BMP – Un dessin aux odeurs de noix de coco


Hum oui, à la noix de coco ! Je n’écrirais pas quelle drôle d’idée, mais comme je devais faire un gâteau à la noix de coco pour éveiller les papilles de mes enfants, avec en plus une petite goutte de chocolat et des amandes. A ce moment-là j’ai pensé à utiliser la noix de coco dans un dessin avec plein de couleurs.
Car, vous ne savez peut-être pas, mais ce qui est chouette c’est de capter sur le moment les imprévus et d’en faire naître une oeuvre, à ce moment-là, alors que rien ne le laissait prévoir. Par contre je me suis dit que dans ce dessin il y aurait une goutte de hasard et une petite pincée de la petite sorcière que je suis quand je me mets à faire des potions magiques.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je me suis installée dehors, avec en accompagnement un peu de musique. Il y avait aussi ce petit vent frais qui se faufilait dans les feuillages. J’avais aussi envie de capter ce mouvement actuel par une photo. Ma feuille bien à plat, j’ai donc pris des couleurs opaques, et assez épaisses que j’ai déposées directement sur ma feuille, puis avec une petite éponge naturelle, j’ai commencé en tapotant, à faire apparaître des petits mélanges et des petits reliefs, mais tout cela en douceur. Je ne voulais pas de couleurs foncées, le soleil étant là je le voyais mal danser avec des couleurs sombres dans mon dessin. J’ai même rajouté dans mon mélange un peu de couleur or. Une fois ma feuille bien colorée, j’ai ensuite pris la poudre de noix de coco que j’ai parsemé sur toute ma feuille. Les odeurs étaient bien là, à la fois douces mais aussi voyageuses, plus ce petit vent, le soleil j’avais de quoi continuer à faire naître mon œuvre. Puis j’ai laissé sécher car je voulais rajouter autre chose. Un fois donc mon dessin bien sec, j’ai sorti mes encres liquides d’aquarelles. J’ai ensuite pris une paille. J’ai versé un peu de couleur directement sur ma feuille et j’ai soufflé doucement avec cette paille pour faire se promener les couleurs sur mon dessin, comme pour créer un autre mouvement. J’avais une impression de faire apparaître un fond marin, en observant d’ailleurs en haut de mon dessin on pourrait peut-être bien voir apparaître comme une coquille ST Jacques sur un tapis vert, oui de quoi nous faire voyager ! Puis pour finir, j’ai capté ce soleil pour l’incorporer dans mon dessin, dessin comme je l’ai dit, imprévu.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Couleurs opaques et épaisses, couleurs liquides aux encres aquarelles, paille, éponge naturelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin, je peux dire que j’ai passé un agréable moment, même si à certains instants l’angoisse de ce qui peut arriver était présente… Mais j’observe que le soleil est toujours là. Tout comme ce léger vent, mais tout cela est retranscris dans mon dessin. Tout comme j’écrirais qu’il n’a pas vraiment de sens pour le regarder, à nous de laisser libre notre imagination 🙂

BMP – Des pastels secs, de l’eau et de la peinture aquarelle

J’avais envie de pleurer. Une angoisse m’a submergée. Alors j’ai pris mon matériel et je me suis installée dehors et j’ai dessiné.
Sur le moment je ne savais pas ce que j’allais faire. Je savais juste que je devais m’occuper les mains. Béatrice l’adulte s’en veut terriblement par moment d’exister. Je le rumine. C’est une rumination négative. C’est pour cela aussi que j’ai pris mon matériel pour aller dessiner. Pour ne pas encore plus culpabiliser et de m’accuser de je ne sais quoi. Pour ne pas donner raison à ce passé.
Là je l’écris et c’est facile d’écrire. Mais je voudrais que cela soit plus clair dans ma tête. Pouvoir foutre un gros coup de pied à toutes ses ruminations négatives !  reconnaître tout de suite que… Après voilà, ça ne sert à rien que je m’éternise sur toutes les idées négatives qui viennent me plomber et qui viennent aussi envahir les autres personnes.

Comment avez-vous procédé pour concrétiser votre dessin ?

J’ai donc procédé ainsi pour faire naître mon dessin, que je pourrais peut-être appeler « imprévu » !
Ma feuille bien à plat devant moi, j’ai pris des pastels secs et j’ai fait apparaître un arc-en-ciel. Une fois ma feuille remplie de couleur, j’ai laissé la sciure du pastel dessus.
J’ai ensuite pris un pinceau humide et je l’ai passé délicatement sur les couleurs et sur la sciure. Je fais en sorte avec le mouvement de mon poignet et de ma main de faire apparaître un mélange de couleurs encore plus douces que celles qu’il y avaient au départ.
Je souhaitais juste faire ça. J’essayais de me concentrer également là-dessus. Par moment ça a été difficile car c’était comme si je voulais laisser quelques empreintes de larmes se confondre dans toutes ses couleurs.
Toute la sciure qui se trouvait au départ sur ma feuille avait disparu. Il ne restait que les traces d’humidité du passage de mon pinceau et tout ce dégradé de couleurs dans le mouvement.
Je trouvais qu’il n’y avait pas assez de couleurs. Alors j’ai repassé sur mon dessin une petite couche de pastel :  un peu plus de couleur rose, de la couleur bleue, du jaune et du orange.
Puis j’ai laissé doucement glisser mes doigts sur ma feuille et sur cet arc-en-ciel afin de pouvoir rendre plus discrète toute cette panoplie de couleurs. Puis j’ai rajouté quelques fleurs qui elles aussi se mélangent dans le fond de mon dessin.
C’était un peu comme si je voulais moi aussi me montrer plus discrète pour justement laisser place à ce dessin qui a été fait sur le moment présent, de l’ici et maintenant. Laisser parler ce mouvement et toutes ces couleurs du moment, accompagnée de ce soleil qui est avec nous en cet après-midi et de cette petite touche de vent. Juste cet instant présent en ignorant cette angoisse qui m’avait submergée. Juste partager avec vous cette empreinte et vous laisser bercer avec celle-ci.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 46 cm.
Pastel sec et peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Quand j’observe mon dessin sur le chevalet, je me disais qu’on pourrait l’appeler « mélancolie en couleurs »
Je ne voudrais plus être envahie par ces ruminations négatives et de toutes ses angoisses parce ce que cela me fait oublier que je suis une personne pas si mal. Parce que je ne veux plus que cela m’emmène dans les enfers et mes démons du passé. Je ne veux plus que cela fasse mal aux personnes que j’apprécie le plus. Je ne le veux plus !