Proposition d’illustration de livre

Mon ressenti devant cette proposition d’illustration proposée par Madame Sabrinaon concernant le livre :
Vacío (Le Vide) .

J’ai été étonnée que l’on me fasse une proposition pareille, car illustrer un livre ce n’est pas rien.
Cela demande de l’application, un travail sérieux, de la recherche, de l’imagination. Mais surtout pour moi cela  me renvoie à ce mot « confiance ». Que l’on m’accorde une confiance pareille, pour moi ce n’est pas rien, c’est même très fort.

Je connais cette confiance avec Emmanuelle qui m’accorde cette confiance. Elle m’a proposé de travailler sur des sujets forts, comme par exemple dessiner le logo pour les attentats, travailler sur l’affaire Outreau, participer au premier concours de « don » et puis il y a eu cette exposition qui a été un sacré événement.

Six personnalités en quête d’auteur

Toutes ces propositions me rendent plus forte et me permettent aussi de me dire : « tu vois, tu n’es pas nulle »

J’écris « accorder » car pour moi la confiance se mérite. On ne la reçoit pas juste en claquant des doigts. On doit faire ses preuves, on doit montrer que l’on est capable de faire ce qui est proposé. Et ces situations pour moi, sont toujours restées fragiles, car me dire : « Oui Béatrice tu es capable de faire ! » cela reste encore compliqué de l’admettre. Je pense que le fait d’avoir des troubles dissociatifs joue aussi sur ma confiance en moi. Ce problème d’oublier sans le faire volontairement une situation, qui peut parfois me déstabiliser beaucoup, et déstabiliser aussi les personnes. Quand la personne qui me demande quelque chose, me connaît bien ça se passe bien, mais quand c’est une personne qui ne me connaît peu ou pas du tout, cela peut-être plus compliqué. Et parfois des mal-entendus ressortent et moi je ne dis rien car les mots « faire des histoires « est là et me terrifie, je redeviens cette petite fille dans le passé qui ne devait pas se faire parler d’elle.

Je rajouterais le mot « fierté » aussi, car ça aussi dans ma tête c’est fragile. Non pas que je ne sois pas fière de ce que je peux faire et réaliser, mais c’est de se dire : « soit fière de ton travail c’est le tien, tu as travaillé pour”. Et je dirais aussi que c’est s’accepter comme on est, c’est accepter d’avoir une place dans cette société, avoir une place avec l’état physique et psychique qui est le sien. Et tout cet ensemble reste très fragile, même si une évolution est là.

Quand on m’a fait cette proposition, ma première réaction a été : mais pourquoi moi ?
Est-ce-que je mérite cette confiance ?
Et puis après, ça été de savoir ce que j’ai fait pour qu’on me fasse une telle proposition ?
Et puis après je me suis demandé si j’allais être capable de réussir ce projet ?
Je dirai que c’est comme une remise en question sur soi. Mais le tout englobé d’une bonne surprise et de fierté.

Cette nuit il y avait des questions dans ma tête : quelles couleurs je vais mettre ? Des tristes, des gaies ? Quel genre de dessin je pourrais faire naître pour ce livre ? C’est plus dans la projection dans cet événement. Le côté j’angoisse, est moins présent, le côté rassurant est un peu là aussi : savoir que je ne serais pas seule est me rassure. Un peu moins de doutes concernant mes capacités, un peu moins de doute sur moi.

Chez moi il y a toujours un côté méfiant, car j’ai du mal à réaliser que l’on peut me faire confiance avec des troubles dissociatifs, et qu’on me regarde en disant : oui elle est capable de faire ceci ou cela. Que l’on me regarde avec bienveillance.
J’en reviens à la confiance que j’ai en moi, ce qui expliquerait parfois mes pensées.

N’empêche que cette proposition d’illustration d’un livre est super, et le réaliser toutes les trois : Emmanuelle, Sabrinaon, et moi c’est encore plus fort, trop cool. c’est magique 🙂
Reste pour moi à réussir ce travail et à pouvoir gérer mes émotions et mes troubles dissociatifs afin que ce travail arrive à sa fin.

