BMP – Sans lever le crayon et plein de couleurs


Voilà quelque chose qui me semble original : faire un manteau de couleurs dans ma tête.
Mais je ne voulais pas seulement faire des formes sans rien au bout, ce n’est pas cela qui m’intéresse, faire des formes pour faire des formes. Il faut qu’une idée soit derrière et que je puisse donc donner de l’espace à cette première forme, pour qu’en la regardant, on puisse aller dans un ailleurs.
Mon idée était de prendre un crayon de papier et de faire, avec les yeux fermés, des courbes sur toute ma feuille, mais sans lever mon crayon.
Faire naître une forme avec un non stop dans mon mouvement et ensuite mon dessin une fois fini, en trouver d’autre à l’intérieur parmi les couleurs, mais sans les faire apparaître, juste les laisser se fondre dans le manteau.
Ainsi, je pouvais également travailler d’avantage mes couleurs, je dirais ajouter ou créer un “petit plus”.
Je devais me trouver un point de départ pour faire apparaitre ma première courbe qui serait le pilier de mon esquisse, pour faire tenir tous les morceaux qui devraient recevoir de la couleur.
Donc ce point de départ, j’avais décidé qu’il serait au milieu de ma feuille.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai donc pris mon crayon, je l’ai positionné au centre et hop avec les yeux fermés, j’ai fait des mouvements dans tous les sens, sans avoir posé mon crayon une seule fois.
Il y avait ce côté gamine excitée comme une boule de puces qui était là, à vite vouloir ré-ouvrir les yeux et découvrir ce qu’il y avait finalement comme forme pour pouvoir m’amuser à trouver comment j’allais faire naître ce manteau de couleur et surtout pouvoir m’y plonger et pour découvrir d’autres formes nouvelles.
Pour concevoir ce manteau aquarelle, je ne pensais pas vraiment à la gaieté, mais je pense que c’est mon côté automatique qui a pris la relève : je veux dire qu’il était évident que ce dessin serait très coloré, avec des couleurs variées. Je n’étais pas triste et il y avait cette petite fille en moi qui voulait s’amuser sans se poser de questions. Voilà c’était comme ça et pas autrement. C’était ma logique du moment et l’idée de souffrance était totalement absente, j’avais oublié ce que cela voulait dire.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Feuille de format 50 x70 cm à grain fin.
Crayons de papiers 4B, peinture aquarelle.
Crayons de couleurs.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En observant mon dessin, je le trouvais gai, et ce qui me plaisait, c’est d’y trouver des formes inattendues comme par exemple, un dauphin, des poissons, un cobra.
Par contre pour les couleurs, j’ai cette impression qu’il manque une originalité dans la façon dont je les ai posées sur ma feuille, mais je ne sais pas si c’est relié au mouvement pour faire apparaître les formes. Je ne ressens pas d’angoisse. Un dessin que l’on peut retourner dans tous les sens.

BMP – Expérimentation picturale à base d’alimentation et d’encres liquides


Mon cerveau étant encore en pleine ébullition, le mieux à faire n’était-il pas de le laisser s’exprimer 🙂
Je réfléchissais et j’ai eu alors l’idée de trouver dans ma cuisine, des couleurs qui pourraient remplacer les couleurs fournies par la peinture aquarelle.
J’ai donc commencé par bien regarder autour de moi ; il me fallait des « ingrédients“ qui pourraient se mélanger entre eux et qui ne seraient pas trop difficiles à utiliser.
J’ai ouvert mon réfrigérateur, et là mon regard s’est posé sur du lait (la couleur blanche) et le jus d’orange, qui pourrait remplacer la couleur jaune.
Et puis mon regard s’est posé sur la Ricoré en poudre qui était sur la table. Je me suis dit que si je mélangeais cette poudre avec un peu d’eau, cela donnerait du marron, plus ou moins clair ou plus ou moins foncé, il fallait juste dissoudre dans un liquide.
Voilà j’avais mes trois « ingrédients »  pour commencer un dessin. Mais j’avais quand même un peu peur de ne pas avoir assez de couleurs, même si je faisais des mélanges. J’ai donc pris les encres aquarelles liquides juste au cas où 🙂

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation votre œuvre ?

Dans le bas de ma feuille, avec la poudre de Ricoré j’ai fait apparaître une espèce de sol de montagne. J’en ai déposé directement sur ma feuille. J’ai versé une goutte de lait (le blanc) et j’ai travaillé doucement avec un bout de sopalin, ce qui m’a permis d’avoir plusieurs marrons, ce qui fait penser à la couleur de la terre. C’était donc original et l’originalité est importante pour moi.
Puis j’ai continué à faire grandir mon idée, en utilisant cette fois-ci la couleur bleue en pipette de mes encres aquarelles, que j’ai mélangée avec le lait. Je voulais obtenir une jolie couleur “bleu de mer“. Mais les différents dégradés ont fait apparaître des formes de petites dunes.
Ensuite, j’ai pris le jus d’orange qui a donné la couleur jaune dans mon ciel. Pour finaliser, j’ai rajouté un peu de lait, une petit goutte de rouge liquide aquarelle et j’ai mélangé le tout avec une noisette de Ricoré, toujours en travaillant, tapotant avec mon sopalin un peu partout ce qui a donné un éclat coloré plus présent sur l’ensemble de mon œuvre.
Voilà comment est né ce dessin avec divers « ingrédients » de ma cuisine.
Une découverte pas comme les autres mais je la trouvais originale à travailler, c’est toujours ce côté découverte qui me régale, un nouveau mouvement à faire grandir avec notre patte à nous. Après il y a cette surprise inattendue que je suis et là je redeviens cette petite fille toute existée de pouvoir se salir les mains, accompagnée de cette situation : « je m’amuse » L’adulte apprécie également. L’angoisse d’un résultat réussi est une source d’angoisse moins forte.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Jus d’orange, ricoré en poudre, lait, sopalin.
Couleurs aquarelles liquides

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant mon dessin de loin, ce qui m’a frappée c’est l’originalité de sa naissance : pour moi on ne pourrait jamais imaginer qu’il y a eu du lait, du jus d’orange de la Ricorée. Et les couleurs sont là.
Je me dis aussi en souriant que mon cerveau était une boite à malice ! Comme quoi l’Art-thérapie reste un long voyage sans fin, et qu’il y a toujours des découvertes à faire.