BMP – Un « travail » avec des carrés de couleur

BMP – Un « travail » avec des carrés de couleur

En moi, parfois, il y a le cri d’une douleur que je voulais mélanger, la dissoudre peut-être, dans les carrés de crayons pastels de couleur. On pourrait entrevoir quand même ce petit cri, grâce à l’expression du visage. Mais je recherchais également de l’émotion esthétique.

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Je commence par dessiner la forme du corps, mais celui-ci apparaît en sous-forme, avec des traits qui se relieront les uns aux autres. Il n’y aura pas non plus de contours de finition fixes pour ce corps, juste des traits. Mais ça sera grâce à eux que cette création pourra exister ! À ce corps, je rajouterai une main qui sera posée sur le cœur.
Mon idée était bien claire dans ma tête. Je savais que les couleurs que je déposerais entre les traits, seraient les plus importantes. Elles donneraient une émotion, ce cri et cette réaction de douleur qui apparaîtrait sur le visage.
Mon esquisse étant terminée, je commence par déposer les premiers tons avec mes carrés de couleur sur le visage de mon esquisse à la manière d’un patchwork avec les couleurs pures côte à côte.
Dans ma tête le mot mélange se faisait entendre fortement, et quand cela arrive, j’apprécie cela, ce mouvement. Me voilà partie, avec un peu de rouge, rose, de l’oranger, du jaune, du bleu et une petite dose de vert. Me voilà avec tous ces mélanges sur mon doigt. Puis je passe à nouveau avec un coton pour enlever le surplus de couleur.
Ensuite je continue mon mouvement vers le corps, en rajoutant, un peu de marron, du violet, du rose, du vert foncé et du rouge et rebelote je refais mon petit mélange toujours avec l’aide de mon doigt et du coton.
J’appréciais ce qui se passait devant mes yeux et tous ces mélanges avec leur côté inattendu. Inattendu car je ne sais pas ce que cela donnera au final.Je sais juste que le mélange de plusieurs tons ne peut qu’apporter de l’émotion brute ou douce.
Toutes les couleurs étaient déposées, il ne me restait plus qu’à travailler mes finitions pour faire en sorte que le mouvement du cri apparaisse au niveau du visage, ainsi que l’expression de la douleur.
Mélanger la douleur dans de l’émotion douce, j’étais attirée par mon idée. Parfois je me dis pourquoi augmenter cette douleur alors que j’ai ce choix de la transformer en positif.
Ma composition est pratiquement finie, je devais juste rajouter un peu de finition par-ci par là mais rien de bien fixe, je souhaitais rester sur mon idée de départ.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette production a été conçue sur une feuille de 36 X 46 cm. J’ai utilisé un crayon HB pour faire naître mon esquisse, des carrés de couleur aux crayons pastels Conté à Paris.

Que ressentez-vous devant votre création ?

Dans ma tête, je me sens bien, j’apprécie ce que je vois devant mes yeux, ma création est colorée et ça fait du bien, j’en oublierai quasiment la douleur dans mon corps. Aller laissez-moi rêver !

BMP – Le monsieur à la longue moustache

BMP – Le monsieur à la longue moustache
Mon psychiatre a des moustaches, mais pas aussi longues que celles que je vais intégrer dans ma production grâce à la forme de jambes. J’ai envie d’appeler ceci, un jeu de transformation ! Je veux dire, Intégrer diverses formes pour en faire naître qu’une seule. Comme pour ce visage d’aujourd’hui. Certes ce sera un peu difficile, mais cela fait travailler mes méninges. Mais je ne parlerai pas d’imaginaire, car cela m’angoisse.
Un visage ne s’imagine pas, il est recouvert d’une peau qui se touche, qui se tire, il y a un nez avec la relation avec l’odorat, tout comme les yeux qui observent, qui découvrent, des oreilles qui entendent et qui écoutent. Ceci ne s’invente pas. On peut juste transformer d’une autre façon avec ce qui existe. Réfléchir à cela, lève un peu mon angoisse.

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Tout doit commencer dans la bonne position et le bon mouvement.
Je me suis aperçue de cela lorsque je travaillais à la production nommée « Le mouvement en harmonie entre l’être humain et le cheval ».
Là, par exemple, la position des jambes peut retranscrire une moustache et le haut d’un corps un nez. Très drôle ! C’est donc ce que j’ai commencé à dessiner sur ma feuille blanche. Puis j’ai continué en y rajoutant des yeux et des lunettes, oui, car je trouvais que les lunettes étaient peu présentes dans mes créations. Pour continuer mon ébauche, j’ai ensuite rajouté un début de cheveux que je peaufinerais au moment de déposer les couleurs.
Ensuite pour encore jouer avec les formes, j’ai intégré sur le côté de la forme du visage la forme d’un corps d’une jeune demoiselle, avec son chapeau, habillée d’une cape et d’une jupe longue. Dans ce mouvement, mine de rien, on peut observer une forme d’oreille. La continuité de la jupe fera parler un revers, d’un haut d’une chemise, éventuellement un col !
Mon esquisse était terminée, je l’ai déposée sur le chevalet. Je la trouvais amusante et je pensais aussi qu’il fallait une bonne observation pour repérer les formes que j’avais intégrées pour faire naître ce visage.
Il ne me manquait plus qu’à rajouter des couleurs. Je n’en voulais pas de nombreuses, juste de quoi donner une bonne mine à ce visage. Je me suis donc baladée entre les tons, marron, jaune, vert, un peu de léger gris et de noir mélangé avec plus ou moins d’eau. Les finitions ont été faites au crayon à papier pour continuer sur le gris.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette production a été conçue sur une feuille de 36 X 46 cm. J’ai utilisé un crayon HB pour faire naître mon esquisse, et de la peinture aquarelle.

Que ressentez-vous face à votre création ?

Dans ma tête, je me sens drôle avec une dose d’humour. Je me répète en boucle, oui tout dans la position et le mouvement, comme celui de mon crayon et de celui de la vie. Après le reste…