J’ai voulu traduire un peu la vidéo, donc le livre, voici:
Livre : Dans une petite maison, un village moyen, sur une grande colline, vécut Julia avec sa famille
Mais un jour à la fois, tout est parti et elle s’est plainte avec un gros vide.
Il faisait froid, Il voulait tout pour l’effacer, pour l’effacer, pour que ce vide disparaisse
Mais il est devenu de plus en plus grand.
Ensuite, un jour, je pensais que je devais trouver le bon.
Et la vérité est qu’ils lui ont offert des casquettes de plusieurs sortes
Il y avait de bonnes « fiches »
Et d’autres apparemment bons
Il y avait des « bouchons trompeurs » Et d’autres très dangereux.
Pour plus d’informations qu’il a recherché et fouillé sa fiche, il ne l’a pas trouvé Julia trouvera sa fiche Votre « aspirateur » disparaîtra
Comment l’histoire finira-t-elle ?
vide
J’ai eu quelques difficultés comme vous pouvez le voir, mais j’ai voulu essayer.

Il y a une chose, je n’ai jamais connue de belles propositions avant comme le fait de réaliser une exposition avec Art-Thérapie Virtus, cette association qui m’apporte du soleil tous les jours et maintenant ce livre. C’est vraiment magique, extraordinaire. Et je ne vous parle pas de ces belles rencontres.
Moi ça me donne trop envie de ma battre encore et encore et encore 🙂
Merci.

BMP – Le rocher aux sept visages

Cette idée est venue à la suite de souvenirs de vacances en Bretagne que je me remémorais. Je pensais à Camaret sur Mer ,en Bretagne. J’y suis allée de nombreuse fois. Il y avait cet endroit qui m’avait marquée et qui est resté dans ma tête: le « rocher du lion ».
La première fois que j’ai vu ce lieu, un soir au moment de la tombée de la nuit, qu’est ce que j’ai aimé. Seule, face à cette mer immense, face à ce « monument » accompagné du vent et le bruit des vagues qui tapaient contre les rochers avec grande violence. C’était un moment à savourer sans modération.
Voilà comment m’est apparue mon idée de tableau. Sauf que moi ce sont des visages, comme un petit clin d’œil à ce moment de découverte de ce rocher du lion.
Le Rocher du Lion du Toulinguet – Camaret
Les Rochers du Toulinguet, à la Pointe du Toulinguet sur Camaret sur Mer…
Depuis la plage de Pen Hat.

Comment avez-vous dessiné ?

J’ai commencé mon esquisse par le bas de ma feuille, et j’ai grimpé en direction du haut en dessinant, des formes géométriques, mélangées avec des visages.
Je voulais faire vivre ce rocher, c’était mon idée comme ce rocher du lion à Camaret.
Dans ma tête, je voulais d’office avoir de la couleur dans cette peinture, pour en faire ressortir le côté vivant. C’était aussi faire revivre un peu plus ces beaux souvenirs de Camaret.
Une fois mon esquisse finie, je l’ai observée de loin, je ne voulais pas que ce mot « étouffer » soit là, mais juste ces adjectifs « vivants et gais », rien d’autre.
Pour son manteau en aquarelle, j’ai mis plein de couleurs dans mon assiette, puis j’ai pris celle qui me « parlait » à chaque fois que je regardais ma peinture se recouvrir de son manteau petit à petit.
J’ai beaucoup observée cette esquisse de loin, afin qu’à la fin ce tableau fasse ressortir un manteau gai et qui donne envie d’aller voir se rocher du lion.

Matériaux utilisés :

Aquarelle réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Pour les finitions crayons Art Grip Aquarelle.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : orange, vert clair, rouge écarlate, jaune citron, jaune, rouge vermillon, noir d’ivoire, bleu céruléum, lac rouge cramoisi, blanc de Chine, terre de sienne brûlée, vert foncé, orange, ocre jaune, vert jaunâtre, jaune rouge écarlate. J’ai aussi fait des mélanges entre les couleurs.

Qu’avez-vous ressenti ?

Quelques angoisses mais je savais que la couleur allait peut-être me travailler un peu. Mais en moi, je savais que je devais faire face à ces couleurs vives en ce jour.
J’ai eu des dissociations, mais je souriais car je me disais que ça ne se verrait pas non plus dans tout ce mélange, car les couleurs n’avaient pas non plus une place bien définies.
Il y a un côté rassurant.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

C’est une aquarelle colorée. Il y a un peu se mot « étouffer » qui me titille mais rien de bien méchant.
Une petite angoisse mais elle ne m’étrangle pas.
Je me disais aussi que dans le dessin on ne maitrise pas tout.