BMP – Papiers crépons aux couleurs liquides prévues pour la soie et la laine


Je souhaitais faire un mélange de couleurs avec de la matière, donc découvrir autre chose.
J’avais bien mon idée en tête, mais celle-ci je ne savais pas du tout comment elle allait fonctionner, je parle des mélanges de crépons et du produit liquide. Mais j’étais curieuse.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre travail ?

J’ai tout d’abord sorti tous mes matériaux et je me suis installée dans la cuisine, devant la fenêtre pour bien observer ce qui allait se passer, avec la lumière du jour.
J’ai commencé par mettre une petite pointe d’aquarelle directement sur ma feuille blanche. J’ai ensuite déposé dessus un morceau de papier crépon de couleur bleue claire et j’ai mouillé avec un glaçon. Je souhaitais voir ce que cela donnerait, mais rien ne s’est passé.
J’ai donc retiré la petite touche d’aquarelle que j’avais déposée, j’ai remis mon papier crépon sur la feuille et j’ai remouillé avec un glaçon. Là je me suis rendu compte que le bleu du papier crépon déteignait sur la feuille, sous l’effet de l’eau et du mouvement de mon glaçon.
Je trouvais cela attirant car je souhaitais voir jusqu’à quel point je pouvais continuer ainsi sur ma feuille.
Quand j’observai l’eau des glaçons, je la voyais qui rampait sur le crépon, comme un petit vers et c’est là que l’idée m’est venue de verser dessus de la couleur liquide pour soie. Je devais faire en sorte que mon papier crépon soit bien mouillé pour laisser la couleur liquide ramper et aller le plus loin possible dans le crépon.
Je trouvais que la couleur violette était la plus attirante dans son mouvement, elle se faufilait rapidement à travers la texture du crépon.
J’aimais cet effet, il apportait une certaine transparence et que l’on pouvait trouver à l’intérieur comme une vie : si on observe bien, on perçoit comme des petites membranes afin que mon papier crépon puisse respirer.

Voilà ce que j’ai pensé quand j’ai découvert ces petites membranes sur le papier crépon mouillé.
Pour la suite, j’ai donc procédé ainsi : mouiller un morceau de papier crépon avec un glaçon, puis déposer tout de suite quelques gouttes de liquide de couleurs pour soie et pour laine, sans attendre que l’ensemble soit en train de sécher. Mais tout dans un dosage et dans la justesse.
Je devais faire attention à ce que la couleur du papier crépon mouillé ne s’éparpille pas trop loin avec le mouvement de mon glaçon. Je devais laisser la surprise de ce mouvement se faire.
Plus j’avançais et plus tous ces petits mélanges de couleurs s’exprimaient.
Pour moi, ces petites membranes respiraient.
Il y avait comme une histoire qui demandait juste à naître et à se faire entendre, c’ était un ensemble d’émotions qui prenaient vie et qui écloraient. C’est magique !

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Glaçons, papiers crépon de couleurs diverses
Couleurs liquides pour soie et laine.

BMP – Mouvement de surprise


Du bleu, du jaune, et du blanc. Turquoise et émeraude dans les nuances
Ce matin quand je me suis levée, cette envie de bleu était là. Alors j’ai pris mon pinceau et je me suis lancée à l’aveuglette pour faire apparaître une forme et cela sans esquisse au crayon, ce qui est très rare car quand j’agis ainsi, j’ai l’impression de n’avoir aucun filet de secours.
Mais là je me suis dit : “ne quitte pas ton pinceau des yeux, suis ton poignet et pense à ces bleus ». J’imaginais bien une mer avec ces couleurs là. Et de fait, je ne me posais pas de question sur ce que les mouvements de mon pinceau allaient faire apparaître sur ma feuille. Je me disais qu’ils seraient là et que je pourrais les appeler « mouvement de surprise. »

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai donc commencé, par mettre du bleu, du jaune et une touche de blanc sur ma palette. Puis j’ai travaillé mes couleurs en dosant tout d’abord la couleur jaune avec le bleu.
J’avais le choix de mettre plus de jaune ou de bleu ce qui changeait la nuance.
Je ne me suis pas servie tout de suite de la couleur blanche, car je savais que je pouvais également mettre plus d’eau dans mes mélanges pour les rendre plus clairs, donc celui-ci était sur ma palette, mais mis un peu de côté.
Une fois mon mélange de bleu dosé, je me suis lancée pour faire apparaître des espèces de petits rochers avec des nuances allant du bleu au vert, puis j’ai dilué d’avantage mes couleurs, pour continuer le manteau et j’ai incorporé la couleur blanche, puis du jaune et j’ai fini mon œuvre avec toutes les couleurs mélangées qui se trouvaient sur ma palette sans en en rajouter d’autres.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Aquarelle.

Que ressentez vous en regardant votre production ?

Ce que j’apprécie avec l’aquarelle c’est qu’avec les mélanges on ne retrouve pas toujours les même, c’est ce côté surprise sur lequel on n’a pas prise. J’ai toujours l’impression que les dosages disparaissent à jamais et que c’est toujours du renouveau qui prend la suite.
L’aquarelle reste pour moi, même encore maintenant, curieuse et surprenante. Toujours des situations d’imprévus qui apparaissent. Je trouve que c’est cela aussi qui apporte un petit plus dans les œuvres.
En regardant mon dessin, je me suis rendu compte que si je le retournais il pouvait y avoir un autre paysage qui en apparaissait. A chacun de choisir le sien 🙂