BD – Atelier d’arts plastiques à la Table de Jeanne-Marie – Travailler par groupe de trois personnes

BD – Atelier d’arts plastiques à la Table de Jeanne-Marie – Travailler par groupe de trois personnes
Encore beaucoup de monde autour des tables.
Étant donné que nous avions fini la décoration pour le plafond de la salle principale en cet après-midi du mardi 2 février 2021 j’ai donc proposé un nouveau thème d’atelier.
Mais avant, comme d’habitude, j’ai disposé les tables en cercle et j’ai sorti tout le matériel.
Une fois toutes les personnes installées autour des tables et dans le silence nous avons pu commencer. Le thème :

Travailler par groupe de trois personnes

Toutes les personnes dans le groupe devaient participer.
D’abord pour commencer il fallait prendre une grande feuille blanche de format de 50 x 70 cm, un crayon à papier et faire apparaître une esquisse selon le thème choisi par le  groupe.
– La première personne, qui fait partie de ce groupe, devait dessiner l’esquisse.
– La deuxième devait faire apparaître, sur l’esquisse terminée, des carrés de 6 cm au feutre noir.
– Puis la troisième et dernière personne devait découper tous les petits carrés aux ciseaux en mettant derrière leur numéro sur chacun d’eux. Ce numéro permettra de remettre la production dans le bon ordre.
Car la suite de l’évolution de ce thème était de recoller sur une autre grande feuille blanche, toujours de format de 50 x 70 cm tous les morceaux qui seront colorés, soit dans l’ordre en suivant les numéros inscrits derrière chaque carré soit en les collant dans le désordre. Chaque groupe aura le choix.
Au début les personnes avaient du mal à comprendre mon explication, je l’ai donc reformulée. Une fois la consigne bien comprise les personnes de chaque groupe ont pu commencer à faire naître leur esquisse. Les échanges allaient bon train car tout le monde avait son propre thème en tête.
De mon côté je répétais régulièrement les consignes. Tout comme je passais voir chaque groupe pour une aide éventuelle, mais cela avançait bien, donc je ne suis pas intervenue. Je laisse, et c’est important, les personnes créer.
Entre-temps d’autres personnes nous ont rejoints à l’atelier, je les ai donc intégrées dans les groupes qui étaient déjà formés. Comme nous arrivions à la fin de l’atelier, j’ai donc prévenue les personnes qu’elles mettraient de la couleur sur les carrés au prochain atelier qui serait la semaine prochaine.
Ce thème demande un peu plus de concentration mais aussi d’écoute des uns envers les autres. Mais c’est bien car tout le monde ne se connaît pas tout à fait. Et puis l’écoute parfois reste fragile quand on est plusieurs autour des tables le mardi. Petit détail à retravailler.
J’ai pu observer, au cours de l’atelier, que les consignes ont été bien comprises en général et ont été bien suivies.
Même si le thème était différent de ce que je propose d’habitude il a plu aux personnes. Certaines ont hâte de voir leur production finie. J’ai également remarqué une différence au niveau des échanges : pas un mot sur le coronavirus. Par contre les personnes ont su exprimer qu’elles étaient contentes qu’il n’y ait pas de reconfinement pour l’instant.
Nous nous sommes arrêtés à la première partie, la deuxième sera de mettre des couleurs sur chaque carré qui ont été découpés concernant chacune des esquisses des groupes.
En cet après-midi nous avons pu voir apparaître les premiers traits et les premiers carrés de ce nouveau thème qui ne demande qu’à continuer et être terminé.
Comme à chaque fois nous avons rangé nettoyer et pris un goûter ensemble.

BMP – Il y a des fois… Docteur !

BMP – Il y a des fois… Docteur !
Je pense que mon cerveau est en mode auto-confinement mon esprit est en hibernation et emprisonné. Une carapace ? une protection ? Parfois j’aimerais me montrer très forte et ne jamais lâcher quoique ce soit. Parfois j’aimerais aussi se montrer encore plus forte et c’est ce que j’aimerais. Forte comme cet arbre Le ginkgo biloba, dans ce superbe jardin botanique, que je croise souvent en ce moment, tout comme j’essaie de percevoir dans ma tête ses racines.
J’écris cela car il y a des événements et je les vis avec des maux dans mon corps. Je ne sais pas comment est l’intérieur de mon cerveau non plus. Je ne suis pas capable, pour l’instant, de l’expliquer plus en profondeur que cela soit verbalement ou en écrit, avec mon psychiatre pendant mes séances.
Avec lui, j’avais abordé plusieurs sujets lors de ma séance comme : le bénévolat, les actions des personnes, ce que je fais, mes décisions, mes regards. L’avenir. Le sujet des limites est apparu également, une situation qui semble par moment difficile à mettre en place me concernant, tout comme celle quand on me demande de l’aide etc.
J’ai donc fait une production de comment je perçois cette situation dans ma tête. Mais le docteur L. aimerait bien que j’y mette des mots. Cette nécessité de poser des mots par moment ressemble dans ma tête à une boulimie indigeste. En attendent c’est la page blanche dans mon cerveau. C’est comme un arbre qui avait subitement des racines mortes et mon cerveau me donne cette impression d’avoir perdu certains neurones et membranes.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai donc dessiné un cerveau derrière des barreaux, dans ma tête je me sens ainsi : en prison. Il y a une mélancolie, tout comme une tristesse profonde, c’est pourquoi la naissance de ce visage avec cette larme bleue, qui retranscrit que la force est là mais que celle-ci est mélangé dans toutes mes difficultés.
Il y a aussi cette impuissance, je me sens tiraillé également avec au bout pas mal de points d’interrogation. Je voudrais les éliminer.
Pour les couleurs, c’est le noir qui m’a envahie et ce jaune, ce jaune comme la couleur de mon citronnier et les citrons que j’aime presser pour en boire le jus. Jaune comme pour la chaleur humaine et se soleil.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Production conçue sur feuille blanche 36 x 48 cm. Crayon HB. Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production et dans ma tête ça me dit : «  mais pourquoi mettre des mots ? » Ça va passer comme à chaque fois. Mon cerveau est détaché de ce corps, je ne ressens pas de gêne ! Je me sens comme « normale » mais c’est quoi la normalité finalement. Il n’y a pas de définition exacte. Je n’en connais pas me concernant. Mais alors je me sens comment ? Je ne le sais pas et c’est je pense bien la première fois.