BMP – J’avais un besoin de voir des couleurs et de m’amuser


Une idée ? j’avais un besoin de voir des couleurs et de m’amuser.
Le week-end j’aurais parfois tendance à être un tout petit peu moins sérieuse, alors j’ai pris mon pinceau et j’ai joué avec les couleurs aquarelles.
J’ai commencé par la couleur jaune, jaune comme le soleil qui était présent quand je suis sortie de chez mon psychiatre hier. Puis ensuite, il y a eu un peu de rouge, rouge comme les fraises que je me suis offertes un soir, un soir tard devant la fenêtre ouverte de mon salon. Après ça a été un petit bleu, bleu comme la couleur des nuages d’hier vendredi, un petit bleu timide qui s’est mélangé aux couleurs qui étaient déjà là.
Puis il y a eu un peu de vert, vert comme les épinard que j’ai savourées cette semaine. Vert aussi comme ces petits bourgeons qui pointent leurs nez un peu partout et qui s’installent pour finir leurs floraisons. Et enfin une petite touche de couleur émeraude comme la couleur d’une pierre.
Mais encore un petit peu d’orangé, comme la couleur des pelures des oranges d’Espagne. Et hop me voilà arrivée dans un élan de couleurs multiples, capables de m’envoyer me promener dans un tourbillons dans un monde mystérieux.
C’est un peu comme cette petite sorcière quand elle nous entraîne dans une danse de mélanges mystérieux ! Et bien là, je voulais vous emmener voyager aussi loin que possible, juste pour quitter pour un petit moment le temps présent, juste histoire de nous bercer dans un autre monde où rien ne peut arriver, mais où l’on est entouré de belles sensations.
• Et hop, emprisonnés dans ce mode de couleurs, qui ressemble à une jolie toile d’araignée aussi fragile que la brise du matin à notre réveil.
• Et hop, transportés dans ce bel beau arc-en-ciel de couleurs, qui apparaît à la fin d’une averse.
• Et hop, emmenés à savourer un délicieux cocktail de fruits aux couleurs multiples qui éclosent sous vos papilles.
• Et hop et hop! arrêter ce voyage de tourbillons de couleurs voyageantes.
Ce n’était que des petits gestes de mon pinceau, avec sa pointe remplie de couleurs, qui fait délicatement voyager !
Des couleurs rien que des couleurs dansantes dans tous les sens sur ma feuille.
Aller sur ce je vais me manger une glace au citron avec une petite pointe de chocolat…

BMP – Modelage de ma main gauche en argile rouge


Il me semble logique qu’après avoir travaillé avec l’aquarelle sur la douleur que je ressens dans mes mains et sur la douleur psychique que mes mains avaient associées aux fellations du passé, d’arriver à créer une forme en mouvement en utilisant de l’argile rouge, cela apporterait du volume, mais aussi un pansement plus fort.
Je me suis donc lancée dans ce modelage de la main gauche, sans trop savoir comment m’y prendre réellement, mais c’est ça aussi qui est intéressant.
Il y a toujours chez moi cette envie et cette soif de découvrir et de me frotter à tout ce qui ressemblerait à un chemin chaotique à gravir. Oui j’aime les complications pour avancer, j’apprécie ce côté « me confronter à”, ce côté se creuser les méninges 🙂 !
Et dans le modelage il y a de quoi découvrir aussi, le toucher, le lissage ; il faut pétrir, tailler, pour en arriver à faire apparaître une forme, qui évoque une lancée, un geste ; tellement, par moment, le résultat final est parfois déroutant. C’est ça aussi qui me pousse à surmonter les difficultés que je pourrais croiser sur mon chemin de découverte et sur ce chemin de compréhension et j’en passe !
Travailler la douleur en mélangeant celle-ci dans l’argile, et profiter du bien-être qu’elle peut me procurer, mais c’est aussi se retrouver tous ensemble : moi, la douleur et le gonflement de mes mains et l’argile. Pouvoir faire grandir dans le bon sens tout cet ensemble, dans quelque chose de visuel.
Intégrer cette douleur sans lui donner une trop grande place, rester en circulation, profiter des petits moments de répit en avançant.
Je me suis installée dans mon salon, j’ai travaillé sur la table, en installant mon matériel à côté de moi, et devant la fenêtre.
La première étape, toujours la même, est de couper un morceau dans mon bloc d’argile rouge. Ce morceau je dois ensuite le travailler dans tous les sens, pour le rendre plus maniable, plus souple. Je dois y chasser les bulles d’air qui y sont emprisonnées.
J’ai ensuite fait apparaître une forme légèrement ronde, un peu épaisse, ou j’ai laissé en appuyant à plat l’empreinte de ma main gauche, ensuite j’ai découpé le tour pour en dégager le morceau, le début de la forme de ma main.
J’ai continué en travaillant sur la forme en général de ce morceau, sur les doigts, en reprenant un peu la coupe également, en la lissant bien pour ne pas faire apparaître des petites bulles, ce que j’appelle moi des imperfections.
Puis je suis passée à faire apparaître la notion de bouger les doigts, en les pliants légèrement dans la forme, et j’ai terminé par faire naître les petits détails comme les traits sur les doigts, les ongles, les traits à l’intérieur de la main afin de rendre celle-ci plus réaliste.
J’ai apprécié de commencer à faire apparaître cette main gauche, même si j’y vais avec un côté hésitant. Et même si je dois reprendre mon travail car mon moulage se casse comme là avec les doigts (le majeur, l’annulaire, l’auriculaire) d’un coup sec.
Mais mon idée de pansement envers ces doigts avait trouvé place dans ma tête, je devais juste la mettre en pratique, en place avec de la délicatesse dans mes mouvements. Et j’y suis arrivée : mes doigts ont retrouvé leurs places sur cette main gauche. Je devais simplement faire appel au chirurgien BMP qui était en moi, je n’ai pas que ce côté petite sorcière 🙂
Je me disais que c’était aussi une jolie façon de m’occuper de cette main, de la cajoler, de la regarder autrement malgré les difficultés du présent !
Ce qui m’a plût aussi, ce sont les mots patience et persévérance qui se sont exprimés dans ce travail de belle qualité je trouve.
A ce moment de mon travail, j’ai pensé à ce billet qui me marque toujours autant :

Kintsugi/Kintsukuroi ou la valeur de la fêlure

Ces mots japonais désignent l’art ancestral de réparer une poterie cassée avec de l’or.
Ainsi réparé, l’objet prend paradoxalement toute sa valeur d’avoir été brisé. Orné de sa cicatrice, il raconte son histoire et nous enseigne qu’un « accident » n’est pas une fin en soi, mais peut devenir le début de quelque chose de plus beau.

Voilà pour cette main gauche, maintenant je vais m’attaquer à la main droite, donc à plus tard pour la suite de la découverte…