BMP – Un tableau de pétales de roses séchées


Un tableau de pétales de roses séchées, rehaussé par des couleurs aquarelles.
Cela faisait un petit moment que j’avais mis de côté ces pétales de roses que j’avais installés à sécher, car tout ce que je peux récupérer, je le garde, en me disant que cela pourra servir un jour pour créer un nouveau tableau.
Ça me permet aussi de croire que ces matériaux qui pourraient être jetés ont droit à une nouvelle vie et que c’est ce que j’aime faire.
Mais ce qui m’ennuyait c’est que ces pétales étaient un peu trop de la même couleur, que cela ne serait pas assez gai.
Donc c’était à moi la « petite sorcière“ de trouver comment faire pour apporter du pétant. Donc j’ai cogité.
J’avais une première petite idée : faire un arc-en-ciel en peinture aquarelle, mais je ne l’ai pas gardée parce que j’ai pensé que cela ne se verrait pas assez sur mon tableau.
Je voulais faire naître quelque chose de haut en couleur mais tout en gardant une certaine limite à ne pas dépasser.
Je ne sais pas, mais j’avais aussi une autre idée : m’arrêter sur des couleurs boisées, je dirais même fruitées, j’avais en tête les couleurs du bois de la forêt, des senteurs de l’été.
Là, j’avais de quoi faire apparaître une production agréable aux yeux.
Je devais juste peaufiner mes idées et mettre à plat sur mon châssis.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation votre œuvre ?

Je me suis installée dehors. J’avais emmené tout mon matériel que j’ai déposé sur la table. Un fond de musique et hop c’était parti.
• Mon châssis était à plat devant moi : il fallait qu’il soit bien droit et à plat, pour ne pas faire couler les couleurs sur les côtés.
• J’ai ensuite pris une spatule de gabarit moyen et j’ai commencé à étendre le produit Modoling Paste de couleur blanche. Je souhaitais que le fond soit neutre, comme vierge, qu’il n’ait aucune empreinte, aucune tache.
• Une fois après avoir bien étalé mon produit sur le châssis, j’ai laissé sécher en hauteur.
• Je l’ai récupéré environ deux heures après. Toujours bien à plat devant moi. J’ai commencé à mettre mes premières couleurs. Pour ça j’ai donc choisi d’utiliser les couleurs liquides aquarelles.
• Comme par moment je me transforme en « petite sorcière », mon idée était donc de faire des petits mélanges, mais sans utiliser un pinceau, rien. Juste laisser faire ce qui se passait dans le temps présent quand je verserais mes couleurs les unes sur les autres.
J’ai commencé par mettre une goutte de jaune et par dessus ce jaune, j’ai laissé tomber une autre goutte de couleur rouge, ainsi de suite en espaçant mes petits tas de couleurs différents entre eux.
Le résultat était étonnant, car je suis restée sur la surprise de découvrir finalement les différentes tons imprévues de mes petits « tas ». Je voulais impérativement laisser faire ce qui se passait à chaque instant sans intervenir. Laisser ma spontanéité être totale.
• Puis l’étape suivante a été d’émietter mes pétales de roses sur les différents tas de couleurs, sans trop les étouffer, mais sans trop laisser de blanc. Je devais modérer mon geste.
À ce moment de ma création, je trouvais le rendu agréable, mais il manquait des couleurs, quelque chose n’était pas rassasié en moi.
• La dernière étape a donc été de rajouter un léger zeste de couleur aquarelles liquides, en faisant attention à bien doser.
• Et j’ai laissé sécher le tout, toute la nuit, dehors à l’abri.
Voilà donc comment est né mon tableau 🙂

