BMP – Réfléchir sur le fait de devoir vivre encore avec cette Covid 19

BMP – Réfléchir sur le fait de devoir vivre encore avec cette Covid 19
Nous allons encore devoir composer avec les contraintes liées à la Covid. Une lassitude se mêle à nos divers sentiments et nous devons continuer à porter ce masque, cet accessoire devenu incontournable dans notre vie quotidienne.
Je me pose des questions, comme tout le monde je suppose. Jusqu’à quand devrons-nous vivre avec ce masque ? est-ce que cela va durer des années ? Quand est-ce que nous pourrons nous approcher les uns des autres sans penser à maintenir une distance d’un mètre cinquante ? Ce foutu virus ne disparaîtra-t-il jamais ? Combien de variants va t’il encore y avoir ? Combien de fois faudra t’il se faire vacciner ? Ces questions sont sans réponse. C’est très anxiogène ; chez moi cela provoque des épisodes où j’ai une boule dans le ventre, l’impression de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Cet inconnu du lendemain n’a vraiment rien de rassurant.
La souffrance de l’inconnu est pire que la souffrance provoquée par du connu. Quand on sait où l’on va, on peut réfléchir, on peut essayer d’éviter le danger car il y a un but. Quand on ne sait pas, c’est le néant, notre cerveau est noir.
En plus, il y a ces nouveaux variants, qui arrivent sans crier gare. Tout cela nous apporte encore plus de points d’interrogation. Revenir à la vie d’avant se raye de plus en plus de la carte ! On a de plus en plus de mal à l’espérer. Cette pandémie est un élément nouveau de précarité et d’incertitude. C’est aussi ce que j’observe quand je parle avec mes relations.
En fait le monde entier frisonne avec toutes ces incertitudes et ce manque de réponses rassurantes et certaines. C’est tout un ensemble qui fait que se projeter, vers un avenir qui serait sans danger, est devenu pratiquement impossible.
Certes la survie est hélas nécessaire à la vie, mais une vie réduite à la survie n’est plus la vie.
De mon côté quand je me sens envahie d’angoisses fortes et quand je suis remplie d’incertitudes face au futur, c’est comme si je vivais un abandon, alors naît en moi l’envie de l’attraper ce virus et de le serrer très très fort entre mes mains, pour l’écraser, pour le faire disparaître à jamais ! Pouvoir me dire que tout cela n’a jamais existé. Mais voilà, c’est impossible, tout comme pouvoir se projeter vers un futur plus rassurant.
Mais aujourd’hui, je vais donc faire apparaître dans un dessin ce désir de serrer fort ce virus dans la main pour le détruire à tout jamais. Par moment je me dis que cela peut m’aider à me dire qu’un jour cette COVID-19 ne sera plus là à jouer à l’épée de Damoclès au-dessus de notre tête !

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je souhaitais vraiment que l’on puisse percevoir cette main qui serre très fort ce virus. Ce mouvement devait apparaître en gros plan et rien d’autre.
J’ai donc commencé par dessiner le début du coronavirus et ensuite cette main avec les 5 doigts pliés, doigts qui serrent très fort ce virus, virus dont j’ai ensuite terminé la forme.
Concernant le manteau pour mon esquisse, j’avais envie de  déposer dessus, du violet, du rouge, du bleu, de l’orangé, du blanc, en passant par un rose très pâle. Je me suis amusée aussi à faire des mélanges avec tous ces divers tons.
Pour les finitions, comme médium, des feutres, mais aussi des crayons graphiques.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette production a été conçue sur une feuille de 36 x 46 cm. Comme médium de la peinture aquarelle, un crayon HB pour faire naître mon esquisse. Pour les finitions des feutres et des crayons graphiques 3 B et 8 B..

Que ressentez-vous en face de votre création ?

Je regarde ma production, la situation dans mon cerveau reste encore anxiogène, mais le mouvement est moins envahissant dans ma tête. Je sens passer de l’air frais dans mon nez, je me sens moins étouffée à l’intérieur de moi.

BMP – Gravure d’art

BMP – Gravure d'art
Voici donc ma deuxième découverte durant mon hospitalisation : la gravure d’art.
Pour en revenir à ma première découverte : le stylo à encre gel blanc, celle-ci m’a plu. Je n’ai pas été déçue, mais mes pinceaux me manquent ainsi que tous les crayons graphiques, tout ce que j’ai chez moi. L’atmosphère de l’hôpital n’a rien à voir avec le coin cocon que je me suis aménagée chez moi pour faire danser mes pinceaux.
Allez, je me lance avec cette découverte ! Mais d’abord la consigne :

« pour mettre à nu le motif du tableau ». Il faut d’abord utiliser un outil pinceau spécial pour supprimer toute la couleur bleue du motif imprimé. Celle-ci permettant à tout le monde de tracer l’illustration. En-dessous d’elle se trouve les couleurs définitives qui vont recouvrir toute la production, il faut donc gratter tout le bleu pour les faire apparaître. Ensuite, il faut prendre un stylo en bambou pour finaliser la finition du tour des formes et pour terminer, le pinceau sert à dépoussiérer la poudre noire qui reste sur le motif.

Sauf que moi, j’ai fait naître cette gravure à ma manière pour concocter un peu plus de travail et aussi apporter plus de complications. Je souhaitais apporter mes idées, car faire quelque chose de tout fait m’angoissait beaucoup et je sentais que cela ne m’aiderait pas à me détendre. De mon côté j’ai donc joué et j’ai laissé apparaitre un mélange de couleurs diverses, comme le bleu initial qu’il fallait enlever, avec du jaune, du vert, du rose, du rouge et du noir.
Je désirais ne faire disparaître aucun ton. Ils devaient tous rester. Je devais juste faire en sorte que tout l’ensemble nous emmène nous promener dans un paysage qui commence à être recouvert par la neige. Je rajouterais donc de la neige qui tombe. Tout comme par endroit les formes seront plus dans le mouvement de la disparition comme le vélo. L’effet neigeux était là. Sans oublier le geste de l’harmonie.
Voilà comment j’ai fait apparaître ce motif, qui n’a rien à voir avec les consignes demandées au départ. Même si j’ai utilisé les instruments.
Dans ma tête, je me sentais moins culpabilisée de ne pas avoir suivi les consignes de A à Z. La situation d’art-thérapie me manquait concernant cette deuxième découverte. Rien à voir non plus avec la première découverte avec ce stylo à encre gel blanc qui m’allait mieux. Par contre, la concentration et la douceur dans les gestes étaient demandées pour faire apparaître les couleurs sans abîmer le motif. Cela, j’ai aimé le travailler.

Quels matériaux avez-vous adoptés ?

Production faite sur un format de 41.8 x 29.9. Bâton de bambou, petit grattoir, stylo Scratch, pinceau noir,

Que ressentez-vous face à votre production ?

D’abord je mettrais ceci dans « loisir créatif ». J’écrirais que cela demande de la concentration et des gestes minutieux et doux afin de ne pas abimer le motif. Je trouve donc que c’est bon pour dépanner, par exemple pendant cette hospitalisation. Le fait de l’avoir fait à ma façon m’a aidée pour penser à autre chose le temps d’un moment. Cela me permet d’apprivoiser petit à petit cette chambre d’hôpital qui maintenant m’angoisse un peu moins.