BMP – Le reconfinement

BMP – Le reconfinement
Je ne supporte pas ce reconfinement, moins que le premier et pourtant il est important pour nous tous.
Dans ma tête la réalité des événements sèment la pagaille.
Les angoisses sont en boucles, tout comme la pulsion de mort, la lassitude et la solitude.
J’ai beaucoup de mal à percevoir le positif autour de moi. Si j’essaie de réfléchir, ça fait un effet de yoyo dans ma tête. J’ai ma tête qui monte et qui descend.
A nouveau, je ne ressens pas la faim. Par contre boire du jus de pamplemousse toute la journée ça oui. Ce liquide qui recouvre ce trou que je sens en moi.
Mon portable n’est pas vraiment une sécurité, ni même un ami. Il sonne le vide, les silences, ou alors ce sont les mauvaises nouvelles qui l’emportent et qui engloutissent tout.
Le coronavirus est devenu un déstabilisateur, un bouffeur de cerveau ; tout est en remue-ménage et en constante remise à jour. Alors du coup, je n’ai plus de repères, plus rien de stable.
Dans ma tête, même les silences m’agressent.
En ce qui concerne le bénévolat, comme pour tout le monde, c’est en dents de scie. On est en survie. Les consignes changent d’un jour sur l’autre, un jour on peut et le lendemain on ne peut plus. C’est le monde à l’envers. On est censé aider les personnes fragiles et seules, dans ces moments difficiles. Mais rien n’est stable. La moindre demande engendre des écrits encore et encore aux administrations et on attend la réponse.
Je me bats pour laisser en place l’atelier d’arts plastiques en petit groupe, je trouve que c’est important. J’en ai fait part à la présidente de la TJM, on attend la réponse de la préfecture. Pour les autres asso c’est interrompu, il n’y a aucun atelier sur place dans les murs des associations.


Le RDV avec mon psy, ne me semble pas assez fort. Tout comme pour les autres événements. Tout le monde est à l’envers avec ce coronavirus. Je m’attends à chaque instant que mes RDV changent ou soient annulés. Tout comme le traitement pour le cancer a déjà été reporté. Rien de stabilisant, et ça m’angoisse fortement, la crainte, les questions etc.. ne me quittent plus. Peut-être que l’on fait comme si le danger n’existait pas, mais la sécurité elle aussi, n’existe plus.
Mon petit rayon de soleil, c’est prendre mon crayon et dessiner. Mais je dois surtout essayer de ne pas me poser des tas de questions car si je fais cela, je ne sais plus qui je suis dans l’instant présent. Aussitôt, je me sens agressée.
Le blogue est là mais j’ai cette impression de le rendre triste. Mais quand je m’y plonge, il me semble qu’il reste très fort, qu’il est ma limite, qu’il n’est pas dangereux pour moi.
Le monde extérieur est difficile à vivre, il suffit de regarder les informations. Tout comme c’est difficile en ce moment de vivre dans mon cerveau et dans ce corps.
Ma production retranscrira ce deuxième confinement.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour mettre en route cette esquisse, il n’y avait pas “le beau” dans ma tête, et je sais que je devrais refaire un autre dessin plus tard, plus positif. Mais aujourd’hui, je n’y arrive pas.
Mon idée était donc de faire une forme à partir de ma phrase : mon portable n’est pas vraiment une sécurité ou même un ami. Il sonne le vide, les silences, ou alors ce sont les mauvaises nouvelles qu’il engloutit.
Ce téléphone est le lien avec le monde extérieur, ce monde qui pour le moment me semble agressif et insécure. Peut-être que si j’arrivais à mettre mon mal-être sur la feuille, il se détacherait de moi et je pourrais regarder ce qui se passe autrement.
J’ai dessiné la forme de ce téléphone, avec cet effet de vide, de tristesse. Le mal-être, je l’ai représenté par cette forme humaine, prête à sauter, qui observe tout cet ensemble, et le sang rappelle la pulsion de mort. Pour mettre en scène le coronavirus, j’ai dessiné le haut d’une bouteille de désinfectant et le tuyau par où passe la solution.
Pour les couleurs, elles seraient malgré tout assez gaies, du bleu, du jaune de l’orange, histoire de montrer que tout n’est pas noir. Pour le reste, elles sont un peu plus violentes. Je souhaitais mettre cette empreinte, traduire ce que je ressens dans ma tête en ce moment, avec ce mal-être généralisé. Les finitions ont été faites aux crayons noirs, et rouge cerise.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Production conçue sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon de papier HB, peinture aquarelle. Feutres de couleur.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

J’ai fini ma production, je me sens pas au top, mais une lueur réchauffe l’intérieur de ma tête. J’ai déposé sans agresser qui que ce soit ce qui me travaille en ce moment. Après je voudrais que l’effet calme soit plus présent et plus fort, que ce soit le positif qui prenne le dessus. Je m’y accroche !
Je compte bien refaire une autre production mais elle sera plus en mouvement plus rassurant mais aussi plus apaisant !