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Pétales de roses séchées
Modoling Paste de couleur blanc
Encres de couleurs aquarelles
Châssis en coton blanc 46 x 38 cm. Spatule, colle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant ma production, je me disais que par moment, laisser faire, sans intervenir, peut donner un résultat très agréable pour les yeux.
J’ai apprécié de provoquer le début mes petits mélanges, même si par la suite je devais aller jusqu’au bout de mon idée, m’y tenir, c’est-à-dire laisser les mélanges se faire d’eux-mêmes sans intervenir avec mon  pinceau.
Après il y a bien sûr, cette petite angoisse de louper. Mais malgré tout, Béatrice l’adulte qui était là à observer sa production et elle se disait que ce n’était pas grave, qu’il n’y avait pas “mort d’homme“. Mais je sentais bien aussi que je ne devais pas me poser trop de questions.
Entendre le bruit que l’émiétage les pétales était aussi agréable ainsi que l’odeur. Cette odeur qui me rappelait le côté chaud de l’été, une senteur qui évoquait des odeurs de bois. Juste à la limite apaisant.

BMP – Peinture au white-spirit et à l’eau

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation votre œuvre ?

Je me suis installée dehors, j’ai commencé par prendre un petit gobelet où j’ai versé un peu de white-spirit et un autre dans lequel j’ai mis de l’eau.
Je n’avais pas franchement une idée de dessin dans ma tête, donc j’ai laissé faire. Et ce qui est venu a été des fleurs. Pourquoi des fleurs : mystère ! Ce qui m’intéressait c’était d’observer la réaction des mélanges : aquarelle, white-spirit et vers la fin avec de l’eau.
J’ai donc commencé par prendre mon pinceau que j’ai trempé dans le produit et j’ai commencé par faire apparaître sur ma feuille une première forme de fleur, sans aquarelle ni eau, juste ce produit pur.
J’ai observé que le white-spirit laissait comme une tache de gras, mais que ma feuille n’était pas mouillée.
Ensuite j’ai utilisé l’aquarelle, pour recouvrir de couleur cette marque de « gras » pour apporter de la gaîté à ma fleur qui commençait à exister sur ma feuille. A ce moment-là je me servais du white-spirit et de l’aquarelle.
Je trouvais que ce n’était pas facile de bien étendre ma couleur sur ma feuille. Mais cela apportait malgré tout une petite originalité pour le regard.
J’avais cette impression que ce produit aspirait ma couleur aquarelle, qu’elle s’évaporait avec le white-spirit dans l’air.
Je trouvais cela à la fois curieux et amusant aussi. Donc j’ai procédé ainsi pour les autres fleurs.
Mais je ne sais pas, je voulais que les fleurs ne s’arrêtent jamais de grandir, de pousser, comme si je souhaitais  qu’elles dépassent ma feuille, qu’elles sortent des limites de la feuille.
Voilà ces fleurs devaient pousser et je me moquais de ce qu’on pouvait penser. Enfin me donner le droit de désobéir…
Après je ne saurais pas expliquer pourquoi j’avais cette réaction. J’étais attirée par ce solvant et ces réactions qui sortaient de lui.
Mon étape suivante pour finir mon dessin a été de faire apparaître un fond derrière mes fleurs et là une grosse envie de bleu et de vert était présente dans le temps présent. Mais pareil, le faire apparaître ne m’intéressait pas trop, je voulais juste déposer cette envie sur ma feuille. Je me sentais comme une petite fille qui ne voulait en faire qu’à sa tête. Et j’ai terminé en dessinant les tiges de mes fleurs, car pour moi celles-ci devaient être capables de tenir debout. C’était important qu’elles ne se soient pas couchées. Elles devaient savoir se tenir dans le temps présent.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
White-spirit, eau
Aquarelle, pinceaux

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant mon dessin, je ne sais pas, je trouvais que ce tableau ne ressemblait pas trop à ma « patte ». Je trouvais tout trop gros dans celui-ci.
Mais je suis attirée malgré tout par les couleurs, comme une découverte sur le moment présent.
Je ne suis pas capable de dire si une angoisse est là, j’ai du mal à reconnaître ce que c’est.