.
Donc pour en revenir aux louves, je me suis plus ou moins servie de moi, donc une louve, celle du milieu, représente ma douleur. Celle qui est en boule le rouge représente mes pulsions, la honte et la frayeur. La louve du bas représente cette situation quand je veux voler vers le ciel voler très haut, couchée elle représente le peu de moments de calme qui sont plus que très rares.
La louve du haut, avec le museau tourné un peu, représente quand je me sens impuissante devant ma situation ou autre… elle est là et je ne réagis pas, car elle ne sait pas, elle n’a pas de solutions. Ça ne lui vient pas aussi automatiquement à l’esprit de penser à trouver autre chose. La spirale est trop forte.

Pour l’histoire je ne vois pas le positif non plus dans ce dessin. Mélanger ces trois louves formerait une bombe.
J’ai réalisé ce dessin à l’aquarelle et en pastel avec en plus, juste un peu de relief.
J’ai commencé par la louve du milieu, la louve du bas et après en le regardant j’ai trouvé qu’il manquait une expression car jusque-là ce dessin ne me parlait pas. Il y avait ce manque qui était là.

Le processus créatif en Art-Thérapie

logo-Valerie-Le-BrisDepuis 1960, le terme processus est devenu fréquent dans le vocabulaire psychologique ; il désigne le changement, la transformation, le développement, l’évolution et s’y rattache sous l’influence de la psychologie cognitive, dans un sens renvoyant à des enchaînements d’opérations internes mentales notamment dans le traitement de l’information ; si on utilise , en anglais, le substantif « process » et le verbe « to process » on obtient : traiter, en transformation ; on peut ajouter alors au mécanisme supplanté, un élément important le SUJET, agent du traitement.
Quant à la créativité, c’est une aptitude complexe, distincte de l’intelligence et du fonctionnement cognitif qui varie en fonction de la fluidité des idées, du raisonnement inductif, de certaines qualités perceptives et de la personnalité ainsi que dans l’intelligence divergente dans la mesure où elle favorise la diversité des solutions et des produits.
Les individus créatifs font preuve d’imagination, d’esprit d’invention et d’originalité, le processus créatif est favorisé par une attitude positive vis-à-vis d’idées nouvelles et inventives, ainsi que par le fait de disperser son attention plutôt que de la concentrer sur le problème posé.
Dés lors, on pourrait dire que l’Art-Thérapie est un peu comme un rêve éveillé mais qui serait dirigé, c’est-à-dire que le patient est tenu de respecter le cadre thérapeutique en étant libre à l’intérieur du cadre sans que, ses pensées ne soient dirigées.

Le rêve crée des formes, élabore des scénarios, fait des mots d’esprit, il est d’une inventivité étonnante, extraordinaire, on peut le remarquer dans les pratiques d’ateliers tel que pour exemple un atelier nommé « épouvantail et totem » où non seulement les formes seront variées selon les individus mais aussi par le fait d’utiliser des matériaux divers du bois flotté traversant le temps, des plaques de métal froide voir inattaquable hors mis à l’acide, du grillage, des chaînes, du coton, des tissus de soie et des voiles ou bien la rugueuse moquette, pour les matériaux les plus fréquents ; sachant bien sûr que la recherche peut être plus poussée en détails avec des boutons, des perles, des œillets, des clous de tapissiers, des allumettes, des morceaux de verres, des postes autoradios démontés qui regorgent d’une multitude petites pièces sans parler de tout un tas de choses plus ou moins originales tel que des os de poulets, des lentilles de contacts,  des coquilles d’huîtres, des épluchures de légumes, de la javel pour les plus rudimentaires etc. et ce avec un assemblage plus ou moins solide : ficelage, clouage, vissage, collage, tissage et demande ou non d’aide de l’autre ; à savoir  comment chacun va appréhender ces matériaux pour un rendu de son état psychique et TROUVER SES PROPRES SOLUTIONS ; sachant que cette créativité pourrait encore continuer par le biais de poésie ou autres scénarios.
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Au final, il nous sera plus facile sans doute de s’orienter vers une créativité d’ordre affective plutôt que d’ordre cognitive, créativité d’ordre affective selon le parcours de vie de chacun qui sera une réserve créative, avec cette action de créer étant le résultat d’expériences présentes ou passées menant à l’expression de ce quelque chose « indicible » en ce sens , le rôle de l’art thérapeute sera vraisemblablement à mon idée le développement du potentiel créatif, cette création permettant enfin une « libération », une « désaliénation thérapeutique » quant à savoir qui pourra prétendre à la création de quelque chose d’unique en tant qu’œuvres d’arts reconnues, cela reste une autre histoire…