BMP – Jouer avec les empreintes

BMP – Jouer avec les empreintes
Quand le rayon de soleil est là que c’est dimanche, tu as juste envie de prendre des pinceaux et de t’éclater. Parce que par moments je me dis ce n’est pas en ouvrant la télévision que tu peux t’évader dans une atmosphère apaisante. De plus depuis quelques temps, tournent en boucle des films de Noël, revus et revus, alors que Noël n’est pas encore là. Le gros vague à l’âme. Où est donc passée cette magie ? Car j’aimerais y croire encore un peu. Finir l’année avec un peu de douceur et en commencer une autre avec encore plus de force, de paix pour encore plus sourire à la vie.
C’est encore mon côté petite sorcière qui est apparu aujourd’hui. Un peu moins dans les couleurs de l’automne. Disons qu’elle reste un peu plus discrète pour cette fois-ci pour faire naître l’idée de ma production.
Mon envie, était de jouer avec les empreintes. J’étais dehors et je réfléchissais et il y a de quoi en ce moment avec tout ce qui se passe. En rentrant, sur la table de la cuisine, j’avais laissé de la salade.  Aussitôt dans mon cerveau cela a fait dring dring dring dring. L’empreinte était là devant moi. Mais je n’avais aucune idée comment j’allais pouvoir me servir de cette feuille de salade.
Une chose est sûre, j’étais trop contente de pouvoir prendre mes pinceaux et de laisser aller ce mouvement inattendu.
Dans ma tête il me fallait automatiquement des couleurs.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre ébauche ?

Je me suis donc installée dans mon petit coin, en sécurité. J’ai sorti la palette de ma couleur aquarelle, mes pinceaux et ma feuille blanche.
J’observe cette feuille de salade et j’essayais de me faire des liens dans ma tête. Couleur salade, salade couleur, pinceau, feuille, rouleau, spatule.
J’ai mis un peu de temps à me mettre en mouvement. Mais quand mon idée de petite sorcière est apparue, le plaisir se mettait en route dans ma tête, pour le corps je ne sentais rien. Le doute malgré tout le doute n’était plus là et c’était bien rassurant.
J’ai donc pris ma feuille de salade (sucrine) et je l’ai badigeonnée de couleurs aquarelles : un peu de bleu, un peu de vert, un peu de violet, un peu de jaune,  un peu de blanc. J’aurais pu mettre toutes les couleurs de ma boîte aquarelle je l’aurais fait, mais ma feuille de salade n’était pas suffisamment résistante. Un peu comme ce petit rayon de soleil qui montrait son nez, mais il n’est pas assez fort pour faire face aux gros nuages et à ce début de froid. Alors par moment il se recroqueville lui aussi.
Une fois ma feuille de verdure bien badigeonnée de couleur, je l’ai retournée sur ma grande feuille blanche. Mais avec beaucoup de délicatesse. Je devais faire attention que le poids des couleurs ne déchire pas cette feuille et aussi à cause de mes gestes. La fragilité était présente et j’allais la coller sur ma feuille blanche. J’ai donc appuyé doucement avec mes mains afin que les couleurs puissent s’imprégner sur cette face nue, sans couleur et glaciale, oui c’est ainsi que je percevais ma feuille blanche à cet instant présent.
Une fois cette étape terminée j’ai retiré ma feuille de salade délicatement pour laisser place à la première empreinte. C’est ainsi de suite que j’ai continué ce même mouvement jusqu’à remplir toute ma feuille. La seule différence était que ce n’était jamais les mêmes couleurs que je déposais sur ma feuille de salade.
Une fois toutes les  empreintes apparues, j’ai pris un autre pinceau et j’ai fini tous les contours en rajoutant des couleurs gaies.
Pour terminer et pour apporter un peu plus de force à ma production, je l’ai recouverte de vernis craqueleur. Comme un manteau de protection pour l’aider à faire face aux imprévus comme par exemple : aux intempéries, au froid, au vent et à la pluie. Un manteau d’hiver que rien ne pouvait  transpercer.
J’ai passé un moment agréable et j’ai apporté une autre vie à cette feuille de salade qui était posée là sur cette table et qui attendait qu’on la mette à la poubelle.
Mon côté sorcière, ce côté imprévu lui a permis de respirer dans un milieu de couleur.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Production conçue sur feuille blanche 36 x 48 cm. Peinture aquarelle, feuille, produit vernis craqueleur